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14 milliards d’économies et 26,9 milliards de nouvelles recettes : le plan du Parti socialiste pour réduire le déficit public
Alors qu’ils se disent «prêts» à gouverner, les socialistes présentaient ce samedi 30 août leurs propositions budgétaires à l’occasion de leurs journées de rentrée organisées à Blois, avec un objectif de réduction du déficit public de 21,7 milliards en 2026 pour le ramener sous les 3% de PIB en 2032.
Ce n’était pas arrivé depuis une éternité : Olivier Faure et Carole Delga côte à côte. Vendredi soir, le premier secrétaire du Parti socialiste et la présidente de la région Occitanie, aux relations polaires, étaient autour de la même table pour discuter de leur «contre budget», présenté ce samedi 30 août, et pensé comme un moment clé du «campus» socialiste, organisé à Blois (Loir-et-Cher). Restaient quelques arbitrages à trancher avec les parlementaires chargés de la rédaction du projet. «On s’est amusés à mettre Carole à côté d’Olivier, raconte un socialiste. C’est la première fois depuis longtemps qu’il y a une telle unité.»
Les socialistes entendent d’abord augmenter les recettes de l’Etat à travers une taxe Zucman de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros. Gain estimé : 15 milliards d’euros. Le budget du PS prévoit également une refonte de la fiscalité sur les dividendes et les plus-values, un plan de lutte contre la fraude fiscale et sociale ou encore une mise à contribution des Gafam et un prélèvement social de 1 % sur les très grandes successions. Au total, ils prévoient donc 26,9 milliards de nouvelles recettes.
Côté réduction des dépenses, les parlementaires socialistes affichent donc un objectif de 14 milliards d’euros d’économies. Pour cela, ils proposent de réduire les aides aux grandes entreprises, notamment avec une réforme du crédit d’impôt recherche (CIR) et de faire des économies sur le fonctionnement de l’Etat, notamment inspirée du rapport de l’ancien député apparenté socialiste René Dosière, missionné par Bayrou pour examiner les pistes d’économies sur le train de vie de l’Etat et des responsables politiques. Autre piste : un meilleur encadrement des indemnités de rupture conventionnelle.
Plan de relance
Opposé à la réforme des retraites, le PS propose une suspension immédiate et l’ouverture d’un «dialogue avec les partenaires sociaux pour définir une trajectoire avec le retour à 62 ans comme point d’atterrissage». Un changement par rapport au programme du Nouveau Front populaire (NFP), signé par les socialistes en juin 2024, qui promettait la retraite à 60 ans.
Six milliards d’euros seraient par ailleurs destinés au «soutien au pouvoir d’achat des travailleurs» par une baisse de la CSG sur les salaires allant jusqu’à 1 920 euros net. «Pour un couple qui gagne 1 920 euros net par mois par personne, qui a 2 enfants, cela représente un gain de pouvoir d’achat de 1 500», promet le parti.
Enfin, ce contre budget des roses met sur la table un plan de relance de 19,2 milliards d’euros construit autour de trois axes :
un plan de relance vert qui passe notamment par de la rénovation thermique, un «sauvetage de l’hôpital, des Ehpad et des crèches publiques» et un plan de soutien à l’école publique. Les socialistes, qui achèvent leur rentrée politique ce samedi soir, doivent rencontrer leurs homologues de gauche la semaine prochaine pour discuter de leur projet, après un rendez-vous avec François Bayrou ce lundi, même s’ils affirment que la confiance est rompue.
L’équilibre du budget est cependant «inamendable» prévient Olivier Faure : «
Si on avait fait notre projet idéal, on serait aller chercher 400 milliards mais on a fait un budget profondément de gauche qui peut avoir un écho au-delà de nos rangs. L’objectif n’est pas la surenchère.» Alors que Jean-Luc Mélenchon a prévenu ce vendredi que les insoumis ne soutiendraient aucun autre gouvernement que le leur, Olivier Faure a mis en garde : «
Est-ce que Mélenchon et les insoumis sont prêts à renoncer à un gain de pouvoir d’achat ? Je ne lui demande pas de soutenir ce gouvernement mais qu’ils se prononcent à l’Assemblée, mesure par mesure. Pour l’essentiel, je ne vois pas comment ils peuvent s’opposer à ce que nous avons proposé ce matin.»
https://www.liberation.fr/politique/14- ... AZFZDYA6E/