Le président Emmanuel Macron s’est plaint auprès du quotidien américain The New York Times de la couverture par plusieurs médias de langue anglaise des récents attentats jihadistes en France, les accusant de « légitimer » la violence de par leur incompréhension du contexte français.
voila le pourquoi ,avec signes pécurseurs que nous avons pu lire dans le NT qui n 'est plus ce qu' il était
Bari Weiss : « Pourquoi j'ai quitté le “New York Times” »
ENTRETIEN. Délation, censure, obsession de l'identité… L'ex-collaboratrice des pages opinion du grand journal américain raconte la dérive sectaire de cette institution du journalisme. Propos recueillis par Laetitia Strauch-Bonart
Modifié le 19/11/2020 à 16:26 - Publié le 17/11/2020 à 16:00 | Le Point.fr
La journaliste Bari Weiss, photographiée à son domicile, à Los Angeles, le 13 novembre. © Ivan Kashinsky / Ivan Kashinsky/REA
En juin, au plus fort des manifestations provoquées par la mort de George Floyd aux États-Unis, le sénateur républicain de l'Arkansas, Tom Cotton, publiait une tribune dans le New York Times appelant au déploiement des troupes fédérales dans les grandes villes américaines. Fait extrêmement rare, plus de 1 000 salariés du journal s'élevèrent contre l'article, inquiets, disaient-ils, de la dangerosité du propos
. Penaud, le Times répondit que le processus de publication avait été hâtif, poussant le rédacteur en chef des pages opinion, James Bennet, à la démission. Un mois plus tard, sa subordonnée,
Bari Weiss, dont les idées allaient souvent à l'encontre du consensus prévalent au sein du quotidien, quittait celui-ci, la nouvelle rencontrant un écho mondial
. Une tempête dans un verre d'eau ? Pas si l'on considère que l'épisode est révélateur de la polarisation croissante de l'opinion américaine et de l'inquiétant enfermement des médias progressistes dans une orthodoxie identitaire.
Depuis, la jeune et brillante journaliste, autrice du remarqué How to Fight Anti-Semitism (« Comment combattre l'antisémitisme »),
lauréat d'un National Jewish Book Award 2019, est devenue le symbole des méfaits de cette étroitesse d'esprit, mais aussi de l'espoir de voir émerger une nouvelle garde soucieuse de pluralisme. Elle s'est confiée en exclusivité au Point depuis Los Angeles, où elle vit désormais avec sa fiancée.
Le Point : Ce n'est pas tous les jours qu'un journaliste démissionne du New York Times. Pourquoi avez-vous pris cette décision ?
Bari Weiss : Il faut revenir plusieurs années en arrière. Pendant plus de quatre ans, j'ai travaillé au Wall Street Journal pour les pages opinion. Je me trouvais un peu à part, car j'étais la plus à gauche du service. J'étais très opposée à Trump, et, après son élection, il m'a semblé que le journal avait beaucoup de choses à dire sur les projets politiques du président mais peu sur les implications morales de son investiture. À ce moment-là, comme beaucoup de Never Trumpers, j'ai cherché du travail ailleurs. Dans le même temps, le New York Times, comme d'autres organes de presse qui avaient manqué le phénomène Trump, se livrait à un examen de conscience. Il comprenait qu'il n'avait pas fait assez pour s'exposer et exposer ses lecteurs à des idées, à des personnes et à des politiciens qu'ils ne pouvaient pas rencontrer à Brooklyn ni dans l'Upper West Side. Ce qui s'est avéré une excellente occasion pour moi. Mais, soudain, de progressiste au Wall Street Journal, je suis devenue conservatrice au New York Times. Je m'y attendais ! Certains de mes collègues ne me parlaient pas, mais c'était supportable, c'était le prix à payer pour travailler dans le journal le plus puissant du monde. J'avais un travail passionnant, qui consistait essentiellement, au-delà de la publication épisodique d'articles, à commander des articles d'analyse et d'opinion [ce qu'on appelle en anglais un staff editor, NDLR] à des personnes qui n'auraient pas spontanément écrit dans le New York Times. Cela a duré un certain temps.
