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Re: Les Bourses du travail, hauts lieux syndicaux ciblés par les mairies d’extrême droite

Posté : 22 mai 2026 11:30
par papibilou
Patchouli38 a écrit : 22 mai 2026 11:01
papibilou a écrit : 22 mai 2026 10:06
Vous tombez dans l'outrance.
Si, les salariés continueront à être défendus.
Non le RN n'est pas contre le droit de grève en général mais pour la continuité du service public dans les transports. Vous trouvez normal que les syndicats dans les transports publics puissent paralyser les transports publics lors des fêtes ou des départs en vacances ou empêcher les usagers d'aller bosser ? En Italie par exemple, ils peuvent faire grève mais pas n'importe quand (pas les départs et retours de vacances pas aux heures de pointe pour les transports urbains.
Seul point d'accord, oui ils veulent affaiblir les syndicats existants avec des syndicats moins encartés politiquement.
Peut-être êtes-vous à même de nous expliquer le sens de cette phrase :

"L’une de ces mesures pro-patronales est la volonté de « faciliter la création de nouveaux syndicats » au nom de la « [recréation] des conditions d’une véritable liberté syndicale ». Lors de sa présentation, Jean-Philippe Tanguy expliquait à ce sujet que ces réformes favoriseraient la création de « syndicats-maison » et soutiendraient la « productivité des entreprises », tout en luttant contre la « politisation des syndicats représentatifs ».

Pour ma part, j'entends par là, la suppression des syndicats existants pour en créer à la botte des patrons.
Je ne vois pas en quoi les syndicats sont politisés (excuse bateau souvent servi par le RN) et en quoi ils gênent la productivité des entreprises.
De ce fait, en cas de litige, le salarié se ferait cocufié deux fois : par un "syndicat-maison" aux contours flous, et par les patrons.

N'ayant pas le droit de copier-coller un article du journal Le Monde, je peux néanmoins résumer qu'il s'agit d'une étiquette péjorative voire nocive, dont personne n'arrive à sortir une définition de syndicat-maison.
Par ailleurs, les syndicats n'auraient plus aucune confédération, ni fédération, ni statuts officiels, ni pluralité. Cela se transformera en une forme de paternalisme.

https://www.lemonde.fr/archives/article ... 19218.html

On peut donc le résumer comme ceci : "le patron aura toujours le dernier mot".

La posture du RN prouve bien qu'il est toujours du côté des patrons, et uniquement des patrons. Les premiers "baisés" seront les salariés, dont les électeurs de ce parti.
Relisez ma dernière phrase. Elle n'est pas en contradiction avec votre avis.
Certes je suis d'accord pour reconnaître que le RN n'apprécie guère les syndicats mais certains syndicats considèrent leur job comme une opposition frontale au patron ou à la direction, voire un bras de fer dont ils doivent sortir gagnants.
Pour avoir, en tant que cadre, eu à débattre avec les syndicats, je dois dire que si je n'ai eu aucun mal a trouver des accords avec la CFDT ni avec FO ( qui, à mon époque, était moins extrémiste qu'aujourd'hui) j'ai souvent du élever la voix face aux incohérences de certains représentants CGT ou Sud. Et je ne pense pas que le dialogue dont les syndicats que je qualifie de modérés avaient accepté le principe a été préjudiciable aux intérêts des salariés bien au contraire.
Cela signifie donc que les syndicats partisans du dialogue sont les bienvenus et que des syndicats tournés vers le patronat n'ont pas grande chance de prospérer.

Re: Les Bourses du travail, hauts lieux syndicaux ciblés par les mairies d’extrême droite

Posté : 22 mai 2026 12:45
par Victor
Ils sont vraiment idiots ces syndicalistes !
Ils passent leur temps à faire de la politique contre le nouveau maire (et pas qu'un peu en le comparant au gouvernement de Vichy) et ils pensent qu'ils vont continuer à bénéficier des locaux (et subventions éventuelles) fournis par la mairie !
Franchement comment peuvent-ils être aussi neuneus ???
La seule explication possible c'est qu'ils s'imaginent "intouchables" !
Et bien non. Un petit retour sur terre ne va pas leur faire du mal.

Ils font penser, en fait, à ces "pros" du cinéma français qui insultent Canal et Bolloré et ne comprennent pas que celui-ci en tire des conséquences.

