gare au gorille a écrit : 26 juin 2023 12:58
Patchouli38 a écrit : 26 juin 2023 12:45
Les petits-enfants remercieront surtout papy Corvo de leur avoir ouvert les yeux sur les mensonges et la propagande de l'extrême-droite.
Ben à ce jour ce qu'annonçait l'extrême droite du père Le Pen est devant nos yeux et ses propos n'avaient rien du mensonge et tout de la lucidité.
Il avait juste 50 ans d'avance sur un Darmanin qui est en train de constater aujourd'hui à Mayotte l'ampleur du problème.
Le Grand remplacement n'existe que dans la tête de l'extrême-droite et la vôtre et dont le père Le Pen n'en a été que le relai.
Tout les grands spécialistes réfutent cela :
"L'expression « grand remplacement » est par la suite reprise notamment par l'extrême droite française, en particulier la mouvance identitaire, tandis que le discours de Renaud Camus est jugé complotiste par certains membres du Rassemblement national, dont Marine Le Pen. Divers partis politiques français reprennent l'idée générale d'un « grand remplacement » du peuple français, comme Debout la France et certains ténors des Républicains, sans toujours se référer explicitement aux thèses de Renaud Camus. Cette expression est particulièrement médiatisée en France courant 2021 à l'initiative du polémiste français Éric Zemmour en vue de la campagne pour l'élection présidentielle française de 2022.
Les principaux arguments de cette thèse, qu'ils soient démographiques ou culturels, sont réfutés par la quasi-totalité des spécialistes, qui récusent autant la méthode dont elle émane que la logique qui la sous-tend.
Les auteurs des attentats de Christchurch, d'El Paso et de Poway en 2019 étaient des adeptes de cette théorie qui a été dénoncée comme potentiellement meurtrière. La remigration, concept qui lui est attaché, aurait pour la directrice de l'Institute for Strategic Dialogue et pour la journaliste Cécile Guérin des « implications d'épuration ethnique ». Renaud Camus se dit partisan de la non-violence, mais a été condamné pour des propos dont la justice a estimé qu'ils constituaient « une très violente stigmatisation des musulmans ».
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_remplacement
Mais bon, retournons au sujet principal. Tenez, voilà un peu de lecture :
"Eric Zemmour cite souvent un certain Robert Aron lorsqu'il veut affirmer, comme il le fait depuis 2014, que Pétain a protégé les juifs. Or Aron, qui n'était pas vraiment historien, n'a pas consulté les archives miraculeusement accumulées depuis 1943. Paxton et tous les historiens, unanimes, si."
Eric Zemmour appelle cela “la doxa dominante” depuis près de dix ans. Ou encore “la doxa Paxton”, en référence à l’historien américain Robert Paxton, spécialiste du régime de Vichy. L’expression s’est installée, en 2014, à la parution de son livre, Le Suicide français. C’est là que celui qui, entretemps, est devenu candidat à l’élection présidentielle, entreprenait déjà de réhabiliter le maréchal Pétain. Relançant en réalité une vieille thèse, dite “du glaive et du bouclier” : l’idée que, comme De Gaulle, Pétain aurait aussi concouru à protéger la France, et notamment les juifs. C’est en fait ce que défendaient, déjà, les avocats de Philippe Pétain lors de son procès.
Or c’est non seulement faux, mais c’est même indiscutable du point de vue du savoir historique. En disant “doxa”, Zemmour et ceux qui lui emboîtent le pas font bien sûr comme s’il s’agissait d’une vision, d’une représentation possible parmi d’autres… et donc un potentiel objet de confrontation. Ils sous-entendent aussi qu’on peut faire subversion, et proposer une meilleure idée du rôle de Pétain, comme si l’affaire comptait un itinéraire bis. Or justement ce n’est pas le cas, et le savoir est même très stable en la matière : il ne fait aucun doute que non, Philippe Pétain n’a pas joué double jeu dans le but secret de protéger en fait les juifs.
