Kelenner a écrit : 08 juin 2026 06:51
Dans ces coins paumés il y a généralement plus de gendarmes que d’habitants, donc ce n’est pas vraiment une question de moyens. En revanche, c’est très certainement une question de priorité. Vu le profil des victimes, qui semblent toutes appartenir à des familles modestes, il est plus que probable que les gendarmes n’ont pas pris les plaintes très au sérieux. Si ça avait concerné la fille du préfet ou du maire local, ça aurait bougé bien plus vite, c’est une certitude.
Vous racontez n'importe quoi, vous ne savez pas de quoi vous parlez.
Dans les petites brigades de gendarmerie, il y a généralement une petite dizaine ou quinzaine de gendarmes, rarement plus, pour couvrir un territoire de quelques milliers d'habitants. Et dans les tribunaux des petits départements ruraux, il y a généralement cinq ou six magistrats et autant de greffiers, rarement plus, pour couvrir un département de 200 ou 300000 habitants. C'est peu.
Et le problème, c'est qu'à tout ce beau monde, le gouvernement fixe de nombreuses priorités successives et évolutives. Là, on leur dit que les plaintes pour violences sexuelles sur enfants sont prioritaires. Mais il y a quelques semaines, c'étaient les dossiers de lutte contre le narcotrafic qui étaient prioritaires. Dans quelques semaines, au prochain féminicide un peu médiatisé, on leur demandera de donner la priorité aux dossiers de plaintes contre les violences conjugales. La prochaine fois qu'un islamiste fera parler de lui, on leur demandera de donner la priorité à la lutte contre la radicalisation islamiste. Puis au prochain accident de la route impliquant un chauffard multirécidiviste qui écrase un petit enfant devant son école, on leur demandera de donner la priorité à la lutte contre la délinquance routière. Quand un prof se fera agresser par un élève dont on apprendra qu'il était connu des services de police, on leur demandera de donner la priorité à la lutte contre la délinquance des mineurs.
Alors oui, les magistrats sont critiquables quand ils rendent des jugements trop peu sévères. Mais on ne peut pas passer sous silence leurs conditions de travail. Inutile de verser dans le complotisme et de s'imaginer que le gugusse aurait été protégé parce que, peut-être, il faisait partie de la famille de tel ou tel élu : il n'a pas été protégé, c'est juste que la plainte qui le visait n'était qu'une plainte parmi tant d'autres.
Once a écrit : 08 juin 2026 08:39
C'est un gros manque de moyens comme dans tous les domaines importants (santé/police/ éducation nationale etc ).
Un manque de moyens dû à une idéologie néo libérale qui est en train de flinguer l'intérêt collectif et les services publics pour tout faire passer au privé.
La question du manque de moyens est réelle pour la Justice, elle doit être nuancée pour les autres services (police, gendarmerie, Éducation nationale, système hospitalier), au sujet desquels on a pu noter qu'il y a, globalement, trop peu de fonctionnaires sur le terrain au contact des usagers, mais un grand nombre de personnels administratifs à l'utilité incertaine dans les administrations centrales. Il y a donc, aussi, un problème d'organisation.
Et de façon générale, quand il y a un manque de moyens, il n'est pas dû à une quelconque idéologie néo libérale, il est dû au choix qui a été fait de prioriser les dépenses sociales (retraites et assurance-maladie), beaucoup plus importantes chez nous que dans beaucoup d'autres pays, au détriment des dépenses de fonctionnement des administrations. Parce que, quand l’État doit verser 40 ou 50 milliards d'euros de subventions d'équilibre pour les systèmes de retraites, c'est autant d'argent en moins pour certains services publics.