Tous ces gens hors sol ont besoin d'un bon retour sur terre.

Re: Les Bourses du travail, hauts lieux syndicaux ciblés par les mairies d’extrême droite

Posté : 22 mai 2026 12:57
par Patchouli38
Vous avez raison Papibilou, je le remarque également sur mon lieu de travail : certains syndicats facilitent la discussion avec le patronat alors que d'autres préfèrent la confrontation directe.
Je ne mets pas en doute votre expérience en la matière.

J'ai moi-même été "baisée" par un syndicat que je ne nommerai pas car je ne fais pas non plus dans la généralisation.

Il y a de cela 25 ans, je travaillais dans une grande entreprise, dans les bureaux. L'essentiel de ma tâche consistait à corriger les procédures et modes opératoires des ingénieurs qu'ils intégraient dans une application spécialisée. Avec la pratique et l'expérience, j'avais solutionné de nombreux problèmes liés au logiciel en question. J'avais également de très bonnes appréciations.

Nous avions changé de responsable de service. Le nouveau nous accueillait toujours avec de beaux sourires, mais nous faisait vite comprendre, par sa posture, que l'on était que des petites "sous-merdes", en parlant cru. Il se prenait pour le roi de l'informatique.

Seulement, un matin, il m'appelle par téléphone depuis le bureau d'un ingénieur. Ce dernier n'arrivait pas à ouvrir l'application. Le "roi de l'informatique" ne trouvait pas non plus ce qui bloquait. Bref, j'arrive dans le bureau, et tente moi-même d'ouvrir le logiciel, en vain. Après plusieurs autres essais, tous aussi infructueux, j'avançais, comme explication, un problème d'enregistrement de fichier lors de la mise en place de cette application. Bien plus tard, le service informatique confirma mon diagnostic. Ce qui n'avait pas du tout plus au responsable, ce que j'ignorai. J'avais fait mon boulot, c'est tout. Mais voilà, sans le savoir, j'avais touché au cœur l'orgueil de ce responsable qui me l'a fait payé d'une sale manière.
En parallèle de mon travail, et de manière spontanée, je créais un petit livret de problèmes/solutions du logiciel que je comptais déployer par la suite, chez les utilisateurs de cette application, avec l'approbation du responsable, bien sûr.
Quand j'ai montré mes écrits au responsable, je fus très vite convoquée chez le Directeur de la société, accompagnée du responsable.
Donc, j'ai expliqué les tenants et les aboutissants de mon petits livret, puis je suis partie une fois mon élocution terminée.
Je pensais que c'est fini, je me trompais...

Plus tard, j'appris que mon CDD n'était pas renouvelé, et les syndicats m'informèrent que, sur mon dossier, était marqué "incompétente".
Cela fut tellement injuste car il était prévu, avant le changement de responsable, que mon CDD soit renouvelé pour finir par un CDI. Et là, terminé.

J'ai fait appel à un syndicat afin d'être défendu lors de la Commission (je ne me souviens plus de toute l'affaire). Malgré cela, la Direction est restée ferme sur sa décision. Quelques jours après, je devais former ma remplaçante et je sus quelques jours après, quelle faisait partie du syndicat sensé me défendre...

Pour finir, j'appris également que mon responsable était un grand copain du directeur....

De ce fait, il y a eu double trahison : le responsable + le syndicat

Et je pense que le RN veut un syndicat à la botte du patron. Faire semblant de défendre le salarié tout en disant amen au patron. Au final, c'est le salarié qui se fait avoir doublement. Si le patronat tire les ficelles des syndicats, alors on pourra dire adieu à la pluralité.

Et c'est cette pluralité que le RN veut faire disparaître.
Que l'on n'aime pas tel ou tel syndicat ne légitime pas pour autant sa disparition.

Re: Les Bourses du travail, hauts lieux syndicaux ciblés par les mairies d’extrême droite

Posté : 22 mai 2026 14:32
par Victor
Patchouli38 a écrit : 22 mai 2026 12:57 Et je pense que le RN veut un syndicat à la botte du patron.
Vous pensez à un patron en particulier ?
Ou bien vous avez un problème avec les créateurs d'entreprises et les managers ?

Re: Les Bourses du travail, hauts lieux syndicaux ciblés par les mairies d’extrême droite

Posté : 22 mai 2026 15:46
par jeandu53
Mesoke a écrit : 22 mai 2026 07:57
jeandu53 a écrit : 22 mai 2026 06:54 Il y a une différence importante entre la gauche et la droite.

