Aaaah, enfin les moralistes se montrent vraiment.
Il était une fois, il y a longtemps, longtemps (50 ans?) un beau pays où "tout le monde" (sauf les femmes) pouvait avoir un emploi à temps complet, sûr, sur lequel on pouvait compter pour construire un projet de vie.
On choisissait son métier et la plupart n'en changeait pas jusqu'à la retraite.
C'était pourtant déjà la fin de cette longue période de reconstruction des infrastructures productives (après les destructions de la 2 ème GM) qu'on appelle les '"trente glorieuses".
Et donc nombre de familles poussaient leurs rejetons vers des emplois sûrs, à l'abri du chômage, qualifiés pour la plupart, craignant à juste titre un avenir plus difficile que leur passé.
Et en effet dès 1973, les choses n'ont pas tarder à "se gâter", pour des raisons que j'ai déjà évoquées dans des polémiques avec les libéraux et les "patriotes" du forum.
Ouvrons les yeux:
Aujourd'hui, après des décennies de casse sociale libérale (de gôche comme de drouate) , de campagne d'insultes et de dénigrement des fonctionnaires et avec eux des services publics, nous n'en sommes plus là.
Plus du tout.
Il y a une crise de vocation chez ces "fainéants" d'enseignants, d'infirmier(e)s et d'aide soignant(e)s; même chez certains agents qualifiés des collectivités territoriales (conducteurs de bus et cars scolaires), de conducteurs de trains sous statut.
Tous "privilégiés" car, "grassement" payés.
Etonnant, non, pour des "fainéants"?
Qu'est-ce qui dérange-donc tant les libéraux de drouate, de gôche, et leurs acolytes patriotes (c'est le MEME camp social) dans le statut des fonctionnaires?
1) la "sécurité" de l'emploi.
Bien qu'elle ne soit pas absolue, elle permet de faire grève sans se faire licencier, au contraire des entreprises privées où chacun sait la liberté (valeur de drouate, paraît-il

) règne.
C'est à dire où o n bosse et on ferme sa gueule, en toute...liberté (de qui?).
DE plus l'employeur est L'ETAT chargé de faire appliquer la LOI.
Et donc il la respecte par exemple en payant les femmes et les hommes à égalité sans la discrimination (ILLEGALE) pratiquée massivement dans les entreprises privées en toute impunité.
D'autre part, avec la sécurité de l'emploi, on est quand même un peu à l'abri de l'affectueuse pression des employeurs sur "leurs" (joli mot) collaborateurs" (joli mot).
En effet, les employeurs jouissent de leur position hiérarchique (qui vient de la propriété) tout le temps, au moment de l'embauche, de la signature du contrat de travail, pour faire accepter des salaires à la baisse, des conditions de travail dégradées, des horaires abusifs, sur lesquels tout l'édifice capitaliste est bâti.
J'y ajoute le harcèlement sexuel, le chantage sexuel et le harcèlement tout court, mais qui ne règnent pas que dans les entreprises privées (dans l'administration de l'Etat, ça existe aussi, les "supérieurs" notant leurs subordonnés).
Voilà pourquoi TOUTE PERSONNE échappant un tant soit peu à la domination des employeurs est suspecte de fainéantise, de paresse.
Et cette tendance à la suspicion est très répandue chez les petits patrons (qui sont des grands patrons ratés) , les patrons en général et ceux qui ont raté les concours d'entrée.
En effet, elle préfigure (un peu, mais c'est déjà trop) le travail SANS patron, sans propriétaire.
2) Le régime "spécial" des retraites.
En effet, la retraite est à l'origine l'apanage des fonctionnaires. C'est le traitement (le salaire) CONTINUE, qui est lié au GRADE (c'est à dire
à l'instruction, à l'expérience, aux concours hiérarchiques réussis) et non AU POSTE.
Voilà pourquoi la pension d'un fonctionnaire est calculée sur la base des six derniers mois qui correspondent TOUJOURS au grade le plus élevé.
La retraite, pour les salariés du privé n'a pas toujours existé. Elle est le produit de la lutte des classes.
Ceux des salariés qui ne font jamais grève ont tendance à l'oublier , ils se content d'en "profiter".
Les patrons ont freiné des quatre fers pour s'opposer à ce que cette institution soit étendue (en partie) à leurs "collaborateurs" qu'ils aiment tant.
Une bonne réforme , c'est à dire un NOUVEAU progrès consisterait à aligner davantage le mode de calcul des pensions du privé sur celui des fonctionnaires.
Ca garantirait une période précédant la retraite sereine et détendue...pour les salariés.
C'est inadmissible , un scandale pour ceux qui aiment le travail de ceux qui les enrichissent.
Et aussi pour la grande fraternité des amis des patrons: des libéraux aux patriotes en passant par les anarchistes de droite à fibre "sociale" qui sont contre les seules contraintes appliquées aux patrons.
Ils se reconnaîtront, j'en suis sûr.