Re: Bras de fer Israël : des dizaines de milliers de personnes dans les rues contre Nétanyahou
Posté : 24 mars 2025 06:55
Vent de fronde en Israël : «Tout ce dont Nétanyahou se soucie, c’est de rester au pouvoir»
Après le renvoi du chef de la sécurité intérieure et la reprise des bombardements à Gaza, le gouvernement a confirmé dimanche 23 mars l’éviction prochaine de la procureure générale. Face à la dérive autocratique du pouvoir, les mobilisations ne faiblissent pas.
Dans les artères du quartier de Réhavia à Jérusalem, d’innombrables drapeaux israéliens se mêlent ce dimanche 23 mars aux portraits des otages encore détenus par le Hamas et à celui, caricaturé, de Benyamin Nétanyahou. Il est 15 heures et des centaines de manifestants convergent vers la rue Azza (Gaza, en hébreu), au plus près de la résidence du Premier ministre israélien. En votant à l’unanimité une motion de défiance, son gouvernement vient d’annoncer sa décision de limoger Gali Baharav-Miara, procureure générale de l’Etat hébreu et figure essentielle de contre-pouvoir. Et ce, malgré le désaccord ferme de représentants actuels ou passés de la Cour suprême et un mouvement de contestation populaire sans équivalent depuis les manifestations contre la réforme judiciaire de 2023. Dans une lettre rendue publique avant le vote de la motion, la procureure a accusé l’exécutif de se placer «au-dessus de la loi».
Assises sur un trottoir, Noa Palmon, 31 ans, étudiante en économie, et Kinneret Teodorescu, 42 ans, son enseignante à l’université de Haïfa, reprennent des forces. Elles ont fait le trajet ensemble depuis le nord du pays pour la troisième fois en une semaine, dans l’espoir de faire fléchir le gouvernement et sa course effrénée vers un régime autocratique. «Nous sommes ici parce que nous pensons que si le gouvernement n’obéit pas aux décisions de la Cour suprême, alors la démocratie mourra», résume la professeure. Entre les mains de Noa, un portrait de Maxim Harkin, 36 ans, otage du Hamas dans la bande de Gaza depuis son enlèvement au festival Supernova le 7 octobre 2023. «Nous avons besoin d’un gouvernement qui agisse en fonction des vœux du peuple, dont l’un d’entre eux est de clore ce chapitre qui est une plaie dans le cœur des Israéliens, explique l’étudiante franco-israélienne. Comme Kinneret, je ne fais pas confiance à “Bibi” [le surnom de Benyamin Nétanyahou, ndlr], qui est corrompu. Pourquoi lui faire confiance sur la question des otages ?»
Excuses pataudes
Eclaboussé par plusieurs affaires de corruption et des accusations de fraudes et d’abus de confiance, Nétanyahou devait répondre en ce moment de ces actes devant le tribunal de Tel-Aviv. Un procès fort opportunément ajourné en raison de la reprise de la guerre à Gaza, sur décision d’Israël, dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 mars. Le chef du gouvernement a ces derniers jours défié les pronostics des analystes politiques, dont beaucoup doutaient de la propension des Israéliens à prendre la rue dans un contexte épuisant de guerre et de crise politique. Des dizaines de milliers d’entre eux ont pourtant manifesté ces derniers jours partout dans le pays en réaction à plusieurs décisions gouvernementales perçues comme antidémocratiques.
https://www.liberation.fr/international ... MI27555NU/
Après le renvoi du chef de la sécurité intérieure et la reprise des bombardements à Gaza, le gouvernement a confirmé dimanche 23 mars l’éviction prochaine de la procureure générale. Face à la dérive autocratique du pouvoir, les mobilisations ne faiblissent pas.
Dans les artères du quartier de Réhavia à Jérusalem, d’innombrables drapeaux israéliens se mêlent ce dimanche 23 mars aux portraits des otages encore détenus par le Hamas et à celui, caricaturé, de Benyamin Nétanyahou. Il est 15 heures et des centaines de manifestants convergent vers la rue Azza (Gaza, en hébreu), au plus près de la résidence du Premier ministre israélien. En votant à l’unanimité une motion de défiance, son gouvernement vient d’annoncer sa décision de limoger Gali Baharav-Miara, procureure générale de l’Etat hébreu et figure essentielle de contre-pouvoir. Et ce, malgré le désaccord ferme de représentants actuels ou passés de la Cour suprême et un mouvement de contestation populaire sans équivalent depuis les manifestations contre la réforme judiciaire de 2023. Dans une lettre rendue publique avant le vote de la motion, la procureure a accusé l’exécutif de se placer «au-dessus de la loi».
Assises sur un trottoir, Noa Palmon, 31 ans, étudiante en économie, et Kinneret Teodorescu, 42 ans, son enseignante à l’université de Haïfa, reprennent des forces. Elles ont fait le trajet ensemble depuis le nord du pays pour la troisième fois en une semaine, dans l’espoir de faire fléchir le gouvernement et sa course effrénée vers un régime autocratique. «Nous sommes ici parce que nous pensons que si le gouvernement n’obéit pas aux décisions de la Cour suprême, alors la démocratie mourra», résume la professeure. Entre les mains de Noa, un portrait de Maxim Harkin, 36 ans, otage du Hamas dans la bande de Gaza depuis son enlèvement au festival Supernova le 7 octobre 2023. «Nous avons besoin d’un gouvernement qui agisse en fonction des vœux du peuple, dont l’un d’entre eux est de clore ce chapitre qui est une plaie dans le cœur des Israéliens, explique l’étudiante franco-israélienne. Comme Kinneret, je ne fais pas confiance à “Bibi” [le surnom de Benyamin Nétanyahou, ndlr], qui est corrompu. Pourquoi lui faire confiance sur la question des otages ?»
Excuses pataudes
Eclaboussé par plusieurs affaires de corruption et des accusations de fraudes et d’abus de confiance, Nétanyahou devait répondre en ce moment de ces actes devant le tribunal de Tel-Aviv. Un procès fort opportunément ajourné en raison de la reprise de la guerre à Gaza, sur décision d’Israël, dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 mars. Le chef du gouvernement a ces derniers jours défié les pronostics des analystes politiques, dont beaucoup doutaient de la propension des Israéliens à prendre la rue dans un contexte épuisant de guerre et de crise politique. Des dizaines de milliers d’entre eux ont pourtant manifesté ces derniers jours partout dans le pays en réaction à plusieurs décisions gouvernementales perçues comme antidémocratiques.
https://www.liberation.fr/international ... MI27555NU/