papibilou a écrit : 20 mai 2022 10:26
Encore une fois, oubliez le manque de lits. La France sur ce point est mieux lotie que la moyenne des pays de l'OCDE.
Le manque de personnel est avant tout un manque de médecins er d'infirmiers. Or il a fallu attendre ces 2 dernières années pour voir augmenter massivement les étudiants en médecine de 2ème année( le numerus clausus aurait du sauter il y a 10 ans ) et en études d'infirmiers.
Rajoutons au panorama ce que nous avons pu constater lors de la crise covid, à savoir que les hôpitaux allemands ont 10% de moins de personnel administratif et la proportion inverse de soignants. Gestion comptable ? Je suis toujours un peu réticent à utiliser ce type d'expression. D'abord parce que les comptables ne font qu'enregistrer en chiffres ce que l'on peut observer. Mais même si on reconnaît ne pas avoir mis suffisamment d'argent dans le système, c'est la lenteur administrative à évoluer qui nous conduit à ces problèmes.
En chirurgie ambulatoire on est à peine dans la moyenne. On doit pouvoir faire mieux, et c'est ce genre de progrès qui permettra de se rendre compte que nous avons par exemple assez de lits.
C'est toujours étonnant de voir à quel point tu peux chercher à légitimer les politiques en place face à vents et marées. Bien évidemment cela ne rend pas service à la qualité de tes arguments.
Le nombre de lits disponibles n'a pas grand intérêt si on se réfère au nombre de lits en valeur absolue. Si on se réfère à des mesures plus fines comme le nombre de lits pour 1000 habitants alors on se rend compte que l'Allemagne est loin devant la France. Le fait que certains pays soient dans des états plus inquiétants que la France n'est pas un argument.
En ce qui concerne la gestion comptable, tu peux être réticent à utiliser ce type d'expression mais alors comment qualifie tu l'ONDAM ?
Que dis-tu également de la T2A qui, au-delà d'avoir le mérite de distribuer les ressources entre établissements en fonction de l’activité réalisée au cours de l’année précédente, pousse à la croissance de l'activité coûte que coûte et transforme donc l'hôpital en une entreprise.
Pour finir, tu nous expliqueras ce que tu entends par "lenteur administrative".
La situation est assez claire, il y a une dégradation croissante de nos hôpitaux publics avec une dépense de soins hospitaliers qui ne cesse de diminuer en pourcentage du PIB en France, une augmentation des suicides chez le personnel soignant, etc... La Cour des Comptes et la DREES ont également produit des rapports qui vont dans mon sens. On est aujourd'hui dans une gestion à flux tendu qui s'explique notamment par le modèle de financement de l'hôpital : les charges augmentent, et les tarifs diminuent. Ouvrir un lit supplémentaire, c'est creuser le déficit.
Les effectifs sont également calculés au plus juste, on se retrouve avec un énorme turn-over chez les infirmiers à cause de conditions de travail déplorables.
J'ai eu une opération en ambulatoire il y a peu (rien de grave mais cela ne les a pas dérangé de me virer de l'hôpital peu de temps après l'opération alors que j'étais encore engourdi de l'anesthésie, résultat ? J'ai failli me casser la gueule mais il fallait bien dégager de la place et du personnel !) et j'ai régulièrement des rendez-vous avec la chirurgienne. Le plus souvent c'est 1h30 de retard et elle m'explique souvent ne pas avoir dormi la nuit précédente.