Re: La France empêtrée dans " la culture de l'excuse "
Posté : 25 octobre 2016 00:13
Je pense que vous faites une confusion entre juger l'histoire avec nos valeurs actuelles et comprendre les raisonnements qui ont motivé telles ou telles actions.Victor a écrit :
Je ne suis pas d'accord avec ce genre de discours.
On ne peut pas condamner "en bloc" la France comme tu le fais.
Tu parles comme si la colonisation était une erreur. Non la colonisation n'était pas une erreur. C'était une orientation stratégique prise par toutes les grandes puissances européennes de l'époque. Il ne faut pas juger de la colonisation avec nos valeurs actuelles.
Y a-t-il eu des crimes contre l'humanité dans les colonies françaises ?
La France a-t-elle cherché à exterminer les populations locales ?
La France n'a-t-elle pas construit des infrastructures, des écoles (pour toute la population), des dispensaires, des hôpitaux dans les colonies ?
Y a-t-il eu déportation et esclavage pendant la période coloniale ?
Donc stop à la culpabilité et donc à la culture de l'excuse.
S'il est irréfutable, sauf pour un esprit malade, que la colonisation fut une abominable entreprise, de même que ne le furent l'inquisition médiévale, le nazisme, le communisme stalinien ou maoiste, l'impérialisme occidental durant le 20ème siècle, l'esclavage etc.... l'on peut cependant tenter d'analyser les paradigmes de ceux qui furent contemporains de ces entreprises afin de constater que celles-ci n'étaient pas aussi absurdes, à l'époque, qu'elles ne le sont désormais.
Ainsi, il existe un hiatus irréductible entre juger d'une action et analyser les motivations de son auteur. Je conviens que cela n'est pas chose facile et que la production d'une analyse pertinente requiert un minimum d'effort intellectuel.
Le discours sur les prétendus bienfaits de la colonisation est assez redondant et apparait désormais comme une doxa de ceux que je qualifierais de "sans-arguments" ou encore "d'incultes". Généralement ceux qui reproduisent ces préjugés n'ont aucunes connaissances historiques de ce que fut la colonisation, des périodes qu'elle recouvrit et des méfaits qu'elle engendra ainsi que des conséquences qu'elle continue d'avoir sur le présent de bon nombre de pays.
Ce ne sont pas quelques routes et chemins de fer construis par le sang de dizaines de milliers d'esclaves qui perdirent la vie afin que le colonisateur puissent mieux exploiter leur pays au moyen de ces nouvelles infrastructures (17 000 "ouvriers" moururent lors de la construction du chemin de fer Congo-Ocean), ni quelques dispensaires qui feront oublier et qui compenseront les massacres commis par le colon (aussi bien français, que belge, qu'allemand, que portugais, qu'espagnol, qu'hollandais ou britanniques) que ce soit en Afrique, en Asie, en Amérique ou en Océanie.
Ce ne sont pas ces détails qui feront oublier le pillage systématique des ressources de ces pays, le recul engendré pour l'entrée dans le monde moderne de tous ces pays, les nombreux stigmats qui demeurent encore et qui marquent psychologiquement des populations qui pour certaines nourrissent des complexes envers ces descendants de colons.
Cela ne permettra pas d'oublier ces "décolonisations" brutales et non achevées qui permirent de maintenir, jusqu'à présent, nombre de ces pays sous la botte occidentale de par des contrats "inégaux" bilatéraux qui furent passés et qui ont toujours cours et qui rendent extrêmement dépendants ces pays là envers l'ancien colonisateur.
La colonisation est directement responsable de la situation catastrophique dans bon nombre de pays Africains qui ne se sont toujours pas émancipés de l'emprise de l'ancien colon qui parvient toujours à dicter sa loi à ces pays sous tutelle dont les ressources ne leur appartiennent toujours pas.
Au passage, en prenant l'exemple de la Guinée Conakry. A l'issue du choix de ce pays de ne pas faire partie de la communauté, l'ancien occupant quitta le pays en prenant soin de détruire tout ce qu'il avait pu construire auparavant (dispensaires, médicaments, écoles etc...) afin que les autochtones ne puissent en profiter, c'est dire s'il y reste des traces positives de la colonisation.
Allez dire à quelqu'un qui a vu son pays occupé contre son gré du jour au lendemain, ses ressources pillés, ses parents humiliés, ses frères forcés à travailler sur des chantier, lui-même être enrôlé afin de venir donner sa vie pour son ancien colon, son existence menacée s'il se prenait à protester contre cet état de fait, qu'il y a du positif en cela car on l'a forcé à construire à une école.
S'il y a du positif ce n'est assurément pas pour le colonisé mais plutôt pour le colon qui, au passage, ne ferait même plus partie des grandes nations si le colonisé n'était pas venu lui permettre de retrouver son rang suite à son humiliation au début de la seconde guerre mondiale.
L'érudition n'est pas une barrière irréductible face aux inepties mais elle permet cependant de mieux s'en prémunir pour celui qui fait l'effort afin de tenter d'y accéder.