Qu'est-ce qui a changé ?
L'atmosphère est devenue trop hostile, une sorte d'ambiance mesquine de cour d'école. Avec le temps, il s'est avéré de plus en plus difficile d'écrire et de faire écrire les articles qui m'intéressaient – et je pense que certains de ceux que j'ai écrits à mon arrivée au journal, en 2017, ne pourraient plus être publiés aujourd'hui. Et puis il y a eu le point de bascule, la démission forcée de mon supérieur hiérarchique – le rédacteur en chef des pages opinion, James Bennet – après la parution de la tribune du sénateur Tom Cotton.
Que s'est-il passé exactement ?
Je ne savais rien de cette tribune avant de la lire sur le site.
Mais, comme Bennet m'avait embauchée et que tout ce qui sentait un peu la controverse au journal m'était immédiatement associé, beaucoup de mes collègues ont pensé que j'y étais mêlée. Le départ de Bennet m'a touchée personnellement. Quand votre chef se fait renvoyer en quarante-huit heures pour avoir publié la tribune d'un sénateur républicain qui exprime un point de vue partagé par la majorité des Américains, comment ensuite pouvoir prendre des risques en tant que journaliste ? Par ailleurs, l'atmosphère était si tendue que mon nouveau supérieur m'a explicitement demandé de ne plus commander d'articles d'opinion ! La nouvelle règle de publication des tribunes est devenue celle du « signal d'alarme » : quiconque, au sein de notre service, estimait qu'une tribune était offensante pouvait demander qu'elle ne soit pas publiée. Alors que j'avais été embauchée pour apporter un point de vue différent de la sensibilité du journal, tout cela n'avait aucun sens.
Je pouvais soit rester et travailler sur des sujets inoffensifs, soit partir et continuer à écrire ce que je crois être vrai. J'ai pris la décision de m'en aller, ce qui fut très difficile, mais je ne le regrette pas. Et ce que je vois du New York Times depuis mon départ ne fait que confirmer ce que j'y ai observé de près.
Bari Weiss : « Why I Left the New York Times »
Comment analysez-vous la réaction négative de certains de vos collègues à la tribune de Tom Cotton ?
L'un des facteurs immédiats de la crispation des débats en juin et juillet derniers est sans aucun doute l'épidémie de Covid-19. À cause du confinement, de nombreuses interactions réelles ont été remplacées par des échanges en ligne. Or, quand vous êtes en présence de personnes en chair et en os, il est plus difficile de les diaboliser que sur le Net. Sans le confinement, je ne suis pas sûre que la réaction interne à la publication de cette tribune aurait été si radicale. Mais cela n'explique évidemment pas tout. Pour moi, les pages opinion du New York Times devraient pouvoir être un lieu d'expression pour un élu républicain assez conventionnel. Or nous avons assisté à une sorte de panique morale.
Une réaction qui ne se produit jamais face à certains points de vue extrêmes « de gauche » – par exemple une tribune qui blanchit quelqu'un comme Louis Farrakhan [un militant noir et musulman mais aussi un antisémite notoire, NDLR] ou une autre qui reproduit la propagande du Parti communiste chinois.
Ou prenez, récemment, le premier titre qui a été donné à l'article racontant la décapitation de Samuel Paty : « La police française tire sur un homme et le tue après une attaque fatale au couteau dans la rue » [le titre est devenu in fine « Un homme décapite un enseignant dans la rue en France et est tué par la police », NDLR]. Et là, on se demande où est passée leur indignation !
J ESPERE QUE LA LECTURE DE CES LIGNES VOUS AURA FAIT COMPRENDRE LA REACTION DE MACRON
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c 'est pas d' hier que le NYT dérive