Johan a écrit : Si l'UE était aussi intéressée que tu le dis par le gaz de schiste ukrainien, elle ferait davantage pour aider les ukrainien à virer Ianoukovitch
Mémoire de poisson rouge quand tu nous tiens.
Je veux bien apporter une contribution au débat mais avec des gens qui n'ont pas Alzheimer.
Ce qui suit c'est de la vraie géopolitique pas celle que les merdias occidentaux te vendent 24/7.
Révolution Orange:
"L’opposition pro-UE de 2004 comme « Pora! » bénéficiait de soutien venant de l’Occident comme la fondation Soros ou encore Freedom House, un institut dirigé jusqu’en 2005 par l’ancien patron de la CIA, James Wolsey (bénéficiaire des bourses d’études Cecil Rhodes), comme l’explique le journaliste Alain Guillemoles dans son ouvrage « Même la neige était orange : La révolution ukrainienne ». C’est ainsi qu’en 1993 « Freedom House » créa un bureau en Ukraine afin de répandre avec bienveillance les principes démocratiques. Signalons aussi un bureau de cette fondation dans l’ex-République soviétique, le Kirghizistan. Cette tradition occidentale n’est pas uniquement anglo-saxonne. L’État profond allemand a su apporter son obole en soutenant, via l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (l’OSCE), les opposants au président biélorusse Loukachenko en 2000 et 2001. Il est vrai que le dirigeant de l’OSCE en Biélorussie s’appelait Hans-Georg Wieck, ancien patron des services secrets allemands de 1985 à 1990.
L’inertie semble être de mise puisque l’UDAR de Vitali Klitschko reçoit le soutien de la fondation Konrad-Adenauer liée à la CDU d’Angela Merkel. Comme le rappelle Nico Lange, représentant de cette fondation à Kiev, il s’agit de soutenir l’UDAR car ce parti pro-européen souhaite dans son programme politique s’intégrer à l’UE mais aussi se rapprocher du modèle allemand. Lors d’un colloque organisé par la fondation Konrad-Adenauer en janvier 2011, Vitali Klitschko a pu s’entretenir avec tout le gratin politique allemand, en particulier avec de hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et de la chancellerie. S’inspirant du modèle fédéral régissant l’Allemagne, Vitali Klitschko a visité la Thuringe en octobre 2011, ancien land d’Allemagne de l’Est ayant réussi sa mutation politique et le passage – avec quelques dégâts toutefois – d’une économie planifiée à une économie de marché. L’ensemble du voyage fut piloté sous l’égide de la fondation Konrad-Adenauer.
Même si l’Allemagne s’active à attirer l’Ukraine dans l’UE, il va de soi que les Anglo-Saxons sont en première ligne. Le basculement de ce pays vers le bloc euro-atlantique en élaboration ou son maintien sous l’influence russe déterminera radicalement l’avenir du Vieux Continent. Le lancement d’une Union eurasienne en 2011 par Vladimir Poutine, n’hésitant pas à affirmer « Nous proposons un modèle de puissante union supranationale [NDLR : conforme, donc, à la spiritualité du nouvel ordre mondial] capable de devenir un des pôles du monde moderne et de jouer le rôle de connecteur efficace entre l’Europe et la région Asie-Pacifique », ne peut être véritable qu’avec l’intégration de l’Ukraine dans cette union. Dans son ouvrage Le grand échiquier, le conseiller du président Obama, Zbigniew Brzeziński, rappelait l’importance de l’Ukraine en précisant que, sans celle-ci, « la Russie cesse d’être un empire en Eurasie ».
Finalement, nous assistons à la lutte de deux empires cherchant à étendre leurs zones d’influence tout en étant régis par les mêmes principes de supranationalité dans le cadre d’une gouvernance mondiale en gestation. C’est le principe d’une multipolarité apparente sur fond d’unipolarité mondialiste. Cette situation n’est pas sans rappeler l’existence des blocs appelés « Océania », « Eurasia » et « Estasia » dans 1984 d’Orwell, s’opposant sans pour autant s’anéantir – méthode appelée « la gestion des contraires » – à condition de bien gérer la politique du « chaos contrôlé », principe qui n’est pas acquis d’avance. La crise ukrainienne à laquelle nous assistons n’est qu’une zone de dispute entre deux mondes voraces. En résumé, une telle situation était définie par l’officier canadien William Guy Carr par l’expression « Des pions sur l’échiquier ».
L’Institut de démographie de Kiev vient d’apporter un éclairage révélateur de l’effondrement ukrainien: en vingt ans, la population du pays a diminué de 6,5 millions, effet combiné d’une natalité en baisse, d’une mortalité élevée, d’une émigration de masse. La dégradation de la santé publique est montrée du doigt « sur chaque millier de jeunes de 20 ans, 30% n’atteindront pas les soixante ans ». C’est dans ce contexte d’une profonde crise sociale que les grands acteurs géopolitiques de la « bataille d’Ukraine » – Russie, Union Européenne, Etats-Unis – se préparent au prochain grand rendez-vous : 2015, l’année des présidentielles en Ukraine et au Belarus (Biélorussie). L’Occident et ses amis démocrates des pays slaves espèrent pouvoir déloger, dans l’une, Viktor Ianoukovitch, et dans l’autre, Alexandre Loukachenko. 2015 : année du « basculement » ? La bataille fera rage.
Le « combat pour l’Ukraine » ? Il y a un gazoduc, des oléoducs à contrôler, des industries (métallurgie, aéronautique, nucléaire) à moderniser, des terres fertiles à prendre, un vaste marché pour l’agroalimentaire, le tourisme. Il y a ce pays en forme de large corridor, menant du cœur de l’Europe à celui de la Russie. Plus d’un stratégiste occidental l’a dit : le contrôle de l’Ukraine est la clé du refoulement de la puissance russe et, par delà, de la maîtrise de l’Eurasie. Preuve de la volonté de séparer l’Ukraine de la Russie : un projet européen demande à Kiev d’adapter aux standards européens l’écartement des rails dans son réseau ferroviaire.