Vu de Londres. Il faut l’admettre : la France est en train de doubler le Royaume-Uni
Depuis le début de l’année, fleurissent dans la presse britannique de nombreux articles vantant les voisins français, tant pour la bonne santé de leur économie que pour leur exigence en matière d’infrastructures et de services publics. Vendredi 10 mars, le premier sommet franco-britannique depuis cinq ans aura lieu à Paris.
“Vivre aujourd’hui au Royaume-Uni, c’est voir son univers s’écrouler peu à peu”, soupire The Daily Telegraph. Grèves à tous les coins de rue, récession à l’horizon, forces armées au bord de l’implosion : le tunnel de mauvaises nouvelles s’étire, interminable et sombre, à travers l’hiver.
Un coup d’œil furtif de l’autre côté de la Manche, en revanche, et “c’est une tout autre histoire”, remarque le quotidien londonien. Les infrastructures françaises semblent rutilantes – du moins en comparaison des routes britanniques, “constellées de nids-de-poule”. Et les perspectives économiques ? Sans commune mesure. (la suite est en article payant)
un autre article, site financier :
La France connaît, tout d’abord, une meilleure situation macroéconomique. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel français de 0,6 % et 1,2 % respectivement pour les années 2023 et 2024. Toujours selon cette institution, le PIB réel devrait, au contraire reculer de 0,4 % au Royaume-Uni en 2023, avant de stagner en 2024 (0,2 %).
Si les deux pays subissent, notamment, les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le Royaume-Uni est davantage touché par l’inflation. En octobre 2022, l’augmentation des prix y a atteint 11,1 % en rythme annuel, contre 6,2 % en France. Cette plus forte inflation a, en particulier, des conséquences sur la consommation des ménages. L’OCDE anticipe, dans ses projections, qu’elle reculera, au Royaume-Uni, de 1,1 % en termes réels en 2023, une situation rarissime !
Angleterre 0 – France 2

Enfin, les conditions de financement public sont plus favorables en France. Plus précisément, le rendement actuariel de l’obligation d’État à 10 ans est actuellement de 2,25 % en France, contre 3,06 % au Royaume-Uni. Autrement dit, les investisseurs demandent un rendement plus élevé pour placer leurs fonds dans des obligations publiques au Royaume-Uni, signe que celles-ci sont considérées comme plus risquées. La situation n’est pas nouvelle : le Royaume-Uni a d’ailleurs traversé une période de panique financière en septembre et octobre derniers, ayant entraîné la démission de Liz Truss, alors Première ministre.
Angleterre 0 – France 3



Les avantages des anglais
Le Royaume-Uni n’est, toutefois, pas dénué d’atouts en matière économique par rapport à la France. Tout d’abord, elle est moins touchée par le chômage des jeunes. Selon Eurostat, un peu moins de 12,2 % des actifs âgés de 15 à 24 ans y sont considérés comme chômeurs au sens du Bureau International du Travail (BIT) . En comparaison, le taux de chômage des jeunes est de 16,6 % en France.
En outre, le Royaume-Uni semble plus favorable au climat des affaires. Il est systématiquement mieux placé que la France dans le classement Doing Business établi par la Banque mondiale. Analysant la réglementation des affaires, ce dernier prend en compte de nombreuses variables portant sur la facilité de création d’entreprise, la protection des investisseurs, l’efficacité du système judiciaire en matière de litige commercial, etc.
Le Royaume-Uni désigne l’union politique et économique de quatre pays : l’Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord. Nous utilisons dans cet article des données économiques portant sur le Royaume-Uni, celles-ci étant plus souvent disponibles que des données à l’échelle de la seule Angleterre.
Score final :


Angleterre 2 – France 3


