

Gaza . Israël et le Hamas acceptent la première phase du plan de paix de Trump
L’avancée, annoncée mercredi soir par le président américain, ouvre la voie à un cessez-le-feu, à une libération des otages et à la résolution potentielle du conflit qui fait rage depuis deux ans dans l’enclave palestinienne. La presse internationale y voit une “victoire majeure” pour Trump.
“C’est un moment, avant tout, profondément humain : une explosion de joie au cœur de la nuit dans les rues de Gaza, et la foule qui danse sur la place des Otages à Tel-Aviv”, raconte la journaliste de la BBC Lyse Doucet.
Après deux ans de guerre, Israël et le Hamas se sont entendus tôt jeudi 9 octobre sur un cessez-le-feu à Gaza dans le cadre du plan de Donald Trump visant à établir une paix “durable” dans la région. “Si tout se déroule comme prévu jeudi, les derniers otages israéliens commenceront bientôt à rentrer chez eux, tout comme des centaines de prisonniers palestiniens. Les armes se tairont à Gaza, une aide supplémentaire pourra affluer, et les Palestiniens ne vivront plus leurs journées dans la crainte qu’elles soient leurs dernières”, résume la correspondante de la BBC.
C’est Donald Trump qui a annoncé l’accord de principe mercredi soir, dans un message posté sur son réseau Truth Social. Le président américain s’est dit “fier d’annoncer qu’Israël et le Hamas ont tous deux accepté la première phase” de son plan de paix pour Gaza, dans le cadre de pourparlers indirects en Égypte. “Cela veut dire que TOUS les otages seront libérés très prochainement et qu’Israël retirera ses troupes jusqu’à la ligne convenue, les premières étapes en vue d’une paix solide, durable et éternelle”, a indiqué le président américain.
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Une victoire majeure pour Trump”
“Il semble que Donald Trump ait réussi là où Joe Biden a échoué”, note Al-Jazeera. Le président américain avait promis d’obtenir la paix “plus tôt”, “mais il y est parvenu malgré tout”, observe le correspondant de la chaîne qatarie, à Washington, Alan Fisher.
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C’est une victoire majeure pour Donald Trump”, estime le journaliste de la BBC Bernd Debusmann Jr. “Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier”, le président américain “n’a cessé de répéter que la paix entre Israël et le Hamas était proche. Mois après mois, cette paix lui a échappé. Gaza, ainsi que l’Ukraine, ont continué de le hanter”, souligne le correspondant. “Si l’accord annoncé par Trump tient et que les combats cessent, l’administration [républicaine] présentera très certainement cet accord comme le point d’orgue de sa politique étrangère depuis le début de son second mandat, peut-être même davantage que les frappes aériennes” contre le programme nucléaire iranien, analyse le journaliste.
“Trump a adopté une approche différente” de celle de Biden “envers Nétanyahou, lui laissant parfois carte blanche pour agir contre Gaza, avec peu de considération pour la situation humanitaire, contrairement à l’administration” démocrate, remarque le Washington Post. “Mais il semblait également prêt à exercer une pression plus forte sur Nétanyahou que son prédécesseur, incitant le dirigeant israélien à faire des concessions”.
“Un cessez-le-feu, pas un accord de paix”
“C’est un grand jour pour Israël”, a commenté le Premier ministre israélien en remerciant Donald Trump. Il a affirmé qu’il réunirait dès jeudi son cabinet afin de “ratifier l’accord et rapatrier tous nos précieux otages”. Selon une source au sein du Hamas interrogée par l’AFP, les otages israéliens vivants, estimés à 20 sur les 47 détenus à Gaza, seront libérés en une seule fois contre près de 2000 détenus palestiniens. Et “de premières cartes ont été présentées par la partie israélienne concernant le retrait de ses troupes”.
Certains détails demeurent toutefois encore flous. “Le retour des corps des otages tués pourrait notamment prendre du retard car Israël doute du fait que le Hamas soit capable de les localiser”, remarque le Jerusalem Post.
Par ailleurs, l’accord ne mentionne pas le nom des prisonniers palestiniens qui doivent être libérés, a affirmé une source israélienne proche du dossier à Ha’Aretz. Un diplomate arabe a confié mercredi matin au Times of Israel que cette décision “ne serait prise qu’à la toute dernière minute avant la signature de l’accord, afin d’éviter des négociations interminables”. Une autre source a affirmé au site israélien que le Hamas était déterminé à obtenir la libération de l’ancien dirigeant du Fatah, Marwan Barghouti, dans le cadre de cet accord.
“Ce n’est que le début, pas la fin”, rappelle la journaliste de la BBC Lyse Doucet. “
C’est un cessez-le-feu, pas un accord de paix. D’importantes divergences restent à combler sur des questions allant des armes du Hamas à la gouvernance de Gaza, en passant par l’ampleur de la présence militaire israélienne”, insiste-t-elle, même s’il s’agit “d’un moment à célébrer”.
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