oldeagle a écrit :
Je défends une certaine idée de l'économie. Une certaine idée du bon sens.
Je suis contre le clivage qui mène à la haine au conflit. Cela empêche de régler les problèmes.
Pas de bol : si vous défendez une idée de l'économie, une idée de son application, alors c'est de l'ordre de l'idéologie, donc du clivage.
Prenez Donald Trump. Vous conviendrez avec moi que c'est un abruti total ! Après le passage de l'ouragan (dont je ne sais plus le nom) au Texas, puis de Irma en Floride, il continu à dire que le réchauffement climatique c'est une fable des gauchistes !
Comme si l'environnement avait une opinion politique !
L'environnement n'a pas d'opinion politique non. Mais la façon dont on gère la question, oui. Défendre le libéralisme économique n'est d'ailleurs pas tellement compatible avec l'environnement, car la première philosophie repose sur une idée de croissance, etc. alors que nous vivons dans un espace restreint limités en ressources.
A sa décharge, la protection de l'environnement a été prise en otage par l'idéologie de gauche. Elle s'est enfermée dans un carcans idéologique alors que l'écologie devrait être universelle.
Tout le monde devrait être écologiste. Il n'y a pas de droite et de gauche là dedans ! J'ai croisé des amis qui me disent "t'es pas écologistes, tu ne votes pas EELV". Mais être écologiste ne consiste pas à voter pour une étiquette. C'est un état d'esprit et une manière de vivre respectueuse de l'environnement. Les sectaires de droite à qui je dis "je suis écologiste", ils me répondent "tu es donc de gauche" ! Comme si l'écologie était le domaine réservée à la gauche. Voilà où ça nous mène les conneries de clivages ! Sous prétexte que l'écologie est soit disant de gauche, alors, la droite sectaire vote contre ! Je connais des gens de droite modéré qui sont écologistes ! La politique, le clivage a pris en otage le développement durable ! Et c'est regrettable !
Mais parce que l'écologie, qui est certes une discipline scientifique avant tout, touche des questions politiques, économiques et sociales et devient de fait incompatible avec certaines ambitions. L'écologie, comme discipline descriptive de l'environnement, montre par exemple que certaines ressources sont limitées et qu'une ressource limitée ne peut être un point d'appuis à une croissance continue infinie qui, dans un environnement limité, ne peut de toute façon pas durer.
Certains croient que c'est écolo une centrale nucléaire, d'autres préfèrent le solaire et l'éolien ; certains préfèrent les hybrides et voitures électriques, d'autres les transports en commun et modes de transport individuels non-motorisés ; certains préfèrent l'agriculture biologique, d'autres les OGM adaptés à un environnement hostile ; etc.
L'écologie n'est qu'une description d'une situation, mais les solutions derrières sont éminemment politiques car touchant à notre organisation collective comme l'économie, le social, le culturel, etc.
Sur la forme, je suis pour l'idéologie macroniste, c'est à dire de dépasser les clivages de travailler ensemble pour la France !
Après, sur le fond, il y a des choses sur lesquelles je ne suis pas d'accord avec lui. C'est pour cette raison que j'ai voté blanc aux 2ème tour des présidentielles.
Sauf qu'on ne peut pas dépasser les clivages. C'est un mythe, un rêve, un fantasme. Dès qu'il existe une pluralité de solutions, il existe alors une confrontation obligatoire, une bataille des idées et des hommes pour elles. Et c'est du conflit que naît la créativité, de la compétition des idées que se développe des solutions plus intéressantes et dépassant les précédentes. Travailler ensemble sans clivage est impossible dans une société où les écarts de vie sont drastiques entre ville et campagne, fortunés et pauvres, les gens peu éduqués et les élites intellectuelles, les nombreux catégories socioprofessionnelles, etc.
Rêver d'unité dans une société aussi organique et divisée en fonctions très nombreuses comme la nôtre est un rêve d'une autre époque.