Joe Biden, officiellement « président élu » des Etats-Unis, fait la leçon à Donald Trump
Voilà pour ceux qui apprécient l'éthique en politique, un commentaire limpide sur le discours de Biden prononcé après qu'Hawaï, le dernier état à voter pour cause de décalage horaire, lui a accordé ses 4 voix.
306 grands électeurs en 2020, autant que Trump en 2016... mais avec plus de 7 millions de voix d'avance, contre un retard de 3 millions pour Trump cette année là
https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.html
« Notre démocratie, bousculée, mise à l’épreuve, menacée, s’est révélée résiliente, authentique et forte », s’est-il félicité. Notant qu’il avait remporté le même nombre de grands électeurs que Donald Trump en 2016, Joe Biden a rappelé que le républicain avait alors qualifié sa victoire dans le collège électoral de « raz de marée ». « Selon ses propres critères, ces chiffres représentaient alors une victoire claire, et je suggère respectueusement qu’il en va de même aujourd’hui », a-t-il ajouté alors que Donald Trump semble incapable de reconnaître sa défaite. Le démocrate dispose d’une avance de plus de 7 millions de voix sur le président sortant, qui avait été distancé dans le vote populaire par Hillary Clinton, voici quatre ans.
....
... Tout d’abord en rendant hommage aux responsables des élections stigmatisés par Donald Trump, y compris certains républicains. « Beaucoup de ces Américains patriotes ont été soumis à d’énormes pressions politiques, des insultes verbales et même des menaces de violence physique. (…) J’espère que nous ne verrons plus jamais personne soumis à ce genre d’abus », a-t-il assuré.
...
...Joe Biden a ensuite fait valoir que son adversaire avait pu engager tous les recours possibles. « A maintes reprises, les avocats du président Trump ont présenté leurs arguments devant les représentants des Etats, les législatures des Etats, les tribunaux des Etats, finalement, la Cour suprême des Etats-Unis, à deux reprises », a-t-il énuméré. « Ils ont été entendus par plus de 80 juges à travers le pays. Et dans tous les cas, aucune cause ou preuve n’a été trouvée pour infirmer, remettre en question ou contester les résultats. Quelques Etats sont allés jusqu’à recompter les votes, et tous les résultats ont été confirmés », a-t-il ajouté.
Joe Biden s’en est pris avec virulence à la tentative de saisine de la Cour suprême par le procureur général du Texas, soutenu activement par le président, par dix-sept de ses collègues procureurs d’Etat et par une majorité de représentants républicains à la Chambre. Cette plainte visait à annuler les votes dans quatre Etats disputés qu’il avait remportés. « C’est une position extrême que nous n’avons jamais vue auparavant », s’est indigné froidement le démocrate, soulignant un refus « de respecter la volonté du peuple », « de respecter l’Etat de droit » et « d’honorer notre Constitution ». « Heureusement », a-t-il poursuivi, « une Cour suprême unanime a immédiatement et complètement rejeté » ce qu’il a qualifié d’« assaut sans précédent contre notre démocratie ». « Dans cette bataille pour l’âme de l’Amérique, la démocratie l’a emporté », s’est-il félicité.
« Il est temps de nous rassembler »
Après cette ferme mise au point, Joe Biden est revenu sur la promesse faite pendant la campagne. « L’intégrité de nos élections a été préservée. Maintenant, il est temps de tourner la page, de nous rassembler », a-t-il dit en s’adressant à un pays profondément divisé. Il a noté un début de changement de ton chez des républicains du Sénat, en espérant qu’il préfigure la collaboration à laquelle il aspire pour pouvoir s’attaquer aux crises sanitaire et économique que traversent les Etats-Unis.
Après avoir longtemps refusé de lui donner le titre provisoire de « président élu » pour ne pas encourir l’ire de Donald Trump, certains élus se sont ravisés aussitôt après le vote du collège électoral. Il s’agit encore d’une minorité, mais elle est d’ores et déjà suffisante pour enterrer l’ultime espoir du président sortant : la non-certification du vote du collège électoral par le Congrès. Prévue le 6 janvier, cette étape purement symbolique précédera la cérémonie de prestation de serment de Joe Biden et sa prise de fonctions, le 20 janvier à midi.
Le souci d’apaisement exprimé par le démocrate est cependant loin d’être partagé par le président battu. Comme excédé par l’attention recueillie lundi par la consécration de son adversaire du 3 novembre, Donald Trump a d’ailleurs tenté d’exister à sa manière, en annonçant, sur son compte Twitter, quelques secondes seulement après le vote décisif de la Californie, le départ prochain de son ministre de la justice, William Barr.
Pour que ces paroles d'apaisement mais aussi de froid courroux restent gravées dans ce forum
