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Samedi 29 décembre, durant « l’acte VII » de leur mobilisation, des « gilets jaunes » ont scandé des slogans hostiles devant plusieurs médias nationaux.
La veille, la diffusion de titres de Ouest-France avait été partiellement bloquée.
Des gilets jaunes devant les locaux de France Television, à Paris samedi 29 décembre.
Aux cris de « journalistes collabos » ou de médias « fake news », plusieurs centaines de gilets jaunes se sont regroupées, samedi 29 décembre, devant l’immeuble de BFM TV, mais aussi de France Télévisions, Radio France ou encore Europe 1. Boulevard de Grenelle, à Paris, plusieurs automobiles et une moto ont pris feu devant le siège des journaux Le Parisien et Les Échos. Dans ce contexte, l’incident est apparu suspect, mais le lendemain, une source policière confirmait son origine « accidentelle ».
Médias et gilets jaunes : pourquoi tant de haine ?
La distribution d’une partie de Ouest-France empêchée
Autre charge, cette fois dans la nuit de jeudi à vendredi : 180 000 exemplaires de Ouest-France, du Courrier de l’Ouest et de Presse-Océan n’ont pu être distribués, notamment en Loire-Atlantique et Vendée, après le blocage d’une imprimerie au sud de Nantes, par « une vingtaine de manifestants » en gilets jaunes. Ils s’estimaient « mécontents de la couverture du mouvement, déplorant que certains aient pu être taxés d’antisémitisme suite aux incidents survenus le week-end » des 22 et 23 décembre, selon la direction du groupe. Cette dernière a déposé plainte.
« Le blocage de l’imprimerie de Ouest France n’est pas acceptable. On ne peut à la fois vouloir prendre la parole dans le débat public et la refuser pour les autres », a tweeté Bruno Retailleau, sénateur LR de Vendée. « S’attaquer à la presse, c’est s’en prendre à l’un des piliers de notre démocratie. STOP ! », a renchéri Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. À l’opposé, d’autres voix appellent à entendre et à analyser la « grosse colère » qui s’exprime vis-à-vis des médias.
Benjamin Griveaux
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@BGriveaux
Depuis des semaines des journalistes sont agressés. Il y a 2 jours des extrémistes empêchaient la distribution de @OuestFrance. Aujourd’hui, ils s’en prennent @BFMTV @radiofrance @CNEWS.
S’attaquer à la presse, c’est s’en prendre à l’un des piliers de notre démocratie.
Confusion entre information et communication
Selon l’ancien journaliste et observateur des médias, Antoine de Tarlé, certaines critiques sont légitimes. Celui-ci évoque une « couverture trop parisio-centrisme de l’actualité » à l’image de l’« affaire Benalla » et trop peu de « sujets sur le malaise social de la France profonde ». C’est bien pourtant ce déficit d’écoute que BFM TV avait souhaité combler en parlant très tôt des « gilets jaunes », selon Cécile Pigalle, sa directrice de la rédaction. « Mais la chaîne a déraillé en tendant trop facilement son micro, avant de se ressaisir il y a deux semaines », estime Antoine de Tarlé, qui est aussi collaborateur au site de réflexion Telos.
« Une part des gilets jaunes voudrait que l’on fasse leur publicité, dans une confusion totale entre information et communication, remarque-t-il encore. Le paradoxe, c’est que des proches du gouvernement accusent précisément les médias d’en faire trop sur eux ! »
Samedi soir, le Syndicat national des journalistes (SNJ) a, pour sa part, invité « un sursaut citoyen », en s’adressant à divers acteurs de cette crise : le mouvement des gilets jaunes, lui-même, les « responsables politiques de tous bords » qui justifient ces actes de violence, mais aussi les « directions et hiérarchies des médias », « trop souvent complaisantes avec le sensationnalisme, au nom, poursuit le SNJ, de la course à l’audience, au détriment de la réflexion journalistique ». Un débat ouvert pour 2019.
« Les gilets jaunes veulent un journalisme “ami” »
Alors que BFM TV a refusé, lundi 7 janvier, de couvrir l’actualité des « gilets jaunes » en raison des agressions subies par certains journalistes, le lien entre le mouvement et la presse semble rompu. Seuls quelques médias ont la faveur des manifestants qui, par ailleurs, se lancent eux-..