UBUROI a écrit : La réalité française est la suivante: le social se négocie dans le cadre de la politique contractuelle: la CFDT, mon syndicat, a perdu ses radicalisés...qui ont formé leur entité, dont SUD, qui est un syndicat qui ne pèse pas grand chose. C'est la CFDT qui va peser dans la réforme des retraites, pas Sud. D'ailleurs, les carrières longues c'est la CFDT, n' en déplaise à notre mosellan pseudo GJ et teuton par alliance!
Les GJ n'ont pas compris la complexité des enjeux; réduire le politique au niveau culturel d'un manga, c'est du populisme pur Bardella.
Dans ma vie j'ai négocié des accords d'entreprise: et les seuls qui tenaient la route face aux DRH rigolards, ce n'étaient pas les braillards ni les sous formés de la CGT et de FO.
La violence est donc un leurre: c'est l'expression de l'impuissance et de l'acculturation. Par contre les grèves, les manifestations en masse sont démocratiques et permettent des résultats louables (Chirac s'en souvient). Arracher QQchose par le viol est barbare et rapproche les violents et violeurs des talibans.
Tenir un meeting "à la Boulo", c'est fastoche et encore! Tenir un micro c'est bandant; mais signer un accord c'est autrement plus difficile. Suffit d'entendre 18 GJ ensemble pour comprendre d'où on part!
Il ne s'agit pas de comparer les actions syndicales avec celles d'un mouvement de contestation ; les luttes individualistes ont assez duré et il faut prendre conscience que leur dissémination est le principal frein à de véritables avancées, voire favorise le pire.
Loin de moi l'idée d'amoindrir l'action syndicale, mais le fait est qu'elle n'empêche plus grand chose parce qu'elle est tributaire de ses leaders ...
les ordonnances de réforme du Code du Travail et du chômage sont tombées, celle des retraites est en cours ... avec une protection du salarié qui a déjà fondu comme neige au soleil ... les syndicats ont peut être empêché que ce soit pire, mais la situation actuelle n'a rien de glorieux ...
On a invoqué le prétexte de la situation économique pour justifier la casse sociale, quand dans le même temps, on faisait cadeau de milliards aux entreprises et nantis de ce pays ; c'est ce décalage qu'il faut pointer du doigt, et non le mouvement de contestation qui a le courage de le dénoncer.
La violence est essentiellement infiltrée, ce n'est pas l'esprit de la majorité du mouvement qui, je le rappelle, était composé initialement de femmes et d'hommes, quasiment à proportion identique ... 57% d'actifs, 21% de retraités, 11% de chômeurs ...
ce n'est pas vraiment le tableau d'un mouvement violent
On a fait fuir ces pacifistes à coup de répression policière disproportionnée, restent aujourd'hui les moins fragiles, les plus déterminés ... grâce ou à cause de cette répression ; mais les autres n'ont pas disparu, ils sont juste en veille
il s'agit aujourd'hui de trouver d'autres modes d'actions imparables, que ce soit en terme d'infiltration comme de répression
François Boulo est brillant, tant en matière juridique (son métier) qu'en matière économique ; il faut au contraire se réjouir que le mouvement soit appuyé par des pros de son acabit, c'est ce qui lui apportera progressivement une crédibilité incontestable capable de se mesurer aux bonimenteurs de toutes provenances.