Kelenner a écrit : 02 décembre 2023 08:20
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sraël n'est absolument pas menacé dans son existence, c'est exactement le contraire qui se produit chaque jour sous nos yeux : Gaza est pulvérisé, ses civils massacrés sans pitié, la colonisation en Cisjordanie progresse de jour en jour sous le regard complaisant du monde entier...
J'ai longtemps pensé comme ça et, quelque part, je continue de penser un peu comme ça, me sentant souvent très en colère contre Israël. Mais, depuis ce qui s'est passé le 7 octobre dernier, ni vous ni moi ne pouvons nous mettre à la place de tout ce que cela peut faire resurgir dans la mémoire de ce peuple : des siècles de persécutions et de mises à l'écart.
Si l'Europe chrétienne (Russie incluse) n'avait pas autant persécuté ses Juifs depuis le Haut Moyen-Age jusqu'à la Shoah, jamais ceux-ci n'auraient éprouvé d'aller recréer un état en Palestine. Jamais. C'est l'Europe occidentale qui a entraîné la création de cet état, pas seulement l'idéologie sioniste : ne jamais perdre de vue cela, c'est capital.
Je pense qu'il faut - ne serait-ce qu'un moment - essayer de se mettre à la place d'un israélien d'Israël : il est dans la logique du complexe de Massada et il se dit que rien ni personne d'autre que lui ne pourra assurer sa défense IRL puisque tout le monde le menace (même ses alliés qui voudraient qu'il ait la main un peu moins lourde en ce moment, cela correspondant pour lui à un aveu de faiblesse face à un ennemi intraitable qui veut clairement sa mort : le Hamas)
Je ne suis pas un israélien, mais si j'en étais un vivant quelque part en ce moment en Israël, et même détestant la politique extrémiste et pourrie de son leader pourri je ne me sentirais pas très tranquille.
Sans oublier que si j'étais un français de confession juive vivant en France, et bien, là aussi je ne me sentirais par tout à fait à l'aise.
Pour essayer d'en revenir à la recherche d'une solution, il ne faut pas se priver de phosphorer : j'ai longtemps pensé qu'il faudrait imposer à Israël une solution internationale de l'extérieur pour en finir avec ce conflit. À une condition impérative : il faudrait qu'une force internationale garantisse une sécurité totale à Israël. Et le prouve à 100 % sur le terrain. Et là, on serait loin d'être sorti de l'auberge ! Parce que les olibrius frustrés de tous bords cherchant à foutre le souk ne manqueraient pas.
En fait, ce ne serait ne pas intégrer une donnée importante du problème. Pas seulement d'ordre psychologique mais aussi réaliste sur le terrain : Israël ne fait pas confiance aux solutions imposées de l'extérieur. Depuis sa création, c'est pratiquement tout seul qu'il a dû se débrouiller quand il a été attaqué par ses voisins arabes.
Et , objectivement même avec le soutien de son allié américain, Israël a de nombreuses raisons de se sentir encore menacé, même si les menaces ont changé . Sans oublier que sans l'appui de son allié américain, Israël peut avoir de plausibles raisons de se sentir à la merci de certains de ses voisins, l'Iran en premier.
Par ailleurs, en imaginant qu' Israël accepte un jour la solution à deux états, ses extrémistes ne l'accepteront pas : il lui faudra prendre le risque d'une guerre civile pour déloger ses colons de Cisjordanie qui affichent comme titre de propriétés... la Bible ! Quant au Hamas, il fera tout pour faire capoter l'accord, comme il l'a déjà fait après Oslo.
À moins d'une ruse de sa part : faire croire qu'il l'accepterait et le respecterait dans un premier temps sans jamais ne renoncer au fond de lui à en vouloir encore bien plus.
Mais là encore, j'allais oublier une autre donnée du problème : les divisions au sein des ennemis d'Israël.
Actuellement, on se dit que Marwan Barghouti pourrait unifier la lutte palestinienne, qu'il a la carrure. Et on incite Israël à le libérer. On peut comprendre qu'Israël n'est pas très chaud pour cela : plusieurs prisonniers d' envergure qu'il a libérés dans le passé sont devenus ses pires ennemis au présent, comme Mohammed Deif, leader de la branche armée, architecte de la tuerie barbare du 7/10 dernier et qui se cache dans un tunnel de Gaza Sud.
Mais ce n'est pas tout : on peut légitimement supposer que les leaders actuels du Hamas ne verraient pas forcément d'un bon œil la libération d'un leader charismatique auprès des Palestiniens qui risquerait de leur faire de l'ombre. Lutte de pouvoirs, rivalité etc...
Sans oublier qu'à Gaza, le Hamas doit compter avec son aile utradroite (si j'ose dire) : le Djihad islamique, qui détient d'ailleurs un certain nombre d'otages et qui est encore plus radical et mortifère que le Hamas !
Non, on n'est pas sortis de l'auberge !