Moi, perso, j'adore les provocateurs, ceux qui poussent en avant les Scholtz frileux, coincés par des lignes rouges intérieures qui rassurent les milieux économiques, industriels, et c'est vrai pour les Allemands, des lignes rouges qui représentent des garanties de ne pas revivre Dresdes, par exemple, ce que je comprends parfaitement pour cette ligne rouge "mémorielle";
Mais il a raison Macron,La France ayant été de ceux là en 2022, les pays auropéens et les USA ont tant tergiversé, ralenti la cadence des fournitures (Th Breton promettait 1 million d'obus...30% ont été livrés), franchi LEURS lignes rouges qu'ils s'imposaient par 40 ans de dolce vita à l'abri de la guerre, mais avec cette parcimonie de petit boutiquier comme la livraison des missiles, des avions, des chars lourds, de dire que la présence de troupes sur le sol, annoncée comme un possible SI on veut bien se fixer comme OBJECTIF COLLECTIF que Poutine doit perdre, n'est pas irréaliste. OTAN préparer les esprits un peu lourds à la détente.
D'ailleurs cet article du Monde reprend complètement cette problématique qui se pose DEPUIS 2022, et qu'on a tenté de résoudre en passant sous silence la présence effective de soldats dont les ANGLAIS pour accompagner certains matériels.
EXTRAITS:
Cependant, les Ukrainiens accumulent depuis quelques jours les revers dans l’est de leur territoire, notamment avec la perte de la ville d’Avdiïvka, le 17 février. A l’heure où l’aide militaire américaine est bloquée par les élus proches de Donald Trump, certains Etats en première ligne face à la Russie, dont les pays baltes et la Pologne, plaident discrètement pour examiner toutes les options possibles. « Il faut toutes les préparer. C’est une décision très importante, qui doit être collective. Il faut avoir du temps pour organiser ce genre d’intervention au sol de manière progressive. Par exemple, cela peut d’abord passer par la réparation de matériel militaire sur le territoire ukrainien, avec des experts occidentaux », explique une source diplomatique européenne.
De fait, les réflexions sur l’envoi de troupes en Ukraine concernent moins, à ce stade, l’envoi de bataillons d’infanterie en tant que tels « que des militaires pour assurer des missions de déminage, des missions de santé comme de l’aide aux blessés et de renseignement », détaille une source proche du dossier. « Comme à chaque fois, il y a une option haute, une option basse et une option nulle, on planifie tout, mais il n’y a pas de décisions prises. Pour l’instant, ce sont juste des études, ajoute cette source. Le but, c’est d’envoyer un signal stratégique fort aux Russes pour leur dire : “Ne faites pas n’importe quoi”. »
Sur la scène européenne, les rares voix à soutenir la démarche sont venus des pays Baltes, en première ligne face à la Russie. En Lituanie, un conseiller du président Gitanas Nauseda, a confié que les autorités envisageaient déjà l’envoi de troupes en Ukraine, pour y former des soldats. « Nous parlons de cette possibilité et nous le faisons ouvertement. Il y a beaucoup de nuances sur ce qui pourrait se passer et dans quelles conditions », a-t-il déclaré à des journalistes. Le ministre lituanien de la défense, Arvydas Anusauskas, a également évoqué la possibilité que des troupes de l’OTAN se rendent en Ukraine à des fins de formation. Il peut y avoir « de nombreux modèles différents pour une mission de formation », a-t-il souligné, ajoutant que « différentes options sont constamment discutées ».
Sur la chaîne estonienne EER, l’ancien commandant en chef des forces armées estoniennes, aujourd’hui député, Riho Terras, a estimé qu’il était important que le sujet soit abordé, même s’il a mis en doute les motivations d’Emmanuel Macron, estimant qu’il s’agissait juste d’un « coup d’éclat » du président français : « Nous devons envisager la possibilité que Macron ait dit cela parce qu’il sait que Scholz ne peut absolument pas convaincre ses électeurs et que Scholz y est opposé. »
Certains responsables politiques allemands sont néanmoins plus proches, sur le fond, des positions de M. Macron que de celle de M. Scholz, y compris au sein de la majorité. « Même si l’on ne partage pas son avis [sur l’envoi de troupes au sol] », le président français apparaît comme « celui qui veut aller de l’avant », alors que le chancelier est « celui qui appuie sur le frein », a réagi Marie-Agnes Strack-Zimmermann, présidente de la commission de la défense du Bundestag. La veille, celle qui conduira la liste du Parti libéral-démocrate (FDP) aux élections européennes de juin s’était dite « abasourdie » par le refus de M. Scholz de donner son feu vert à la livraison de Taurus « eu égard à la situation dramatique dans lequel se trouve l’Ukraine sur le plan militaire ».
Au-delà du débat stratégique et diplomatique, les propos du chef de l’Etat sont néanmoins directement liés à des enjeux très opérationnels, qui préoccupent autant Kiev que les Occidentaux. Alors que, jusqu’à présent, une bonne partie du soutien à l’Ukraine (formation de ses militaires, réparation des matériels envoyés, etc.), a été implantée hors de ses frontières, notamment en Pologne, la pression de la guerre incite désormais les alliés de Kiev à vouloir passer à la vitesse supérieure en relocalisant une partie de cette aide directement sur le territoire ukrainien, ou sans avoir à passer par les services d’actions clandestines – notamment pour l’aide médicale ou le déminage – aux effectifs par essence limités.« Si on envoie par exemple du personnel de maintenance pour un équipement, soit on accepte sciemment qu’il soit ciblé et potentiellement tué, soit on décide de le protéger », reprend Yohann Michel. La France est par exemple confrontée à la question pour la création d’un centre de soutien en Ukraine pour les canons Caesar envoyés sur le terrain, où pourraient être dépêchés des personnels français pour la formation et la maintenance. Des négociations relativement avancées sont en cours sur le sujet entre Kiev et Paris depuis septembre 2023.
https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.html