"Le « grand plan clim’ » du RN cache mal ses errements climatiques
En pleine canicule, le parti d’extrême droite se réfugie derrière son idée phare pour masquer un manque de travail et d’ambition plus globale sur le terrain climatique.
Politique
25/06/2026 18:40
Le « grand plan clim’ » du RN cache mal ses errements climatiques
En pleine canicule, le parti d’extrême droite se réfugie derrière son idée phare pour masquer un manque de travail et d’ambition plus globale sur le terrain climatique.
Par Marceau Taburet
C’est leur proposition phare. À longueur d’interviews, les dirigeants du Rassemblement national mettent en avant leur sacro-saint « grand plan d’équipement pour la climatisation », censé aider les Ehpad, les hôpitaux et les écoles du pays à faire face aux températures caniculaires. Une manière habile d’offrir une solution concrète aux Français… qui oblige les autres responsables politiques à se positionner.
Ainsi, les Écologistes sont obligés de reconnaître que la climatisation peut être utile dans des situations d’urgence comme celle que nous traversons. Marine Tondelier le concède : il ne s’agit plus d’un « tabou ». En retour, Marine Le Pen jubile de voir cette idée qui, « il y a encore quelques semaines était qualifiée d’extrême droite », « désormais trouver écho dans toute la classe politique ».
Sauf que ce « grand plan », évoqué pour la première fois en juin 2025, n’a jamais été détaillé ni chiffré et ne figure dans aucun de leurs derniers programmes. Depuis un an, le RN n’a jamais pris la peine d’expliciter son idée, de la présenter aux Français, de la creuser… Et se trouve donc pris de court pour la développer aujourd’hui, en pleine vague de chaleur.
« Je n’ai pas le chiffrage en tête », a concédé le vice-président du parti Sébastien Chenu lors d’une interview sur TF1. « On est en train de le chiffrer », a évacué l’eurodéputé Matthieu Valet, quand Laure Lavalette a carrément renvoyé vers son collègue Jean-Philippe Tanguy : « Ça a été chiffré, vous lui demanderez, c’est lui qui a exactement tous les chiffres. » Le député de la Somme devrait organiser prochainement une conférence de presse pour en dire davantage.
Quand Le Pen décrédibilisait le Giec
Reste que
cette défense de la climatisation, qui peut rencontrer un certain écho auprès des Français,
dissimule mal un manque flagrant d’ambition et d’intérêt pour la lutte contre le changement climatique.
Depuis toujours, le Rassemblement national (ex-Front national)
se désintéresse du sujet, moquant même ceux qui s’en préoccupent. Ainsi, au début des années 2000, Jean-Marie Le Pen ironisait-il sur le « catastrophisme des Verts qui s’appuient sur l’analyse discutable de phénomènes comme l’effet de serre ».
Quand elle reprend les rênes du parti en 2011, Marine Le Pen marche dans les pas de son père en affirmant qu’elle n’est « pas sûre que l’activité humaine soit l’origine principale » du réchauffement climatique. Pas besoin de remonter très loin puisque même en 2023, la patronne du parti freinait des quatre fers toute avancée écologique, estimant que les experts du Giec « ont toujours été alarmistes ». « Des propagandistes qui ont un côté effrayant », chargeait aussi le député Hervé de Lépinau, à l’unisson de nombreux cadres qui subissent leurs anciennes déclarations comme un boomerang ce printemps.
De fait, il est un peu déconcertant de voir les principales têtes d’affiche du RN affirmer, aujourd’hui, que la France n’est pas allée assez loin en matière d’adaptation au changement climatique. Dimanche, sur france info, Sébastien Chenu invoquait les rapports du Giec pour dénoncer l’inaction du gouvernement. Le député Thomas Ménagé estimait de son côté sur France Inter qu’« il faudrait être fou pour ne pas voir l’accélération » du changement climatique. Un revirement très clair, que ses opposants ne manquent pas de taxer d’opportuniste.
Le RN et l’amour des énergies fossiles
À scruter les amendements déposés par le RN à l’Assemblée ces dernières années, on s’aperçoit effectivement qu’ils ne vont quasiment jamais dans le sens de la protection du climat et de la biodiversité. Les troupes de Marine Le Pen ont proposé de supprimer plusieurs dispositifs permettant d’adapter la société au changement de températures (l’Agence nationale de l’habitat, le Fonds vert, MaPrimeRénov’…). Sans parler de l’Ademe, chargée de promouvoir et financer des solutions pour la transition écologique.
Pourfendeur de « l’écologie punitive », le parti d’extrême droite entend aussi supprimer les réglementations liées au DPE (diagnostic de performance énergétique), se privant ainsi d’un levier qui pousse les propriétaires à rénover leurs logements. De même, il propose de supprimer le ZAN (zéro artificialisation nette), alors même que la bétonisation accroît les îlots de chaleur en ville. Quant aux autres sujets majeurs liés à l’adaptation (végétalisation, gestion de l’eau…), il ne dit rien.
Enfin, concernant les enjeux cruciaux de décarbonation et de transition, le RN est l’une des dernières formations politiques à soutenir mordicus les énergies fossiles (pétrole, gaz…) et à s’opposer au développement du renouvelable. À l’Assemblée, les troupes de Marine Le Pen votent presque toujours contre les mesures visant à réduire la consommation d’hydrocarbures en France, soutenant les voitures thermiques, les chaudières au fioul, une moindre taxation du carburant, et refusant même de réguler les méga yachts et les jets privés. Quelques déclarations ne suffiront pas à sortir de trente ans de déni climatique."
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 77235.html
Ce parti, s'il arrivait au pouvoir, abandonnerait vite son idée de climatisation à tout-va, prétextant l'endettement de la France.
Je n'ai jamais vu et lu un parti d'extrême-droite, français, européen ou extra-européen s'inquiéter du réchauffement climatique. C'est même plutôt le contraire, en s'enfermant dans un déni tout en favorisant les énergies fossiles pour cause de lobbyisme.
Le RN nous a fait déjà le coup lors de législatives de 2024, surfant sur promesse en promesse pour ensuite reculer au 2ème tour,en invoquant la dette, dette qui existait déjà au 1er tour et bien avant.
Son projet n'est rien d'autre que du pur populisme pour attirer les votes des français et mieux les berner par la suite une fois sur le fauteuil de l'Elysée.