Le problème, c’est que lorsqu'une communauté est visée pour n’être pas assez française à cause d’une minorité visible réfractaire et subversive en son sein, on voudrait qu’elle devienne la copie caricaturale de ce que l'on exige d'elle, en la plaquant trait pour trait à cette francité dont elle serait déficitaire.
Comment devenir Français, et accepter d’en être, surtout ?...une citoyenneté du plus grand nombre s’intégrant dans un cadre de vie où les lois et les principes de co-existence sociale nous renseignent sur les droits et les devoirs de chacun.
Est-on contraint d'épouser tous les usages d’une société ?...
Des us et coutumes viciés par de la promiscuité, tout au moins vus comme telle par certains ?
Et que justifierait une telle opposition pour décréter être en droit d’exercer son propre libre-arbitre sans perturber le bon fonctionnement grand public d’une société administrée selon des règles faites pour tous, et des moeurs à la convenance de la majorité ?
Résistance par rapport à ses propres pudeurs, à une autre culture, à un autre culte ?...
A titre d’exemples, faut-il mettre sur le même plan de résistance, le refus de serrer la main ou l’octroi d’heures d’ouvertures dans les piscines pour des gens qui ne veulent ni toucher, ni se mélanger à ceux qui ne leur ressemblent pas ?
Ne soyons pas faussement naïfs...Au nom d’un rappel exclusif de leurs origines et d’un comportement dérogatoire à la vertu du
« vivre ensemble «, de nombreux musulmans auront toujours du mal à faire ouvertement le distinguo entre Islam et islamisme, et la seule façon de les y contraindre est d’édicter une loi qui protège tout un chacun contre un radicalisme dangereux pour la paix
sociale dans un pays où les antagonismes sont désormais affichés clairement.
Si l’on doit admettre par la seule posture de sa différence que l’on a toute latitude à revendiquer cette légitimité de l'altérité, alors faut-il reconnaître que le « multiculturalisme « comme une fusion naturelle de toutes les diversités dans une proximité de bon aloi censée former nation, n’est qu’une vaste blague et une fumisterie monstre.
En effet, compte tenu des tensions de plus en plus tangibles entre des groupes qui dédaignent tout compromis à des fins de cohésion nationale, avec des réflexes de chauvinisme liés pour les uns, à un culte étranger, et pour les autres à une culture locale, on est condamné à ergoter sur la manière de considérer la discrimination sociale comme une phobie ressentie au détriment de ceux qui, face à face, s’estiment ou stigmatisés, ou menacés. Victimes ou tourmenteurs, à chacun ses griefs...
Aujourd’hui, voilà le constat qu’on peut faire.
Une espèce de guerre larvée des tranchées entre deux civilisations qui à-priori n’ont rien en commun. Sauf que, détail important, l’une est l’hôte de l’autre.
De ce fait, sans se serrer la paluche, on peut quand même se saluer comme la moindre des politesses. Même au bord de la piscine municipale ouverte à tous les publics, à tout moment de la journée, et dans la tenue idoine, respectueuse du simple principe d’hygiène corporelle demandé à chaque baigneur.
Une France idéale une et indivisible ? Non, seulement une addition de communautés. Mais du moment que celles-ci respectent le sens profond de la notion de république laïque, et la législation qui va avec, même si l’on ne s’écoute plus, on devra s’entendre envers et contre tout.
De toute façon, nul n’est obligé d’aimer tout le monde...
