Bertrand a écrit : Quand on a une arme comme ça viser la tête
Ca serait arrivé une ou deux fois je dirais pas mais là :
https://www.liberation.fr/checknews/201 ... es_1702417
82 blessés graves et cette petite salope de Nunez qui nous dit qu'il n'a aucun regret.
Consternant.
oui, d'autant plus que le fabricant lui même en parle plus comme d'une arme de guerre que d'une arme de maintien de l'ordre
avec laquelle il est très difficile de rater sa cible ... il est de plus totalement proscrit de viser la tête ... cherchez l'erreur
quelques extraits d'un article intéressant
https://desarmons.net/index.php/2019/01 ... -accident/
Franck, 20 ans, victime d’un tir de LBD 40. Il a perdu son oeil. – © Reflets
Derrière les chiffres froids des blessés, il y a des êtres humains, des souffrances, des séquelles qui resteront à vie. Franck, par exemple, a vingt ans. Le premier décembre 2018, il parlait avec sa mère au téléphone pour la rassurer alors que les manifestants étaient nassés autour de la place de l’Étoile. Il est soudain frappé au visage par un projectile tiré par un LBD 40 (lanceur de balles de calibre 40 mm), la nouvelle arme à la mode pour le maintien de l’ordre. Au cours des manifestations parisiennes couvertes par Reflets, nous avons pu constater la présence massive de cette arme dans les mains des forces de l’ordre engagées. Comme s’il était désormais impossible de contenir une manifestation sans cette arme. Qu’il s’agisse de policiers en civil ou de policiers en tenue, tous les groupes croisés disposent de ces lanceurs de balles en caoutchouc. Le LBD 40 a remplacé le “Flash Ball“. Il est plus puissant (il porte plus loin) et il est plus précis.
Comment peut-on intellectuellement justifier des mutilations à vie ?
Dans le même temps, le donneur d’ordre des forces de l’ordre, c’est à dire le pouvoir exécutif, multiplie les appels au calme de la part des manifestants et martèle que le président Emmanuel Macron a répondu très largement à leurs demandes. Dans les faits, c’est faux, mais cela conforte l’idée selon laquelle les manifestants qui continueraient de manifester n’auraient pas de raison valable de le faire. A tel point que des membres du gouvernement ont employé le terme “factieux” pour les désigner.
Difficile pourtant de voir dans les cohortes de parents, de mamies et de papys qui défilent dans les rues de Paris, de dangereux factieux… Est-ce à dire qu’une fois qualifiés de “factieux”, le gouvernement trouve intellectuellement acceptable de mutiler à vie des citoyens ?
Créer un sentiment de peur et de sidération ?
L’effet recherché par la répression violente qui s’est abattue sur les gilets jaunes est sans doute de les épouvanter pour que le nombre de manifestants baisse. Le résultat est toutefois inverse. Tous les blessés interrogés par Reflets affirment que leur détermination est renforcée.
Jim venait pour sa par de l’île d’Oléron, avec sa femme, pour participer à la manifestation du 8 décembre à Bordeaux. « On ne connaissait pas la ville. On a essayé de partir par les petites rues mais les policiers en civil bloquaient et nous tiraient dessus. J’ai voulu protéger ma femme, indique-t-il. Après… Je ne me souviens plus de rien ». Il a été victime d’un tir de LBD 40 au visage et a perdu un œil tandis que l’autre a perdu en acuité. « On m’a fait une piqûre d’adrénaline. Je me rends compte que j’ai failli y passer. Je me suis réveillé le dimanche. J’ai 15 fractures au visage et désormais, j’ai une plaque en titane sur le côté droit ». Tout comme Franck, qui a eu le crâne ouvert d’une oreille à l’autre pour passer sa plaque en titane.
Jim, blessé à Bordeaux a perdu un oeil. L’autre a perdu en acuité. – D.R.
« J’ai la rage, explique Jim. Je suis un ancien para. Si l’on vise la tête, c’est que l’on a des ordres ! 220 joules en pleine tête, ce n’est pas anodin. C’est pour faire peur aux autres. Qui radicalise l’autre ? Vous savez, tous les proches des victimes sont très en colère. Il faut changer la politique de maintien de l’ordre ». En effet…
La France fait cavalier seul en Europe avec ses méthodes de répression des manifestations. Tandis que dans certains pays, la police privilégie le dialogue pour obtenir une désescalade de la violence, la France sur-arme ses policiers et provoque parfois l’affrontement.
Au cours de chacune des manifestations que nous avons suivies depuis le 8 décembre, le processus se répète : les manifestants marchent dans le calme. Soudain, les forces de l’ordre organisent une nasse. Enferment les manifestants dans un périmètre restreint pendant une demi-heure ou une heure. La tension monte, les forces de l’ordre tirent des gaz lacrymogènes, la tension monte encore d’un cran, les affrontements deviennent plus violents, la police riposte avec des grenades de désencerclement et des tirs de LBD 40. Il ne s’agit pas de prendre parti dans un match qui opposerait les gilets jaunes aux forces de l’ordre, mais de dresser un constat objectif, basé sur une observation in situ. A chaque fois que la police a nassé sans raison apparente les manifestants, cela a dégénéré. Ce fut le cas par exemple lors de l’Acte VIII quand la police a soudain stoppé la manifestation au niveau du musée d’Orsay et de la passerelle Léopold-Sédar-Senghor. Jusque là, il n’y avait pas eu d’affrontements. A de très nombreuses reprises, l’usage des grenades de désencerclement ou les tirs de LBD étaient inutiles, la sécurité des forces de l’ordre n’étant pas mise en cause. Rien en tout cas qui ne pouvait se régler avec du gaz lacrymogène.
Plusieurs policiers interrogés par Reflets plaident l’erreur lorsque les tirs de LBD atteignent les visages. « Vous savez, en manif, vous faites des tirs réflexe, ça peut très bien atteindre le visage par erreur. Il y a de la fumée partout… Et puis on trimbale les armes dans des sacs, dans des coffres de voiture, les viseurs peuvent être déréglés », explique l’un d’eux. Mais cette théorie ne tient pas.
En effet, comme l’a relevé un internaute, les LBD 40 sont tous équipés d’un viseur électronique (holographique) de la société EOTech, réglé et scellé.
Selon le fabriquant, il est très compliqué de rater sa cible avec un tel viseur.
Selon un document de formation à l’usage des LBD mis en ligne par l’agence de presse indépendante Taranis, « le viseur électronique permet des tirs réflexe précis et rapides ou des tirs ajustés par mauvaises conditions de visibilité ».