Re: Une photo-journaliste française assassinée en Centrafrique
Posté : 14 mai 2014 22:39
Ca n'a aucun rapport avec la mort de cette journaliste.
Camille Lepage, victime collatérale
« La dépouille mortelle de Mme Lepage a été trouvée lors d'une patrouille de la force Sangaris, à l'occasion d'un contrôle effectué sur un véhicule conduit par des éléments anti-balaka, dans la région de Bouar », dans l'ouest du pays, près de la frontière avec le Cameroun, a annoncé mardi 13 mai la présidence de la république française.
Kévin Kpesio, un responsable anti-balaka de la région de Bouar, joint par Le Monde, assure que la journaliste, qui était intégrée à une patrouille de miliciens, est tombée dans une embuscade tendue dimanche sur une piste de brousse par un groupe d'hommes armés.
« Ce sont des ex-Séléka, des braconniers soudanais, et des Peuls qui connaissent la région, qui ont commis cette attaque avant de s'enfuir. Ils mènent depuis deux à trois semaines des enlèvements dans la zone. On les appelle “Anagamba” ».
Une version corroborée par une source de la gendarmerie de Bouar, citée par l'AFP.
« L'embuscade a eu lieu à Gallo, un village situé sur l'axe Bouar-Garoua-Boulaï [Cameroun]. Il y a eu des affrontements qui ont duré plus d'une demi-heure et ont fait au moins dix morts, dont quatre anti-balaka et six ex-Séléka et Peuls armés ».
Un diplomate français avance, lui, avec beaucoup de précautions qu'il est fort possible que ce soit un groupe de Peuls armés qui ait mené l'assaut. Une source militaire française estime, quant à elle, que la plus forte probabilité est que Camille Lepage ait été victime d'un affrontement entre anti-balaka. « Il y a encore beaucoup de questions sans réponse », reconnaît une source occidentale à Bangui.
Une enquête préliminaire pour « assassinat », ouverte par le parquet de Paris, a été confiée à l'Office central pour la répression des violences aux personnes de la police judiciaire. La dépouille mortelle de la photographe devait arriver à l'aéroport de Bangui mercredi 14 mai en début de matinée. Une première autopsie doit y être pratiquée avant son rapatriement vers Paris, selon une source diplomatique.
17 journalistes tués en 2014
Le président François Hollande, qui a lui-même annoncé mardi dans un communiqué le décès de la jeune femme et promis de mettre en œuvre « tous les moyens nécessaires pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers », a également demandé « aux journalistes de faire leur travail et, en même temps, de prendre d'infinies précautions ».
Dix-sept journalistes dans le monde ont été tués depuis le début de l'année dans l'exercice de leur métier, selon Reporters sans frontières. Le 2 novembre 2013, deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, avaient été tués au Mali après avoir été enlevés durant un de leurs reportages.
Selon Paris, c'est une patrouille de la force française Sangaris qui a découvert la dépouille de la photographe lors d'un contrôle sur un véhicule conduit par des éléments anti-balaka. La jeune photographe « ne portait pas de gilet pare-balles » au moment de sa mort, selon une source au ministère de la communication à Bangui. « Camille Lepage était déjà venue en décembre lors des événements survenus dans la capitale centrafricaine après l'attaque des anti-balaka. Elle prenait des risques pour faire son travail. Son attention a même été attirée sur les risques auxquels elle s'exposait », a commenté la source militaire française.
« Ce n'était pas du tout une tête brûlée. Elle savait exactement ce qu'elle faisait », a assuré à l'AFP Virginie Terrasse, cofondatrice de l'agence Hans Lucas dont faisait partie Camille Lepage.