Re: RN suite...Le milliardaire Pierre-Edouard Stérin au cœur d’une enquête sur le financement illégal de candidats du RN
Posté : 10 juillet 2025 18:50
Je me demande si les électeurs du RN sont conscients que ceux pour lesquels ils votent, encore plus que les autres...les prennent pour des cons.
Campagnes
Soupçons de financement illégal du RN : le magnat identitaire Pierre-Edouard Stérin inquiété
publié aujourd'hui à 17h11
Le milliardaire a été entendu par la police, selon une information du «Monde» révélée ce jeudi 10 juillet, car il est soupçonné de s’être joué des règles pour soutenir des campagnes électorales du Rassemblement national.
Dans quelles proportions et depuis quand Pierre-Edouard Stérin finance-t-il le Rassemblement national ? Le milliardaire identitaire semble être au cœur d’une nouvelle affaire de financement illégal des campagnes électorales du parti d’extrême droite. Selon le Monde, le propriétaire de Smartbox a été entendu mi-juin 2024 par la police dans une enquête ouverte trois ans plus tôt à Marseille. Exilé fiscal en Belgique, il est soupçonné de blanchiment et exercice illégal de la profession de banquier, pour avoir financé les campagnes municipales et régionales de plusieurs candidats, notamment du RN, en 2020 et 2021, par le biais de montages. Seraient concernées, selon le Monde, les élections municipales à Marseille, Nice et Lyon en 2020, et les régionales de 2021 en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, en Occitanie, en Normandie et en Centre-Val-de-Loire.
En 2020, à Marseille, par exemple, Pierre-Edouard Stérin aurait financé la campagne de Stéphane Ravier, à l’époque encore membre du RN, et celle de certains de ses colistiers sans que ces derniers n’aient jamais rien su de l’identité de leur prêteur. Ravier, sénateur qui avait quitté le parti de Marine Le Pen pour rejoindre l’aventure d’Eric Zemmour au moment de la présidentielle 2022, connaît le propriétaire de Smartbox de longue date. En 2021, le même Ravier sollicite à nouveau Stérin pour financer la campagne régionale de l’ancien ministre des Transports de Nicolas Sarkozy Thierry Mariani, passé au RN. Il va toucher un chèque de 300 000 euros.
Montant total de 1,8 million d’euros
Les prêts de personnes physiques pour les campagnes électorales sont autorisés par la loi, mais ils sont strictement encadrés : ils font l’objet d’un contrat transmis et contrôlé par la Commission des comptes de campagne (CNCCFP) ; leurs montants sont plafonnés par décret, leur durée ne doit pas excéder cinq ans, et ils doivent être remboursés, sous peine d’être considérés comme des dons déguisés. A ce titre, les candidats doivent adresser tous les ans à la CNCCFP un état des remboursements de leurs prêts contractés auprès de personnes physiques. Enfin, le code électoral prévoit que ces prêts ne devaient pas être effectués à titre habituel, c’est-à-dire de façon répétée.
Or, la justice soupçonne Pierre-Edouard Stérin d’avoir prêté à plusieurs candidats amis, surtout étiquetés Rassemblement national, lors de plusieurs scrutins, pour un montant total de 1,8 million d’euros. Et par le biais d’un proche, membre des réseaux de Marion Maréchal et de son école de Lyon, l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques. Ce dernier servait d’intermédiaire pour permettre à Stérin d’avancer les sommes aux candidats en se cachant derrière d’autres prêts. Ainsi, selon le Monde, les noms des prêteurs officiels notés dans les contrats fournis à la CNCCFP n’étaient que des faux nez pour Pierre-Edouard Stérin.
L’homme derrière le projet politique Périclès (pour «Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes»), révélé par l’Humanité à l’été 2024, ne cache pas ses ambitions de faire gagner l’extrême droite aux élections. Il dédie une partie de sa fortune à cela : fin juin, il co-organisait au Casino de Paris avec un autre milliardaire identitaire, une soirée mettant en avant les têtes de files de son projet politique : Eric Ciotti, Jordan Bardella, Sarah Knafo et Marion Maréchal. Depuis plusieurs années, il finance des associations proches de ses «valeurs» (patriarcat, catholicisme, xénophobie, libéralisme) via son «Fonds du bien commun», son entreprise philanthrope.
