da capo a écrit : 11 octobre 2020 01:21
lotus95 a écrit : 11 octobre 2020 00:27
Tout simplement parce que les impôts que ne paient plus ces boulimiques de profits grèvent les budgets nationaux et se traduisent soit, par des impôts et taxes supplémentaires pour les autres classes, soit par une régression des services publics ... comment ne pas comprendre ça ?
Il va de soi que quand on pratique un allègement de cotisations sociales stérile qui coute 50 milliards par an sans le moindre contrôle ni contrepartie, au nom de prétendues causes de compétitivité et d'emploi , ça se traduit en réalité par + de dividendes et aucun effet positif par ailleurs ; idem pour la flat tax, l'exit tax et autres trouvailles pour contenter l'électorat des pouvoirs en place
Ce n'est pas la fortune considérable qui interpelle, mais sa progression dans un contexte économique qui n'a clairement pas la même tendance.
C'est absolument faux : on n'accorde pas des allègements fiscaux de plusieurs milliards sans le moindre contrôle.
Je suis comme tout un chacun contre les fraudes et les abus, aussi bien ceux commis par des moins fortunés mais très nombreux, que par une minorité de quelques riches.
Si on ne verse plus de dividendes, qui donc investira pour entretenir indirectement une dépense publique qui ne se traduira plus que par de la dette ?
C'est au contraire tout à fait vrai, et je suis aux premières loges pour le constater ..
Le CICE était un crédit d'impôt, censé favoriser l'emploi et la compétitivité comme bien d'autres mesures d'allègements ; les contrôles théoriques prévus dans les textes ne sont que théoriques et quand bien même ils seraient effectifs, il existe toute une palette de moyens bidons pour justifier son utilisation
il a coûté en 5 ans 100 milliards, et en poussant l'extrapolation très loin, il a créé 100 000 à 200 000 emplois (France Stratégie) ; au delà du coût moyen hallucinant d'un emploi créé, on ne dit rien de la qualité de ces emplois, on sait que nos brillants politiques ne font pas la différence entre des CDD d'un jour et des CDI ... quant à la compétitivité, n'en parlons même pas, c'est l'arlésienne et le prétexte en or pour se dépouiller au profit d'une minorité
Sous Macron, tour de passe passe, ce CICE a été "judicieusement" transformé en allègement de charges pérenne ; on est donc passé d'une logique de contrepartie théorique à rien du tout ... mais quand on compare les quelques 7% de masse salariale gagnés (sur un smic = 100€) , on est très très loin des économies qu'une entreprise fait en délocalisant dans des pays où le salaire mini est de 500€
autrement dit, ces allègements n'ont de sens que pour les entreprises non délocalisables, et encore ... ; ça n'a pourtant pas empêché de généraliser les mesures.
Ce n'est qu'un exemple mais pas des moindres puisque l'ensemble des allègements de cotisations coûte aujourd'hui 50 milliards par an , et ne rapporte rien au vu de la la constante progression du chômage et du sous-emploi ;
c'est probablement, en plus des autres allègements fiscaux octroyés à ceux qui n'en ont pas vraiment besoin, un des facteurs majeurs de la progression exponentielle des revenus des plus riches.
Il n'est pas question de ne plus verser de dividendes, mais de veiller à un équilibre plus sain entre rémunération du personnel, investissements, et actionnaires ... à l'heure actuelle, le ruissellement n'est qu'à sens unique et se fait sur le dos de la protection sociale et des services publics du pays.