A gauche, vous voulez interdire à tous ceux qui sont un peu trop à droite pour vous d'exister et d'agir. Vous voulez leur interdire de tenir meeting, de faire des séances de dédicaces, de participer à des banquets, d'ouvrir un bar ou une brasserie d'organiser des réunions diverses et variées. Interdire les médias de Bolloré, aussi. Ce faisant, vous portez atteinte aux libertés fondamentales de vos opposants, des libertés consubstantielles à l’État de droit : liberté de réunion, liberté d'expression, droit de propriété, liberté d'entreprise. Et le pire, c'est que vous trouvez ça normal, et que vous allez donner des leçons. Mais vos leçons, vous pouvez vous les garder pour vous.

Car à droite, à l'inverse, on ne veut pas interdire. On veut juste que l'argent public soit mieux utilisé. On estime que l'argent public n'a pas vocation à financer des associations politisées, et on veut l'affecter à des missions plus utiles.
Rappelons que l'anti-syndicalisme était la base du fascisme, du vrai.

Et qu'une bourse du travail a pour objectif la défense des salariés. Ces salariés que le RN drague depuis des lustres.
Oui, le syndicalisme est utile dans le monde du travail.

Mais le RN, me semble-t-il, ne s'attaque pas aux syndicats.

Là, on parle d'organisations qui se présentent comme des syndicats, mais qui en réalité font de la politique. Donc certains élus estiment, me semble-t-il à juste titre, que l'argent public pourrait être utilisé à des fins plus utiles.

Re: Les Bourses du travail, hauts lieux syndicaux ciblés par les mairies d’extrême droite

Posté : 22 mai 2026 15:51
par papibilou
Patchouli38 a écrit : 22 mai 2026 12:57 Vous avez raison Papibilou, je le remarque également sur mon lieu de travail : certains syndicats facilitent la discussion avec le patronat alors que d'autres préfèrent la confrontation directe.
Je ne mets pas en doute votre expérience en la matière.

J'ai moi-même été "baisée" par un syndicat que je ne nommerai pas car je ne fais pas non plus dans la généralisation.

Il y a de cela 25 ans, je travaillais dans une grande entreprise, dans les bureaux. L'essentiel de ma tâche consistait à corriger les procédures et modes opératoires des ingénieurs qu'ils intégraient dans une application spécialisée. Avec la pratique et l'expérience, j'avais solutionné de nombreux problèmes liés au logiciel en question. J'avais également de très bonnes appréciations.

Nous avions changé de responsable de service. Le nouveau nous accueillait toujours avec de beaux sourires, mais nous faisait vite comprendre, par sa posture, que l'on était que des petites "sous-merdes", en parlant cru. Il se prenait pour le roi de l'informatique.

Seulement, un matin, il m'appelle par téléphone depuis le bureau d'un ingénieur. Ce dernier n'arrivait pas à ouvrir l'application. Le "roi de l'informatique" ne trouvait pas non plus ce qui bloquait. Bref, j'arrive dans le bureau, et tente moi-même d'ouvrir le logiciel, en vain. Après plusieurs autres essais, tous aussi infructueux, j'avançais, comme explication, un problème d'enregistrement de fichier lors de la mise en place de cette application. Bien plus tard, le service informatique confirma mon diagnostic. Ce qui n'avait pas du tout plus au responsable, ce que j'ignorai. J'avais fait mon boulot, c'est tout. Mais voilà, sans le savoir, j'avais touché au cœur l'orgueil de ce responsable qui me l'a fait payé d'une sale manière.
En parallèle de mon travail, et de manière spontanée, je créais un petit livret de problèmes/solutions du logiciel que je comptais déployer par la suite, chez les utilisateurs de cette application, avec l'approbation du responsable, bien sûr.
Quand j'ai montré mes écrits au responsable, je fus très vite convoquée chez le Directeur de la société, accompagnée du responsable.
Donc, j'ai expliqué les tenants et les aboutissants de mon petits livret, puis je suis partie une fois mon élocution terminée.
Je pensais que c'est fini, je me trompais...

