Page 3 sur 3

Re: Comment la réforme du lycée a eu la peau des maths

Posté : 30 novembre 2020 12:42
par Victor
Brouette a écrit : 28 novembre 2020 15:17
C’est un chiffre inédit que « L’Obs » vous dévoile et qui donne le tournis au pays de Descartes et de… Cédric Villani : les élèves de terminale (générale) ne sont plus que 58 % à étudier les maths en terminale. Là où ils étaient 92 % l’année dernière. Et encore, nous sommes généreux : selon les données auxquelles nous avons eu accès, sur ces 58 % de futurs bacheliers, seuls 14 % d’obstinés cumulent la spécialité maths (de six heures) et l’option maths experte (de trois heures), dépassant les horaires de feu la terminale S option maths (qui en prévoyait huit). Tandis qu’à l’autre bout du spectre, 17 % se contentent de suivre l’enseignement optionnel de trois heures « maths complémentaires » qui ne fait l’objet d’aucun examen et peut donc être suivi avec une assiduité toute relative.
https://www.nouvelobs.com/education/202 ... maths.html
Quel est finalement l'objectif de cette dernière réforme du bac ?
D'augmenter le nombre de bachelier ?
D'arrêter de sélectionner par les maths alors que dans de nombreux domaines, on n'utilise pas de maths pointues ?
Je pense par exemple à tout ceux qui vont s'orienter vers le droit, le commerce, la communication.

Il y a effectivement tout un tas de domaine où il faut un bon niveau en maths et particulièrement en stats (économie, sciences humaines, sociologie, etc.).
Mais peut-être que l'on avait beaucoup trop utilisé les maths comme outil de sélection ?

Re: Comment la réforme du lycée a eu la peau des maths

Posté : 30 novembre 2020 13:03
par oldeagle
jabar a écrit : 30 novembre 2020 12:40
Mickey a écrit : 29 novembre 2020 11:23 En même temps, les maths sont elles réellement nécessaire pour tout le monde. L'éducation nationale ferait mieux de se concentrer sur l'apprentissage du français qui est le minimum requis pour survivre en France.
Les mathématiques aident à tout. Elles aident aussi à la langue. Elles imposent une rigueur de pensée, une structure de l'esprit qui facilitent l'acquisition des règles grammaticales. Quelqu'un de bon en maths aura toujours une excellente connaissance du français, en tout cas c'est mon sentiment. Outre leur bénéfice plus large: acquérir le goût de la persévérance, avoir plus de sens critique et de circonspection, et même naviguer plus facilement dans les problèmes du quotidien.

Pour répondre à Old Eagle au passage, rendre les maths ludiques n'est pas une solution. A part quelques problèmes simples à base de probabilité, il y a des limites à ce qu'on peut rendre ludique en mathématiques. Les mathématiques ont constitué l'essentiel de mon éducation, et avec du recul, la chose que je regrette est le manque d'enseignement de la visualisation des mathématiques.

Un exemple, un jour un prof de maths nous a donné un exercice improvisé, une équation monstrueuse à résoudre en 15 minutes à peu près. On a tous complètement foiré l'exercice, pas un n'a trouvé la solution. Le prof nous a expliqué notre erreur. On était tous partis bille en tête à travailler sur l'équation au lieu de visualiser sa courbe. Si on avait pris une seconde pour visualiser la courbe de ce type d'équation, nous aurions vu qu'elle était hyperbolique sans solution à 0. L'exercice pouvait donc se résoudre en 2 secondes.

Les mathématiques sont superbement clarifiées quand elles sont regardées. Elles peuvent être ludiques en soi mais comme l'est le plaisir d'un pianiste de haut niveau, il n'y a pas de voie magique, il faut bosser, bosser, bosser.
Ce discours me fait bien rire ! Est ce que je dois faire une équation à deux inconnues pour enfiler mes chaussons ?
J'ai besoin de faire un algorithme pour me brosser les dents ?

Il y a d'autres moyens de travailler la langue, il n'y a pas que les maths.

Tu n'es pas d'accord avec Cédric Villani qui a la médaille Fields, ce qui n'est pas rien ! Et qui prône une pédagogie ludique pour les mathématiques !
Je suis d'accord avec lui !

Si j'avais eu des profs qui avaient eu une manière ludique d'enseigner les maths, j'aurai été bon dans cette matière !

Re: Comment la réforme du lycée a eu la peau des maths

Posté : 30 novembre 2020 13:19
par jabar
oldeagle a écrit : 30 novembre 2020 13:03
jabar a écrit : 30 novembre 2020 12:40

Les mathématiques aident à tout. Elles aident aussi à la langue. Elles imposent une rigueur de pensée, une structure de l'esprit qui facilitent l'acquisition des règles grammaticales. Quelqu'un de bon en maths aura toujours une excellente connaissance du français, en tout cas c'est mon sentiment. Outre leur bénéfice plus large: acquérir le goût de la persévérance, avoir plus de sens critique et de circonspection, et même naviguer plus facilement dans les problèmes du quotidien.

