haluck-horth a écrit : Ce n'est pas un problème de mémoire courte, car je travaille dans l'agroalimentaire. Je suis vétérinaire avicole, et oui je prescrits des antibiotiques.
Je suis d'accord sur les conditions de vie des animaux, qui pourraient être bien améliorées, mais ce genre de discours est toujours unilatéral, anthropomorphique et irrationnel. Si on parle de bien-être des animaux il faut savoir répondre à ces questions :
- Quand un animal est malade, doit-on le soigner ? Pour le bien-être animal moi je réponds oui. En agriculture biologique, les animaux ne peuvent pas recevoir plus de 2 traitements par an. Résultat : en production bovine des taux de mortalité plus élevés, de réforme aussi, et en laitier c'est l'assurance d'un lait très riche en cellules inflammatoires. Miam !
- Un animal préfère-t-il pouvoir se déplacer ou ne pas souffrir ? Pour le bien-être animal moi je réponds qu'il préfère ne pas souffrir. Les pintades reproductrices sont élevées en cages et inséminées artificiellement et continueront à l'être. Des essais d'élevage au sol on été effectués plusieurs fois, et on observe une forte mortalité des mâles (qui se battent entre eux) et des femelles (épuisées par le cochage excessif des mâles).
- Le moins pire c'est quoi : une petite mutilation au jeune âge ou de grosses blessures tardives ? Je parle bien sûr ici de l'écornage des vaches et du débecquage/dégriffage des volailles. Vous avez deviné ma réponse.
Le bien-être animal est un sujet d'importance, et il est dûment étudié. Les mesures sont prises petit à petit pour faire évoluer les pratiques, dans le respect de l'animal et sans céder à l'anthropomorphisme. Ces mesures doivent pouvoir s'insérer dans une réalité économique, car il est préférable de manger une viande issue d'élevage français (ou européens), respectant certaines mesures de bien-être animal (pas toutes), plutôt que de manger une viande d'amérique du sud ou d'asie pour laquelle on sait rien.
Sinon, pour l'alimentation des animaux, il faut quand même garder à l'esprit que depuis l'incident de la vache folle, d'une part les farines animales sont interdites pour les espèces non carnivores (je dis ça pour le poisson), et d'autre part l'arrêt des farines animales dans les espèces avicoles s'est suivi d'une augmentation conséquente de l'usage d'antibiotiques à visée digestive (on peut pas tout avoir malheureusement).
N'étant pas spécialiste, je trouve ton intervention vraiment intéressante.
Les farines animales sont désormais interdites, nous voilà rassurés!
Mais surtout merci à toi d'avoir consacré un bonne partie de ton message aux conditions d'élevage plus que déplorables , il est temps de prendre en compte la souffrance infligée à ces
êtres vivants avant l'abattage qui d'ailleurs, au niveau du respect de l'animal, n'est pas plus glorieux...
L'argument de l’anthropomorphisme pour contrer l'empathie est toujours malvenu mais toujours largement employé, c'est une façon un peu lâche de se donner bonne conscience pour poursuivre dans l'horreur en toute impunité.
Je ne pensais pas qu'il fallait avoir fait de hautes études ou de longues observations pour être capable de réaliser qu'un être vivant élevé sans air, sans soleil, sans espace, torturé et nourri à la merde, ne peut pas produire de la bonne viande...
J'ajouterai cet exemple édifiant:
Dans les élevages intensifs, on utilise des souches de poulets à croissance rapide. Leurs muscles se développent rapidement, mais le coeur, les poumons et les os ne suivent pas leur évolution. De ce fait, des millions de poulets souffrent de douloureuses déformations des pattes ou de paralysies. Beaucoup de poulets souffrent également d’insuffisance cardiaque, d’ampoules sur la poitrine, de dermites... En outre, ils ont beaucoup de mal à dormir car ils sont constamment dérangés par leurs congénères.
Plus de 80% de l’élevage en France est intensif, Ainsi :
80% des poules pondeuses vivent en cage et ne voient jamais la lumière du jour,
82% des poulets sont élevés dans des bâtiments clos et grandissent en accéléré,
90% des cochons vivent enfermés dans des bâtiments en béton,
99% des lapins sont élevés en batterie, sans litière.
Ainsi, loin du cliché du berger et son troupeau, l’élevage français est souvent synonyme d’effet de serre, de gaspillage, de risques sanitaires et de souffrance animale.
Des contrôles encore rares
la traçabilité de la viande est parfois limitée, les normes de protection animale, elles, sont globalement le cadet des soucis quand on examine les contrôles des élevages.
Les sanctions sont rares, donc l’animal reste un produit comme un autre.