Victor a écrit : 10 février 2021 12:35
Quand je te lis, j'ai vraiment l'impression de lire un type sous influence qui vivrait dans une secte.
La réalité t'échappe complètement.
Tu n'as aucune conscience des réalités les plus importantes comme la compétitivité en économie ou l'importance de la classe moyenne.
Tu vis certainement sous influence de profs totalement azimutés.
C'est pour cela qu'il est fondamental que tu te fasses ton opinion et que tu bouges, que tu voyages, que tu bosses dans des entreprises, etc.
Va en Inde par exemple, tu la verras directement de tes propres yeux la classe moyenne émergeant d'une multitude de pauvres.
En France, les importantes aides sociales masquent la pauvreté. On n'a donc pas d'effets visuels immédiats de la classe moyenne vs les pauvres.
C'est pour cette raison que tu nies une évidence, une fois de plus. Tu vis en apesanteur. Il est temps pour toi d'atterrir. De bosser comme cadre dans une multinationale par exemple, de voir comment sont prises les grandes décisions, etc. Là tu comprendras vraiment comment fonctionne l'économie.
En fait, je réfléchis là où toi tu répètes bêtement la première définition que tu trouves.
Les travaux de sociologues portant sur les classes moyennes sont nombreux et j'ai pris connaissances des principaux travaux d'autorités sur le sujet durant mes années universitaires.
Ce qui en ressort, c'est un gros dissensus sur la définition.
Premièrement, on est passé de LA classe moyenne à LES classes moyennes. Ce qui signifie que si la typologie de la classe moyenne a pu être pertinente a un moment donné, l'émergence de la consommation de masse et de l'accès à la propriété à l'après-guerre (la figure emblématique de cette émergence de la classe moyenne étant la zone résidentiel américaine, je pense que tu vois le genre de quartier pavillonnaire que l'on peut voir dans des films américains type Beethoven), elle est aujourd'hui beaucoup moins évidente. Tu me pardonneras mais ce n'est pas la construction bancale d'une catégorie statistique ou les propos des éditorialistes qui m'éviteront de me poser des questions.
Deuxièmement, les travaux comme ceux de Louis Chauvel qui font figures d'autorités en la matière mettent en lumière une chose. C'est le déclassement des classes moyennes puisqu'il ressort de ses travaux que les enfants issues des classes moyennes vivront, pour une large partie, en-dessous du niveau de leurs parents (cf: Les classes moyennes à la dérive). Ce déclassement laisse penser que les classes moyennes disparaissent progressivement...
Troisièmement, tu ne réfléchis absolument pas à ce qu'est une classe sociale. Quelle est la place de la profession dans sa définition ? De la nomenclature de l'INSEE ? Des revenus ? D'ailleurs ces revenus doivent-ils êtres découpés en terciles, quartiles, quintiles, déciles ? Pouvons-nous dire qu'il existe un ethos (coutumes, manières d'êtres, de penser, de voter, de consommer, etc.) propre aux classes moyennes ? Pourquoi une très large partie de la population se dit appartenir aux classes moyennes (que ce soit des petits bourgeois aisés ou des personnes très précaires) ?
Tu ne réfléchis pas, tu ne questionnes pas. Tu avales et tu recraches sans savoir grand-chose, comme beaucoup de tes pairs petits cadres de droite, ce qui n'est pas pour me déplaire car il serait bien moins évident de se défendre face à des personnes réellement instruites. C'est le propre des ignares que d'êtres certains de tout.
En ce qui concerne l'économie. Je ne sais pas ce qu'il te faut. Je te rapporte les propos de Krugman, prix Nobel pour ses travaux sur le commerce international (et donc directement en lien avec ton concept de compétitivité), qui apporte une critique féroce du concept de compétitivité qui porte autant sur la pertinence que sur l'instrumentalisation politique de ce concept. La compétitivité est un concept politique et, à la rigueur, de gestionnaire mais en aucun cas d'économie. Je te rappelle également que l'économie ne s'arrête pas aux seuls entreprises et à la recherche de profit. L'économie traite plus généralement de l'allocation des ressources, notamment en s'intéressant aux questions des inégalités, de la fiscalité, des politiques économiques, de la précarité, de l'accès aux soins, de la rareté, de la division du travail, du capitalisme, etc...
Les critiques de nombreuses personnes ne sont souvent que des miroirs. Lorsque tu parles de secte, effectivement je pense que tes propos sont clairement façonnés par cette idéologie de la "start-up nation", par ces idées de gestionnaires, tout droit sortie des écoles de commerce. Lorsque je te lis je me rend compte d'une chose assez incroyable.
Les écoles de commerces, à la différence de l'université, enseignent des compétences très opérationnelles et prêtent à servir directement en entreprise. Mais, toujours à la différence des universités, elles n'enseignent pas la réflexion intellectuelle, la prise de recul ou la réflexivité. Cela renvoie effectivement à la notion de secte puisqu'il ne s'agit surtout pas de questionner ou de prendre un recul critique.
En ce qui concerne tes conseils, le voyage, le fait de bouger, le fait de travailler en entreprise, etc... On les croirait tout droit sortie d'un ouvrage en développement personnel, charlatans des temps modernes.
Ne t'en fais pas j'ai voyagé (sans doute assez peu) et j'ai travaillé dans des entreprises privées (et ça m'a suffit).
Pour finir, effectivement il émerge une classe moyenne en Inde puisque la conjoncture y est très favorable avec une situation de forte activité économique comparable à la nôtre durant les Trente Glorieuses. Mais la croissance y finira par stagner de manière séculaire comme c'est le cas dans tous les pays dits développés.