En effet la définition précise conduit à réfléchir plus profondément que je ne l'ai fait.
https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c2045
Salaire tel que la moitié des salariés de la population considérée gagne moins et l'autre moitié gagne plus. Il se différencie du salaire moyen qui est la moyenne de l'ensemble des salaires de la population considérée.
Appliqué à la pauvreté, 60% et non 50%.
Il ne s'agit donc plus d'un salaire médian: il faut que 60 % et non plus 50 % gagnent moins que ce niveau totalement arbitraire pour être classés dans la pauvreté.
Quelle peut être la conséquence d'une augmentation des salaires situés en-dessous du seuil pour une partie des salariés et qui les ferait passer au-dessus?
Nécessairement un nouveau calcul du seuil, puisque au-dessus de lui, s'il reste inchangé, il n'y a plus 40 % mais un peu plus et en dessous du seuil moins de 60 %.
La question, si j'ai bien compris que se pose et pose Da Capo est: dans quel sens?
Hausse ou baisse du seuil?
Imaginons, pour être concret une population de 100 salariés.
Le salaire médian est de 1900 euros nets.
60 gagnent moins, 40 gagnent plus.
Grace à une augmentation de salaire, 10 gagnent un jour plus que 1900 euros nets.
Il y a donc maintenant 50 qui gagnent plus et 50 qui gagnent moins.
Pour revenir à la proportion 60/40 il faut donc RELEVER le seuil pour que 10 repassent en-dessous de celui-ci.
Ca ne fait pas les affaires des employeurs (ou de Da Capo

)....qui paient les salaires les plus en-dessous du seuil (les "bas salaires") car alors l'écart se creuse.
D'autre part, des salaires moins bas qui étaient supérieurs au seuil se retrouvent en dessous. Et ça finit par coûter cher politiquement (sentiment de déclassement de la classe "moyenne").
C'est sans doute pour cela que le patronat et la petite-bourgeoisie réactionnaire (patriote) freinent des 4 fers pour ne pas augmenter les salaires des 60 % en dessous!!!
A noter que ça ne change RIEN à la situation concrète, réelle, des salariés dont les salaires n'augmentent pas .
Il s'agit d'un artifice comptable qui fournit des chiffres destinés à évaluer une politique économique et sociale de façon purement abstraite.
Qu'il y ait de la subjectivité dans le sentiment d'être pauvre, c'est évident.
Mais il y a des facteurs objectifs dans la
situation de pauvreté que l'INSEE ignore totalement.
La difficulté croissante à couvrir ses besoins vitaux, à assumer les dépenses contraintes.
Enfin en se focalisant sur les salaires ou l'emploi
on adopte le SEUL point de vue des employeurs (celui qui compte pour les partis et les gouvernements bourgeois). On leur fournit une arme contre les revendications.
On ne peut pourtant pas isoler le montant des salaires du coût de la vie, des prix, de l'inflation.
Ces aspects devraient être traités ENSEMBLE et non pas séparément comme le fait l'INSEE.