On dit souvent : "avant on a des principes, ensuite on a des enfants"
On oublie aussi bien souvent que chaque enfant est différent, que chacun a son caractère.
J'ai toujours été farouchement opposé à la "fessée cul-nu", cette punition effectivement violente et humiliante. Par contre, je n'ai aucun problème avec la "tape sur les fesses", dans la mesure où elle est plus symbolique que douloureuse et qu'elle ne devient pas une habitude.
J'ai 3 enfants, qui ont 20 mois, 3 et 5 ans. Chacun a son caractère, chacun réagit différemment face aux respect des consignes et à l'autorité, certains sont plus téméraires que d'autres, d'autres cherchent à repousser les limites avec plus ou moins de persévérance... et chacun est donc plus ou moins sensible aux différentes punitions possibles.
Personnellement, je privilégie le dialogue. J'ai pour principe d'expliquer le pourquoi du comment, de ne jamais en rester au "c'est comme ça", quitte à passer parfois de longues minutes à expliquer les raisons d'une interdiction. Quand je menace de punition, c'est à voix normale, ce qui me permet d'obtenir un effet dissuasif en simplement haussant la voix. De ce fait, j'en reste souvent à ce stade. Il me faut parfois aller jusqu'à la mise au coin, lorsque les menaces ne suffisent pas (parfois par défi, sales gosses

). Mais là encore, une fois la punition effectuée, je prends quelques minutes pour un débriefing : "Ca ne me fait pas plaisir de te punir, mais si je t'ai mis au coin, c'est pour telle et telle raison."
Et puis, dans les cas extrêmes, il y a cette tape sur les fesses. Je n'y mets aucune force. C'est un geste symbolique, sa rareté étant plus puissante que la force avec laquelle on la donne. Jusqu'à présent, j'ai du en donner 2 ou 3 par an.
Généralement, il y a 2 cas de figure :
- Toutes les autres punitions ont échoué ("Arrête d'embêter ton frère"... "Arrête d'embêter ton frère où tu vas au coin"... "Va au coin !!"... "Retourne au coin !!"... et la tape arrive après 2 ou 3 A/R au coin)
- Un danger imminent ne souffre d'aucune répétition de la menace et nécessite un geste fort et immédiat : un enfant qui traverse la rue malgré l'interdiction, ou qui persiste à jouer trop près d'un cours d'eau. Dans ce cas, il ne faut bien évidemment pas s'affranchir d'une explication à priori, mais on ne peut pas se permettre de risquer 3 ou 4 fois l'accident
Ca fait de moi un homme violent ? Ca fait de moi un homme qui règne par la terreur et règle les problèmes à coup de beignes ? Je ne crois pas que mes enfants en soient particulièrement traumatisés. Par contre la raison qui a amené à la fessée ne se représente pas durant de longs mois par la suite... C'est un exemple qui a fait réagir plus haut, mais oui, je crois qu'élever les enfants s'apparente en de nombreux points au dressage des animaux. Il faut savoir récompenser mais aussi punir, il faut savoir avoir la patience d'expliquer mais aussi savoir déterminer où est la limite et à quel moment il faut arrêter d'expliquer. Et surtout, il faut savoir s'adapter à son sujet. La philosophie de la non-violence peut être efficace pour certains mais pas pour d'autres, comme certains animaux marchent mieux à la carotte qu'au bâton ou inversement.