Kelenner a écrit :
Non, c'est tout à fait illogique que l'Etat finance des gens qui, je le répète, s'affranchissent des règles : d'une part, l'application des programmes de l'EN n'est exigée que dans le privé sous contrat; d'autre part, toutes les écoles privées ont la possibilité d'aménager les horaires, de recruter qui elles veulent sans respecter la carte scolaire et, surtout, de VIRER les élèves, ce qui bien entendu est fort heureusement interdit au public... Donc je ne vois vraiment pas pour quelle raison le contribuable devrait financer une école qui ne respecte pas les règles du jeu. Qu'on ne veuille pas les suivre, je le conçois, mais alors tu ne demandes rien à personne et tu payes tout, et pas l'obole ridicule pour se donner le genre d'être "privé"...
Après, tu peux bien penser ce que tu veux, je connais et fréquente le système depuis des années et des années, je sais exactement pourquoi les parents inscrivent leurs mômes dans le privé, donc pas à moi le coup de la vierge outragée, merci. Oui, la motivation numéro une, et de très loin, c'est la fréquentation de l'établissement : le privé, c'est la garantie que son petit chéri ne croisera pratiquement aucun arabe ou noir (et ne prétends pas le contraire, il n'y en a quasiment pas), pas davantage d'handicapé trop "gênant" d'ailleurs (ils sont refoulés à l'entrée), ni d'élève perturbateur (viré). Les profs sont moins bons que dans le public car ils ne connaissent pas la réalité du terrain, alors que la quasi-totalité des enseignants du public a fait ses armes en ZEP et sait beaucoup mieux gérer des mômes difficiles, qui dans le privé n'existent pas ou sont foutus dehors à la première occasion. Pour ce qui est de "sacrifier" des élèves, on constate que tu ne te préoccupes guère de ceux qui ne peuvent pas sortir des établissements à problème, donc garde tes leçons pour toi, tu en as sûrement fait 100 fois moins que moi pour les y aider.
L'aspect religieux, je m'en fous, je constate juste que comme tous les hypocrites tu t'accommodes de bien des choses, après ça te regarde et je n'en ai rien à cirer. Je veux juste que mon fric arrête de financer cette hérésie, point.
Je trouve vos "arguments", sinon malhônnétes, du moins "border line"...
Vous amalgamez d'une façon fort pratique pour votre discours, les établissements privés sous contrat et hors contrat... Les établissements hors contrat ont, il est vrai, une certaine liberté, mais ils ne sont que 1000 (soit 60.000 élèves en 2012) sur un total de 9000 (2,1 millions d'élèves). Par contre, les établissements sous contrat ont strictement les mêmes devoirs que les établissements publics...
Ce contrat oblige l’établissement à accueillir les enfants sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance.
En contrepartie, l’État rémunère les enseignants, qui ont réussi des concours analogues à ceux de l’enseignement public, et les collectivités publiques financent le fonctionnement de l’établissement dans les mêmes proportions qu’ils financent les écoles et les établissements publics.
L’établissement sous contrat organise l’enseignement par référence aux programmes et aux règles générales relatives aux horaires de l’enseignement public.
Pour qu’un contrat d’association soit conclu, il est nécessaire qu’un besoin scolaire soit reconnu par le recteur dans le périmètre géographique de l’établissement qui en fait la demande. Lorsqu’il a conclu un contrat avec l’État, l’établissement dispense les enseignements conformément aux règles et aux programmes de l’enseignement public.
Tous les établissements privés, quelles que soient leurs relations avec l’État, sont soumis à un régime d’inspection. Chaque établissement conserve son caractère propre par la définition qu’il donne de la vie scolaire dans son règlement intérieur.
S’agissant des enseignants, l’État prend à sa charge la rémunération de ceux qui exercent dans des classes sous contrat.
S’agissant des dépenses de fonctionnement des classes sous contrat, l’État et chaque collectivité territoriale sont tenus d’y participer dans les mêmes conditions qu’ils participent aux dépenses de fonctionnement des classes correspondantes dans les écoles et les établissements publics d’enseignement.
Quant aux dépenses d’investissement des établissements privés, elles peuvent faire l’objet d’une participation des collectivités publiques dans des conditions strictes : en règle générale, le total de leurs participations à ce titre doit rester inférieur à 10 % des dépenses annuelles de l’établissement et la participation doit répondre à certains besoins limitativement énumérés par la loi.
http://www.education.gouv.fr/cid251/les ... riv%C3%A9s
Je ne vois donc pas ce qui vous gêne, puisque vous payez exactement la même chose (et même un peu moins) pour les établissements privés et publics... Il s'agit donc pour vous d'un "simple" problème doctrinaire.
"Les profs sont moins bons que dans le public car ils ne connaissent pas la réalité du terrain"... Ah bon? Il faut connaitre la réalité du terrain, les chahut et vexations pour enseigner les math, le français ou l'histoire-géo? Z'êtes gentil, vous...!
Et oui, comme tous les "hypocrites", je m'accommode de bien des choses quand il s'agit de l'avenir de mes enfants... Je fais passer leur intérêt avant les miens... Pas vous? Ne pas le faire ferait de moi un monstre, mais sans doute, vous, vous accomodez-vous de ça? Vos mômes, si vous en avez, pourront dire fièrement "oui, je suis un semi-clodo, mais mon père n'a rien sacrifié à son idéologie laïquarde"... Et je suis persuadé que vous en êtes fier...!!! A moins, bien sûr, que vous habitiez dans une région favorisée, que vos gosses ne rencontrent aucun problème avec l'EN, et que nous ne plongiez les mains dans le "cambouis" que pour vous donner bonne conscience...