Les révélations du Monde arrivent alors que le siège du Rassemblement national a été perquisitionné mercredi 9 juillet dans une autre affaire de financement illicite de campagne. La brigade financière et anticorruption de la police judiciaire de Paris enquête sur les campagnes présidentielle et législatives de 2022 du parti d’extrême droite, après une information judiciaire ouverte par le parquet en juillet 2024, sur des prêts accordés par des particuliers au parti de Marine Le Pen. L’information judiciaire a été ouverte après un signalement de la CNCCFP.
«Emprunt patriote» et «grand emprunt national»
Le RN recourt massivement aux emprunts aux particuliers. Longtemps lourdement endetté, à cause d’une gestion de ses comptes catastrophique, il affichait fin 2023 plus de 20 millions d’encours à rembourser «auprès de personnes physiques». Selon la CNCCFP, la formation lepéniste a bénéficié de 1 134 des 1 379 emprunts réalisés entre 2021 et 2023 par tous les partis confondus. Parmi l’ensemble des prêteurs, 23 ont effectué des dons de manière habituelle, répétée au RN, pour un montant total supérieur à 2,3 millions d’euros entre 2020 et 2023.
Au moment des européennes de 2019, le RN avait déjà financé sa campagne avec un «emprunt patriote» de plus de 4 millions d’euros. Il avait lancé un «grand emprunt national» en 2020, rémunéré à 5 %, pour financer ses futures campagnes, mais sans l’attribuer à aucune élection : les particuliers y étaient encouragés à prêter «des sommes importantes». Dans une vidéo de trois minutes, Marine Le Pen demandait alors d’aider le RN à «surmonter les persécutions judiciaires» et le «blocus bancaire» qu’il subirait depuis des années. En interne, certains trouvaient, à cette époque, la méthode discutable, alors que le parti croulait sous les dettes : «On ne peut pas rendre à tous, avait raconté un cadre à Libération. Il s’agit d’une cavalcade pour essayer de récupérer de l’argent frais. Au début, on peut rembourser les prêteurs, mais pas longtemps. Il s’agit d’une pyramide de Ponzi. Tant que les gens ne réclament pas, tout va bien. Mais s’ils se mettent tous à demander en même temps, on est morts. Les Français ne reverront jamais leur argent. Ce n’est pas un placement, c’est un don».
https://www.liberation.fr/politique/ele ... directed=1
Campagnes
Soupçons de financement illégal du RN : le magnat identitaire Pierre-Edouard Stérin inquiété
publié aujourd'hui à 17h11
Le milliardaire a été entendu par la police, selon une information du «Monde» révélée ce jeudi 10 juillet, car il est soupçonné de s’être joué des règles pour soutenir des campagnes électorales du Rassemblement national.
Dans quelles proportions et depuis quand Pierre-Edouard Stérin finance-t-il le Rassemblement national ? Le milliardaire identitaire semble être au cœur d’une nouvelle affaire de financement illégal des campagnes électorales du parti d’extrême droite. Selon le Monde, le propriétaire de Smartbox a été entendu mi-juin 2024 par la police dans une enquête ouverte trois ans plus tôt à Marseille. Exilé fiscal en Belgique, il est soupçonné de blanchiment et exercice illégal de la profession de banquier, pour avoir financé les campagnes municipales et régionales de plusieurs candidats, notamment du RN, en 2020 et 2021, par le biais de montages. Seraient concernées, selon le Monde, les élections municipales à Marseille, Nice et Lyon en 2020, et les régionales de 2021 en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, en Occitanie, en Normandie et en Centre-Val-de-Loire.
En 2020, à Marseille, par exemple, Pierre-Edouard Stérin aurait financé la campagne de Stéphane Ravier, à l’époque encore membre du RN, et celle de certains de ses colistiers sans que ces derniers n’aient jamais rien su de l’identité de leur prêteur. Ravier, sénateur qui avait quitté le parti de Marine Le Pen pour rejoindre l’aventure d’Eric Zemmour au moment de la présidentielle 2022, connaît le propriétaire de Smartbox de longue date. En 2021, le même Ravier sollicite à nouveau Stérin pour financer la campagne régionale de l’ancien ministre des Transports de Nicolas Sarkozy Thierry Mariani, passé au RN. Il va toucher un chèque de 300 000 euros.
