Re: Violences sexuelles à Paris +30%
Posté : 19 septembre 2022 08:44
L'article date de 2020 mais il n'est guère différent à notre époque :
"Comment l’extrême droite nourrit la culture du viol en stigmatisant les étrangers
"Depuis quelque temps, grâce au travail acharné de militantes féministes, la lutte contre les violences faites aux femmes s’impose dans les débats publics et politiques. Malheureusement, ce sujet est de plus en plus instrumentalisé par des mouvements d’extrême droite qui voudraient faire croire que ces violences sont en majorité le fait d’ »étrangers, » de « migrants, » de […]
..."Malheureusement les extrêmes ne s’embarrassent pas de chiffres qui pourraient les contredire. Et, en diffusant cette infox ils ne font pas qu’attiser la haine contre les migrants, ils alimentent aussi la culture du viol et l’un de ses plus vieux stéréotypes : considérer qu’un violeur ne peut être qu’un étranger, qu’un « autre ». Dans un épisode du podcast sur les masculinités, Les Couilles sur la Table, Victoire Tuaillon interroge Noémie Renard, autrice du blog Antisexisme.net et du livre, En finir avec la culture du viol, publié l’année dernière. Elle explique : « les violeurs, ce sont toujours les autres. Ce ne sont pas des gens qu’on connaît, pas des gens normaux, ce ne sont pas nos amis, nos frères, nos pères. C’est toujours l’autre. »
Dans l’imaginaire collectif, un violeur serait forcément un déséquilibré ou un marginal, un inconnu, un migrant ou un homme racisé, issu des classes populaires ou un peu tout à la fois. Armé, il agirait la nuit, dans une ruelle mal éclairée ou sur un parking lugubre.
"Pourtant, les études de victimisation le montrent : c’est au sein de l’espace privé que se produisent la plupart des viols. « Plusieurs enquêtes ont été réalisées sur la question, notamment celle de la Fondation Jean Jaurès en 2017. Celle-ci montre que dans presque 90% des cas des violences sexuelles, la victime connaît la personne qui a commis la violence : elle peut être un conjoint, un proche, un collègue, un voisin…, » précise Léonore Guénoun, militante à #NousToutes.
Le premier lieu des violences contre les femmes est donc le cercle familial. Ainsi, 49 % des victimes de viol, incriminent leur conjoint, 17 % un membre de l’entourage, 6 % un membre de la famille contre 17 % qui mentionnent un inconnu. Finalement, estimer que le violeur est dans la plupart des cas un étranger est pour Léonore Gunéoun un « mythe raciste, hérité de notre passé colonial. C’est biaisé, c’est faux. » Elle insiste : « aucune étude n’a prouvé qu’il existe un portrait type de l’agresseur ou du violeur. Aucune donnée fiable ne le montre. »
Faire le jeu des agresseurs
Pire, les conséquences de cette idée reçue sont dramatiques. « C’est très dangereux. D’abord parce que cela construit une image fausse des hommes racisés et des migrants. Très dangereux aussi pour les victimes : si elles parlent ou si elles accusent une personne qui ne correspond pas à ces critères, elles ne seront pas crues. Elles pourraient d’ailleurs ne pas parler du tout, envisageant que de toute façon, leur parole ne sera pas prise en compte», estime la militante de #NousToutes. Le mythe de l’agresseur étranger participe ainsi à développer une certaine impunité des violeurs.
https://guitinews.fr/a-la-loupe/comment ... etrangers/
"Comment l’extrême droite nourrit la culture du viol en stigmatisant les étrangers
"Depuis quelque temps, grâce au travail acharné de militantes féministes, la lutte contre les violences faites aux femmes s’impose dans les débats publics et politiques. Malheureusement, ce sujet est de plus en plus instrumentalisé par des mouvements d’extrême droite qui voudraient faire croire que ces violences sont en majorité le fait d’ »étrangers, » de « migrants, » de […]
..."Malheureusement les extrêmes ne s’embarrassent pas de chiffres qui pourraient les contredire. Et, en diffusant cette infox ils ne font pas qu’attiser la haine contre les migrants, ils alimentent aussi la culture du viol et l’un de ses plus vieux stéréotypes : considérer qu’un violeur ne peut être qu’un étranger, qu’un « autre ». Dans un épisode du podcast sur les masculinités, Les Couilles sur la Table, Victoire Tuaillon interroge Noémie Renard, autrice du blog Antisexisme.net et du livre, En finir avec la culture du viol, publié l’année dernière. Elle explique : « les violeurs, ce sont toujours les autres. Ce ne sont pas des gens qu’on connaît, pas des gens normaux, ce ne sont pas nos amis, nos frères, nos pères. C’est toujours l’autre. »
Dans l’imaginaire collectif, un violeur serait forcément un déséquilibré ou un marginal, un inconnu, un migrant ou un homme racisé, issu des classes populaires ou un peu tout à la fois. Armé, il agirait la nuit, dans une ruelle mal éclairée ou sur un parking lugubre.
"Pourtant, les études de victimisation le montrent : c’est au sein de l’espace privé que se produisent la plupart des viols. « Plusieurs enquêtes ont été réalisées sur la question, notamment celle de la Fondation Jean Jaurès en 2017. Celle-ci montre que dans presque 90% des cas des violences sexuelles, la victime connaît la personne qui a commis la violence : elle peut être un conjoint, un proche, un collègue, un voisin…, » précise Léonore Guénoun, militante à #NousToutes.
Le premier lieu des violences contre les femmes est donc le cercle familial. Ainsi, 49 % des victimes de viol, incriminent leur conjoint, 17 % un membre de l’entourage, 6 % un membre de la famille contre 17 % qui mentionnent un inconnu. Finalement, estimer que le violeur est dans la plupart des cas un étranger est pour Léonore Gunéoun un « mythe raciste, hérité de notre passé colonial. C’est biaisé, c’est faux. » Elle insiste : « aucune étude n’a prouvé qu’il existe un portrait type de l’agresseur ou du violeur. Aucune donnée fiable ne le montre. »
Faire le jeu des agresseurs
Pire, les conséquences de cette idée reçue sont dramatiques. « C’est très dangereux. D’abord parce que cela construit une image fausse des hommes racisés et des migrants. Très dangereux aussi pour les victimes : si elles parlent ou si elles accusent une personne qui ne correspond pas à ces critères, elles ne seront pas crues. Elles pourraient d’ailleurs ne pas parler du tout, envisageant que de toute façon, leur parole ne sera pas prise en compte», estime la militante de #NousToutes. Le mythe de l’agresseur étranger participe ainsi à développer une certaine impunité des violeurs.
https://guitinews.fr/a-la-loupe/comment ... etrangers/