Pour répondre à Old Eagle au passage, rendre les maths ludiques n'est pas une solution. A part quelques problèmes simples à base de probabilité, il y a des limites à ce qu'on peut rendre ludique en mathématiques. Les mathématiques ont constitué l'essentiel de mon éducation, et avec du recul, la chose que je regrette est le manque d'enseignement de la visualisation des mathématiques.

Un exemple, un jour un prof de maths nous a donné un exercice improvisé, une équation monstrueuse à résoudre en 15 minutes à peu près. On a tous complètement foiré l'exercice, pas un n'a trouvé la solution. Le prof nous a expliqué notre erreur. On était tous partis bille en tête à travailler sur l'équation au lieu de visualiser sa courbe. Si on avait pris une seconde pour visualiser la courbe de ce type d'équation, nous aurions vu qu'elle était hyperbolique sans solution à 0. L'exercice pouvait donc se résoudre en 2 secondes.

Les mathématiques sont superbement clarifiées quand elles sont regardées. Elles peuvent être ludiques en soi mais comme l'est le plaisir d'un pianiste de haut niveau, il n'y a pas de voie magique, il faut bosser, bosser, bosser.
Ce discours me fait bien rire ! Est ce que je dois faire une équation à deux inconnues pour enfiler mes chaussons ?
J'ai besoin de faire un algorithme pour me brosser les dents ?

Il y a d'autres moyens de travailler la langue, il n'y a pas que les maths.

Tu n'es pas d'accord avec Cédric Villani qui a la médaille Fields, ce qui n'est pas rien ! Et qui prône une pédagogie ludique pour les mathématiques !
Je suis d'accord avec lui !

Si j'avais eu des profs qui avaient eu une manière ludique d'enseigner les maths, j'aurai été bon dans cette matière !

J'ai oublié une grande partie de ce que j'ai appris, bien que je m'en serve encore dans mon métier.
Ce que je veux dire, est que les mathématiques ont un effet très profond dans l'esprit d'un individu. Je ne parle pas de l'intérêt de résoudre une équation, mais des changements qu'elles occasionnent dans la façon de penser d'un être. Elles changent la façon dont on aborde les problèmes du réel, elles donnent une volonté d'acier, elles donnent une confiance en soi qu'on acquiert quand on finit par acquérir des sujets qu'on croyait hors de notre portée. Elles sont extrêmement utiles dans le modelage d'un individu, bien au delà des X et des Y.

Tu ne peux pas rendre les mathématiques ludiques, sauf pour des choses très simples. Cela ne veut pas dire qu'on a pas de plaisir en faisant des mathématiques, moi j'en avais beaucoup. Mais le ludique ne peut pas être une porte d'entrée sérieuse aux maths.

Re: Comment la réforme du lycée a eu la peau des maths

Posté : 30 novembre 2020 13:54
par oldeagle
jabar a écrit : 30 novembre 2020 13:19
oldeagle a écrit : 30 novembre 2020 13:03

Ce discours me fait bien rire ! Est ce que je dois faire une équation à deux inconnues pour enfiler mes chaussons ?
J'ai besoin de faire un algorithme pour me brosser les dents ?

Il y a d'autres moyens de travailler la langue, il n'y a pas que les maths.

Tu n'es pas d'accord avec Cédric Villani qui a la médaille Fields, ce qui n'est pas rien ! Et qui prône une pédagogie ludique pour les mathématiques !
Je suis d'accord avec lui !

Si j'avais eu des profs qui avaient eu une manière ludique d'enseigner les maths, j'aurai été bon dans cette matière !

J'ai oublié une grande partie de ce que j'ai appris, bien que je m'en serve encore dans mon métier.
Ce que je veux dire, est que les mathématiques ont un effet très profond dans l'esprit d'un individu. Je ne parle pas de l'intérêt de résoudre une équation, mais des changements qu'elles occasionnent dans la façon de penser d'un être. Elles changent la façon dont on aborde les problèmes du réel, elles donnent une volonté d'acier, elles donnent une confiance en soi qu'on acquiert quand on finit par acquérir des sujets qu'on croyait hors de notre portée. Elles sont extrêmement utiles dans le modelage d'un individu, bien au delà des X et des Y.

Tu ne peux pas rendre les mathématiques ludiques, sauf pour des choses très simples. Cela ne veut pas dire qu'on a pas de plaisir en faisant des mathématiques, moi j'en avais beaucoup. Mais le ludique ne peut pas être une porte d'entrée sérieuse aux maths.
Je vais prendre deux exemples :
Quand je joue aux Echecs, je fais des maths !
Quand je joue au Whist, je fais des maths !

C'est ludique, je fais des maths sans m'en rendre compte, donc, c'est sympa.

Les mathématiques, c'est une question de passion. Si on a la chance de tomber sur un prof qui vous fait aimer les maths, alors, vous serez bon.
Je n'ai pas eu cette chance, mais je l'ai eu en Histoire. L'Histoire, avant le CM1, ça me faisait plutôt chier. Et quand je suis rentré en CM1, je suis tombé sur un enseignant qui nous contait l'Histoire de France comme personne. C'était passionnant. Il racontait l'Histoire comme si il l'avait vécue.

Depuis, j'aime l'Histoire grâce à cet enseignant qui m'a marqué !