@Mesoke :
En la matière, il y a le ressenti de beaucoup de Français, qui constatent qu'il y a beaucoup de quartiers où "on n'est plus chez nous" et qui constatent de leurs propres yeux une sociologie assez particulière chez les délinquants.
L'outil statistique est d'un maniement plus délicat, vu que la France ne pratique pas les statistiques ethniques. Casser le thermomètre qui indique la fièvre, c'est bien pratique pour éluder un débat qui dérange.
Néanmoins, les chiffres existent. De façon parcellaire, mais ils existent, et confirment le ressenti de beaucoup de Français.
Voici un article intéressant de l'AFP :
Les approximations d'Eric Zemmour sur les immigrés musulmans en France
Cet article prétend démonter une affirmation d'Eric Zemmour sur le Grand remplacement, mais en réalité, il l'accrédite :
On peut lire ceci :
l'islam est la "religion la plus souvent déclarée" par les immigrés algériens (89%) et d'Afrique sahélienne (84%) âgés de 18 à 59 ans en 2019-2020, tandis que les immigrés originaires d'Asie du Sud-Est de la même tranche d'âge se disent à 48% "sans religion".
Le ministère français de l'Intérieur publie (archive) de son côté les principaux pays d'origine des immigrés arrivés légalement en France chaque année (c'est-à-dire les personnes qui ont obtenu un "premier titre de séjour"), ce qui pourrait donner une indication puisque le Maroc et la Tunisie ont l'islam pour religion d'Etat, et la nouvelle Constitution algérienne adoptée en juillet 2022 mentionne cette religion. Le document est disponible ici en pdf.
Selon les chiffres provisoires publiés en juin 2023 (archive), les Marocains (39.073), les Algériens (29.246) et les Tunisiens (21.739) étaient certes les trois premières nationalités représentées parmi les immigrés arrivés légalement sur le territoire national en 2022.
un rapport du Sénat a ainsi montré qu'au 1er semestre 2021, le taux d'exécution des OQTF n'était que de 5,6%, contre 13,5% sur l'année 2017 par exemple (archive).
"En général, faites-vous passer vos convictions religieuses avant les valeurs de la République ?", leur a-t-on demandé. Un total de 40% des Français musulmans interrogés a répondu "oui". Parmi ces derniers, 74% des moins de 25 ans (contre une moyenne de 37% chez l'ensemble des personnes interrogés) ont aussi répondu par l'affirmative.
La partie Fécondité de l'étude "Immigrés et descendants d'immigrés" de l'Insee (archive) montre que ce nombre, pour les femmes immigrées du Maghreb nées entre 1960 et 1974, donc âgées de 45 à 60 ans en 2019-2020, est de 2,8 enfants par femme, et pour les femmes immigrées des autres pays d’Afrique de 2,9 enfants par femme, contre 1,9 pour l’ensemble des femmes résidant en France métropolitaine. Soit moins que la fourchette de 3 à 4 enfants par femme évoquée par Eric Zemmour.
En 2021, l'ICF était en moyenne de 3,3 enfants par femme pour celles nées en Afrique hors Maghreb. Mais celui des femmes nées au Maghreb était bien moindre, à 2,5 enfants par femme, à comparer à une moyenne de 1,8 enfant par femme résidant en France.
Des chercheurs de l'Ined ont calculé qu'en 2017, toutes populations confondues, la présence des immigrées sur le territoire français ajoutait "un peu plus de 0,1 enfant au taux de fécondité national", soit un apport "faible, alors qu’elles contribuent dans le même temps à 19% des naissances". Ceci parce que "les immigrées représentaient seulement 12% des femmes en âge d’avoir des enfants"(archive).
Au final, la part de personnes de 18 à 60 ans se déclarant musulmanes dans la population française est passée de 7% en 2008-2009 à 10% en 2019-2020, comme l'ont montré les deux vagues de la vaste étude Territoires et origines (TeO), menée conjointement par l'Insee et l'Ined
Notons qu'à l'AFP, ils n'aiment pas Eric Zemmour, car ils ont publié d'autres articles qui prétendent démonter ses affirmations.
Ceci, par exemple :
Les inexactitudes d'Eric Zemmour sur les "90%" de jeunes de banlieue originaires du Maghreb ou d'Afrique
Et là, encore, ils accréditent les propos d'Eric Zemmour. Voici quelques extraits :
"Sur l'ensemble de la Seine-Saint-Denis, on est à 55% et, à la Courneuve, dans la commune de Seine-Saint-Denis où cette proportion est la plus élevée, on est à 74%", relève un autre coauteur de l'étude Pierre-Yves Cusset.
Si on prend un autre indicateur géographique qui correspond davantage à des quartiers --des IRIS/TRIRIS selon la terminologie statistique--, seule une "poignée" d'entre eux en Seine-Saint-Denis abritent plus de 80% de jeunes issus de l'immigration extra-européenne, relève M. Dherbécourt.
Au niveau national, la part des moins de 18 ans ans vivant avec au moins un parent immigré extra-européen s'élevait par ailleurs à 16,4% en 2015 contre 10% en 1990, relève également l'étude.
En résumé : 80%, ce n'est pas partout, c'est dans certains quartiers uniquement, mais le chiffre est par ailleurs élevé, et en augmentation.
A lire également :
420 détenus étrangers à la prison de Bordeaux-Gradignan : « Cette délinquance n’est pas un mythe », attaque la RN Edwige Diaz
Les actes de délinquance de rue sont à 53% le fait d’étrangers selon le préfet des Alpes-Maritimes
A Paris, « la moitié au moins des faits de délinquance viennent d’étrangers » : d’où vient ce chiffre cité par Emmanuel Macron ?