Hdelapampa a écrit : 18 juin 2023 00:39
Comment s'oppose-t-on à l'extrême-droite?
Quelqu'un a des leçons à donner?
Des conseils peut-être?
Comment s'oppose-t-on à l'extrême-droite? En récupérant tous les catégories populaires et laborieuses passées au RN et jugées trop franchouillardes que la gauche a délaissées depuis longtemps.
Mais aussi en ne laissant pas à la seule extrême-droite la défense de certaines valeurs que la gauche de Mélenchon semble avoir perdues de vue, comme la laïcité : si 87 % des électeurs du RN estiment que la laïcité est menacée en France aujourd'hui, ils ne sont pas les seuls. 75 % de l'ensemble des Français pensent pareil. (sondage paru dans le JDD ce ce jour).
En fait, après 2017 et sa deuxième défaite, Mélenchon, le grand laïcard de toujours a retourné sa veste pour avoir compris quelque chose : à ses yeux , la récupération de ces catégories populaires et laborieuses passées au RN était impossible désormais. Il les a considérées comme moralement perdues et devant être remplacées par une autre clientèle électorale issue de la diversité, plus jeune, plus mobilisée, et trop souvent victime de discriminations de tous ordres. De nouvelles bonnes victimes, en somme.
Cela a été son grand choix en 2022 et il faut reconnaître que ça a pas mal marché en nouvel électorat de substitution. Mais si ce combat a pu paraître vertueux au regard des 90 % de français musulmans qui ne posent pas problème en France et qui aimeraient bien qu'on leur lâche un peu les baskets, ce fut aussi un combat dangereux dans la mesure où Mélenchon courait le risque de devenir l'idiot utile de l'islam politique en France.
Chose qu'il a parfaitement comprise en grand stratège qu'il est dans la mesure où il pense que c'est aussi lui qui manipule ce cheval de Troie pour parvenir un jour au pouvoir. (J'avais lu ça je ne sais plus où comme un témoignage d'un de ses proches)
Et si un jour il devenait Président, on peut raisonnablement penser que ce Machiavel devra lâcher cet électorat là parce qu'il aurait à diriger toute la France.
Mais je peux me tromper : dans les nouvelles manières de diriger un pays aujourd'hui, il semblerait que l'on gouverne mieux sur la base de fans clubs plus restreints et en jouant la carte du clivage plutôt que celle de fédérer.
Ce qui a été le parti pris de Trump aux Etats-Unis.
Mélenchon, lui aussi, sait qu'il faut jouer à fond la carte de la radicalisation pour se distinguer de ses adversaires. C'est d'ailleurs le conseil qu'il a donné en "off" à Zemmour au moment où ce "bleu" se lançait dans sa première campagne présidentielle.
C'est Zemmour qui a révélé cela et Mélenchon s'en est de suite défendu bien entendu. J'aurais tendance à croire Zemmour qui n'a pas de filtre et qui est bien plus sincère et spontané que JLM. En fait, si ils se combattent impitoyablement en "on", en "off", ces deux là se connaissent bien depuis longtemps et s'estiment quelque part.
C'est curieux et paradoxal mais, sur le plan humain et des véritables affinités- dans le monde politique, il peut arriver qu'untel préfère aller prendre un pot au café avec un de ses adversaires plutôt qu'avec un de ses collègues du même bord qu'il exècre poliment.