C’est précisément ce qu’affirment les historiens et les historiennes qui, aujourd’hui, répondent à Eric Zemmour : ce mois de février, deux nouveautés sont arrivées coup sur coup en librairie pour mettre en pièces ses instrumentalisations de l’histoire. Et en particulier ce récit alternatif du rôle de Pétain. Chez Gallimard, un petit recueil Tract a paru, Les Historiens face à Zemmour, dont André Loez, l’un des dix-sept auteurs, résumait la démarche pour France Culture, le 4 février 2022, alors que le recueil était aussitôt en rupture de stock :
Puis, chez Grasset, c’est Laurent Joly (qui fait aussi partie des 17 signataires du Tract) qui y revenait plus longuement avec un livre intitulé La Falsification de l’histoire. Le sous-titre (“Eric Zemmour, l’extrême-droite, Vichy et les juifs”) s’encastre dans un contexte porteur - et une nécessité immédiate. Mais, en réalité, le projet de ce livre-ci est plus ancien : l’éditeur, Christophe Bataille, invitait dès l’automne 2018 le spécialiste de Vichy qu’est Laurent Joly à redresser les faits et leur récit. Car voilà plusieurs années déjà que Laurent Joly, dont la thèse, soutenue en 2004, portait tout particulièrement sur le commissariat aux questions juives, tente, dans les médias et dans ses ouvrages, de répliquer depuis la science à cette version frelatée de l’histoire qui circule avec une audience renouvelée. La première édition de son livre, L'Etat contre les juifs (chez Grasset aussi), remonte à 2018.
Mais ce serait une erreur de croire que ces spécialistes contestent la version d’Eric Zemmour, ou débattent : ils lui répondent, parce que la parole du candidat d’extrême-droite porte dans l’espace public. Mais ils ne discutent pas. Pour la bonne raison qu’il n’y a pas matière à discussion : le savoir est stabilisé, et le contre-récit promu par Zemmour, officiellement et explicitement démenti par près de soixante-dix ans de travaux successifs. Zemmour, lui, cite volontiers Robert Aron, qu’il présente comme un historien iconoclaste qui aurait voix au chapitre, au même titre que tous les autres.
C’est Aron, en 1954, qui donnait un ancrage livresque à la thèse dite “du glaive et du bouclier” en écrivant par exemple, dans son Histoire de Vichy (chez Fayard) que De Gaulle et Pétain étaient “tous deux étaient également nécessaires à la France”. Aron étant juif, Zemmour capitalise à peu de frais sur cette exonération de Pétain et d’une partie des dignitaires de Vichy. Il laisse aussi accroire que ce récit reste l’une des lectures possibles parmi d’autres.
Robert Aron n’était pas historien
Sauf que, dès les années 1960, les travaux successifs d'historiens méconnus qui s'appelaient Henri Michel (un Français) ou Eberhard Jäckel (un Allemand) battaient déjà en brèche la lecture de Aron. Eux étaient historiens. Pas Aron, dont on a souvent oublié que malgré des essais historiques et des recherches après guerre sur Vichy, l’épuration ou encore la Libération, il fut d’abord un écrivain, un essayiste. Reconnu de son vivant et pas du tout outsider, certes : il sera élu à l’Académie française en 1974 - même s’il ne fera jamais son entrée sous la coupole, étant mort subitement à quelques jours de la cérémonie. Mais pas reconnu par des pairs du côté des savoirs : Aron n’était pas universitaire, mais plutôt un intellectuel issu de la mouvance du courant personnaliste d’Emmanuel Mounier, de la revue Esprit.
Aron avait d’abord combattu le totalitarisme dans les années Trente. Avant d’incarner, après guerre et à tout prix, une soif de réconciliation… qui ne tiendra qu’à coups
de sophismes (les peines pour indignité nationale sont comparées à l’épuration des juifs)
d’un relativisme forcené (le rejet de 1789 par Pétain et celui de Vichy par De Gaulle mis sur le même plan)
et d’une vraie légèreté vis-à-vis du réel (“Pétain était de mèche avec l’ambassadeur américain”, peut-on lire dans son Histoire de Vichy)."
https://www.radiofrance.fr/francecultur ... le-1377566