Montant total de 1,8 million d’euros
Les prêts de personnes physiques pour les campagnes électorales sont autorisés par la loi, mais ils sont strictement encadrés : ils font l’objet d’un contrat transmis et contrôlé par la Commission des comptes de campagne (CNCCFP) ; leurs montants sont plafonnés par décret, leur durée ne doit pas excéder cinq ans, et ils doivent être remboursés, sous peine d’être considérés comme des dons déguisés. A ce titre, les candidats doivent adresser tous les ans à la CNCCFP un état des remboursements de leurs prêts contractés auprès de personnes physiques. Enfin, le code électoral prévoit que ces prêts ne devaient pas être effectués à titre habituel, c’est-à-dire de façon répétée.
Or, la justice soupçonne Pierre-Edouard Stérin d’avoir prêté à plusieurs candidats amis, surtout étiquetés Rassemblement national, lors de plusieurs scrutins, pour un montant total de 1,8 million d’euros. Et par le biais d’un proche, membre des réseaux de Marion Maréchal et de son école de Lyon, l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques. Ce dernier servait d’intermédiaire pour permettre à Stérin d’avancer les sommes aux candidats en se cachant derrière d’autres prêts. Ainsi, selon le Monde, les noms des prêteurs officiels notés dans les contrats fournis à la CNCCFP n’étaient que des faux nez pour Pierre-Edouard Stérin.
L’homme derrière le projet politique Périclès (pour «Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes»), révélé par l’Humanité à l’été 2024, ne cache pas ses ambitions de faire gagner l’extrême droite aux élections. Il dédie une partie de sa fortune à cela : fin juin, il co-organisait au Casino de Paris avec un autre milliardaire identitaire, une soirée mettant en avant les têtes de files de son projet politique : Eric Ciotti, Jordan Bardella, Sarah Knafo et Marion Maréchal. Depuis plusieurs années, il finance des associations proches de ses «valeurs» (patriarcat, catholicisme, xénophobie, libéralisme) via son «Fonds du bien commun», son entreprise philanthrope.
Les révélations du Monde arrivent alors que le siège du Rassemblement national a été perquisitionné mercredi 9 juillet dans une autre affaire de financement illicite de campagne. La brigade financière et anticorruption de la police judiciaire de Paris enquête sur les campagnes présidentielle et législatives de 2022 du parti d’extrême droite, après une information judiciaire ouverte par le parquet en juillet 2024, sur des prêts accordés par des particuliers au parti de Marine Le Pen. L’information judiciaire a été ouverte après un signalement de la CNCCFP.
«Emprunt patriote» et «grand emprunt national»
Le RN recourt massivement aux emprunts aux particuliers. Longtemps lourdement endetté, à cause d’une gestion de ses comptes catastrophique, il affichait fin 2023 plus de 20 millions d’encours à rembourser «auprès de personnes physiques». Selon la CNCCFP, la formation lepéniste a bénéficié de 1 134 des 1 379 emprunts réalisés entre 2021 et 2023 par tous les partis confondus. Parmi l’ensemble des prêteurs, 23 ont effectué des dons de manière habituelle, répétée au RN, pour un montant total supérieur à 2,3 millions d’euros entre 2020 et 2023.
Au moment des européennes de 2019, le RN avait déjà financé sa campagne avec un «emprunt patriote» de plus de 4 millions d’euros. Il avait lancé un «grand emprunt national» en 2020, rémunéré à 5 %, pour financer ses futures campagnes, mais sans l’attribuer à aucune élection : les particuliers y étaient encouragés à prêter «des sommes importantes». Dans une vidéo de trois minutes, Marine Le Pen demandait alors d’aider le RN à «surmonter les persécutions judiciaires» et le «blocus bancaire» qu’il subirait depuis des années. En interne, certains trouvaient, à cette époque, la méthode discutable, alors que le parti croulait sous les dettes : «On ne peut pas rendre à tous, avait raconté un cadre à Libération. Il s’agit d’une cavalcade pour essayer de récupérer de l’argent frais. Au début, on peut rembourser les prêteurs, mais pas longtemps. Il s’agit d’une pyramide de Ponzi. Tant que les gens ne réclament pas, tout va bien. Mais s’ils se mettent tous à demander en même temps, on est morts. Les Français ne reverront jamais leur argent. Ce n’est pas un placement, c’est un don».
https://www.liberation.fr/politique/ele ... directed=1