Plus tard, j'appris que mon CDD n'était pas renouvelé, et les syndicats m'informèrent que, sur mon dossier, était marqué "incompétente".
Cela fut tellement injuste car il était prévu, avant le changement de responsable, que mon CDD soit renouvelé pour finir par un CDI. Et là, terminé.

J'ai fait appel à un syndicat afin d'être défendu lors de la Commission (je ne me souviens plus de toute l'affaire). Malgré cela, la Direction est restée ferme sur sa décision. Quelques jours après, je devais former ma remplaçante et je sus quelques jours après, quelle faisait partie du syndicat sensé me défendre...

Pour finir, j'appris également que mon responsable était un grand copain du directeur....

De ce fait, il y a eu double trahison : le responsable + le syndicat

Et je pense que le RN veut un syndicat à la botte du patron. Faire semblant de défendre le salarié tout en disant amen au patron. Au final, c'est le salarié qui se fait avoir doublement. Si le patronat tire les ficelles des syndicats, alors on pourra dire adieu à la pluralité.

Et c'est cette pluralité que le RN veut faire disparaître.
Que l'on n'aime pas tel ou tel syndicat ne légitime pas pour autant sa disparition.
Votre cas est particulier et ne peut être généralisé. Les syndicats sont composés de gens avec leurs défauts leurs lâchetés ou leur courage.
Sauf à interdire le syndicalisme, ce que je n'ai jamais entendu de la part d'un dirigeant RN, je pense que même créer un syndicat maison ne fera pas adhérer les salariés.
Je pense que tous les partis politiques de la droite radicale à la gauche radicale seraient plutôt d'accord avec votre dernière phrase.

Re: Les Bourses du travail, hauts lieux syndicaux ciblés par les mairies d’extrême droite

Posté : 22 mai 2026 16:11
par Patchouli38
Papibilou,

C'est pour cette raison que je n'ai pas nommé le syndicat concerné, par refus de la généralisation.

Dans le cas du "syndicat-maison", dans l'article que j'ai posté, il est clairement indiqué que personne n'est capable d'émettre la moindre définition de ce terme. Mais dans tous les cas, son approche est nocive.

Et le RN profite justement de ce flou pour imposer sa propre définition.

Il est bien indiqué que la forme vantée par le RN ôterait toute confédération, toute fédération aux syndicats et donc toute pluralité. Si j'ai bien compris, le syndicalisme façon RN serait rattaché au patronat, et donc soumis à lui.
En résumé, ce seront tous les mêmes à être lésés : les salariés.

Re: Les Bourses du travail, hauts lieux syndicaux ciblés par les mairies d’extrême droite

Posté : 22 mai 2026 18:10
par papibilou
Patchouli38 a écrit : 22 mai 2026 16:11 Papibilou,

C'est pour cette raison que je n'ai pas nommé le syndicat concerné, par refus de la généralisation.

Dans le cas du "syndicat-maison", dans l'article que j'ai posté, il est clairement indiqué que personne n'est capable d'émettre la moindre définition de ce terme. Mais dans tous les cas, son approche est nocive.

Et le RN profite justement de ce flou pour imposer sa propre définition.

Il est bien indiqué que la forme vantée par le RN ôterait toute confédération, toute fédération aux syndicats et donc toute pluralité. Si j'ai bien compris, le syndicalisme façon RN serait rattaché au patronat, et donc soumis à lui.
En résumé, ce seront tous les mêmes à être lésés : les salariés.
Une loi de mars 1966, de mémoire, limite le nombre de syndicats et empêche l'apparition de nouveaux syndicats.
La France ayant le taux de syndiqués le plus bas de l'UE ( on est bien 27ème sur 27 aux alentours de 3% dans le privé), est ce que de nouveaux syndicats seraient souhaitables ? C'est, semble-t-il la vision RN qui stigmatise, parfois à juste raison, des syndicats dont les délégués sont très protégés et qui bénéficient de subventions importantes pas toujours employés correctement ( rappelez vous Lepaon ex secrétaire général de la CGT et des frais de 130 000 euros pour la rénovation de son appart de fonction ou les 1 million de TVA " oubliés" par la CGT de verser au fisc,...).
Je pense que l'orientation RN n'est pas forcément la bonne mais penser que c'est mauvais parce que c'est le RN qui le propose est une mauvaise démarche intellectuelle. Il faut se garder de rejeter les idées d'ou qu'elles viennent avant de les avoir examinées.