Victor a écrit : 05 février 2021 15:53
Le peuple c'est un mythe, tu n'as même pas compris cela ?
Ce qui existe réellement c'est la population d'un pays (étudiée par la sociologie), pas le peuple.
Le peuple, c'est un mot mystique, magique, que l'on utilise dans les textes "sacrés" comme la constitution.
Les "bourgeois" , (je remarque que tu aimes bien utiliser ce qualificatif que plus personne n'utilise, encore une preuve que t'es bien largué) font partie de la population d'un pays, donc du "peuple".
Et c'est justement très grave, qu'un type qui prétend suivre de hautes études, n'ait pas compris ni étudié le populisme.
Le populisme, c'est ce mouvement très actuel, qui crée deux grandes classes dans la population: les élites et le fameux "peuple".
Les élites ne font pas partie du peuple pour les populistes.
Le populisme, c'est une forme de fascisme moderne, qui veut conquérir le pouvoir par les élections mais qui, au fond, se base sur les mêmes ressorts que le fascisme.
Les élites seraient les ennemis du gentil peuple. Et le gentil peuple n'est responsable de rien, d'aucun problème, car tous les problèmes proviennent des ces fameuses élites anti-peuple. Par exemple les élites favorisent l'immigration contre le gentil peuple.
Et c'est la même chose pour tout.
La pollution, le chômage, les problèmes de logement, etc. Tout est manigancé par les élites contre le peuple.
Ecoute des politiciens populistes et tu remarqueras que c'est toujours cette même rengaine qui est "expliquée" au "bon peuple" venu les écouter.
Tu as raison de me rattraper sur le terme de "peuple". Parler de classes populaires serait bien plus précis.
Le mot bourgeois est encore très utilisé dans la sociologie, que ce soit dans la sociologie française (notamment les constructivistes) ou dans la sociologie américaine (les courants studies). Une fois de plus tu parles de ce que tu ne connais pas mais je t'accorde que si tu devais parler seulement de ce que tu connais tu ne dirais, sans doute, pas grand-chose.
Le populisme est une notion creuse en l'occurrence et est assez largement admise comme étant creuse par la communauté scientifique. Sa définition bouge dans le temps, au gré des besoins de la rhétorique des dominants, cela a d'abord désigné ce qui provenait de l'extrême droite et dorénavant désigne, depuis 2 ou 3 ans, l'extrême gauche.
C'est un terme analysé par les sciences sociales, non pas pour sa pertinence scientifique mais pour le maniement de la dialectique des discours des dominants. C'est une forme de novlangue. Tout comme le vocabulaire managérial a envahit le champ "politique" (c'est d'ailleurs l'une des raisons qui fait que tu dois te sentir "proche" de Macron), je mets des guillemets parce que la politique est beaucoup plus important que l'activité et le discours des politiciens.
Les classes populaires ne sont pas exemptes de tout reproche, je te l'accorde.
Le terme populisme que tu utilises est assez drôle, notamment parce que tu me reproches l'utilisation du terme peuple (à raison d'ailleurs). La notion de populisme a le même défaut que celui de peuple, il essentialise les classes populaires. Les classes populaires ne forment pas un tout uniforme.
Les élites sont en effet antagonistes aux classes populaires. Un corps social, une société est par essence conflictuelle et traversée par des intérêts divergents et même, parfois, contradictoires. L'économie est le domaine qui exacerbe ces intérêts. Le salarié est lié par un contrat de travail à un capitaliste, le droit définie ce contrat comme étant un rapport de subordination. On peut également s'intéresser à la répartition des richesses, avec d'un côté des individus qui captent énormément de capitaux (et la démocratie par la même occasion) et une masse qui ramasse les miettes.
Amazon a par exemple été obligé d'augmenter les salaires de ses salariés aux Etats-Unis il y a de ça quelques années. Pourquoi ? La théorie économique émet l'hypothèse que lorsqu'une société a une forte croissance alors ses salaires augmentent, mais en pratique ce n'est pas le cas.
On trouve même des entreprises en difficultés qui versent quand même des dividendes importants à leurs actionnaires.
Les revendications des gilets jaunes sont totalement légitimes. La violence symbolique et le mépris dont fait preuve Macron a mis le feu aux poudres.