libéralisme philosophique.
– Les principes.
Les droits naturels fondamentaux pour le libéralisme sont : le droit à la vie ; le droit de propriété ; le droit à la liberté. "Personnalité, Liberté, Propriété [...] sont antérieures et supérieures à toute législation humaine." (Bastiat)
Pour un non libéral, les 2èmes et 3èmes principes n’ont rien de naturels : ce sont des acquis sociaux liés à des formes d’organisation sociales particulière comme le montrent l’ethnologie, la sociologie et l’Histoire de l’Humanité. Nous allons voir en quoi ces principes affirmés par les libéraux sont totalement niés par le fonctionnement même du capitalisme qu’ils défendent
– Droit à le vie ?
Le capitalisme impérialiste utilise la guerre comme moyen pour perpétuer sa domination ; consacre des sommes phénoménales à l’industrie d’armement et laisse mourir de faim ou de maladies des millions d’êtres humains ; le productivisme détruit la bio-diversité.
Droit à la liberté ?
Fernand Braudel rappelle : "La notion de liberté, encore « abstraite », théorique, qui s’était élaborée de la Renaissance et de la Réforme à la Révolution, a acquis une puissance nouvelle en se formulant dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Elle est devenue doctrine avec le libéralisme"... Il ajoute à la page suivante : "Toutefois, le libéralisme, durant toute la première moitié du 19ème siècle, sert de paravent à l’avènement politique d’une bourgeoisie et d’une aristocratie d’affaires, d’une classe possédante". (Grammaire des civilisations. p.363-364).
Sans nier l’apport positif de penseurs libéraux pour défendre les libertés individuelles, il est aussi avéré que les politiques libérales soutiennent les dictatures qui arrangent leurs affaires, limitent la liberté d’expression en contrôlant les médias et les attributions de salles pour les réunions publiques des opposants au pouvoir de l’argent. De quel temps d’expression disposent les syndicats de notre pays pour développer leurs arguments à la radio et télévision ?
En revanche, concernant la liberté d’exploiter la force de travail : le libéralisme a su développer une multitude de théories économiques mais nullement une théorie de l’exploitation, et pour cause !
Droit de propriété ?
Les capitalistes considèrent ce droit comme aussi important que le droit à la vie. Ces derniers peuvent utiliser tous les moyens imaginables pour défendre ce droit, y compris la force policière et l’armée - de pays étrangers compris - contre les habitants de leur propre pays. C’est la légitimation même du système économique capitaliste : la propriété privée des moyens de production et d’échange.
De facto, la propriété patrimoniale sous toutes ses formes est hyper-concentrée dans tous les pays capitalistes. Ainsi en France, 10% des ménages les plus riches sont propriétaires de 60 % du patrimoine total de la France, et les 1 % des ménages les plus riches possèdent 25 % du patrimoine total de la France. On voit bien que ce droit de propriété s’applique d’une manière sélective
Mais la liberté d’entreprendre, pour fonder une entreprise (donc être propriétaire de ses moyens de production) est plus formelle que réelle : 91% de la population active est salariée dans la France des années 2000.
http://www.insee.fr/fr/themes/table...
Et créer une entreprise n’est pas si aisée que cela dans notre société libérale. Il faut savoir que "Près de 34% des entreprises créées en 2006 ont cessé leur activité en 2013 contre près d’1/4 pour les entreprises créées il y a 3 ans" (source : créations et défaillances d’entreprises en France. Coface)
http://www.informations-economiques...
La morale libérale ne tolère pas l’inégalité devant la loi disent les libéraux.
Pourtant, dans les régimes libéraux, on protège l’immunité parlementaire, le fait qu’il soit nécessaire de payer cher pour avoir un bon avocat. Les juges rencontrent de grandes difficultés à enquêter sur des personnes ayant une fonction économique ou politique importante comme le relate régulièrement le journal en ligne Mediapart. Tout cela montre le caractère théorique de ce principe libéral.
– L’idéologie libérale structure le droit civil.
a) Des droits civils de la révolution française.
"Positivement, la Révolution française pose, en matière civile, trois grands principes. (ils sont exposés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui sert de préambule à la Constitution du 3 septembre l79l) :
1 – le principe de l’égalité civile - art. 1 « Les hommes naissent et demeurent libres eiégaui en droit (c’est une égalité juridique, égalité abstraite, de principe, non une égalité coicrète, économique et sociale, comme on dit aujourd’hui, mais une égalité radicale, naturelle, originelle, pour tout dire « « de naissance », mot capital) ;
2 – le principe de liberté individuelle - art. 19 : « Nul ne peut être inquiété pour.ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas I’ordre public établi par la loi » ; avec une définition de la liberté d’action art.4 « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » ; et I’article 5, qui le complète, énonce : « La Îoi n’a le droit de défendre (interdire) que les actions nuisibles à la société » ;
3 – le respect de la propriété privée. L’abolition de la féodalité débouche sur la consécration solennelle de la propriété, comme droit « inviolable et sacré », par l.a Déclaration des droits dont l’article 17 est ainsi conçu : « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique légalement constatée I’exigê évidemmeni et sous la condition d’une juste et préalable indemnité ». (La réserve finale fonde I’expropriation pour cause d’utilité publique, sous contrôle judiciaire et moyennant le versement d’une indemnité préalable)." (P. 124)
(Source : Droit civil. Introduction – les personnes – les biens de Gérard Cornu – Ed Monschrétien)