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A l’orée de 2018, le Japon compte 127 millions d’habitants. Un chiffre qui pourrait sembler conséquent lorsqu’on le met en relation avec la superficie de ce petit pays. En effet, on parle souvent de surpopulation lorsqu’il s’agit d’évoquer la démographie nippone. Le grand Tokyo représente à lui seul près de 43 millions d’habitants, ce qui en fait la 2e ville la plus peuplée du monde.
Mais ces chiffres cachent une réalité bien différente : lors des 7 dernières années, la population nippone n’a fait que décroître et le pays a perdu entre 200 000 et 300 000 habitants par an. En 2017, le pays a enregistré 944 000 naissances pour 1 296 000 décès. C’est la première fois depuis 1899 que le nombre de naissances passe sous la barre du million.
Pire, quand on regarde les statistiques prévisionnelles du Ministère concernant l’évolution de la population japonaise, on constate qu’à ce rythme, le Japon ne comptera plus que 100 millions d’habitants en 2053, à peine 50 millions en 2115.
Evidemment, cette crise a un impact important sur la société japonaise. Quelles sont les conséquences actuelles et futures de ce déclin de la population ?
Les conséquences d’un déclin inévitable
Dans un pays considéré comme surpeuplé, une baisse du taux de natalité peut être positive et dans certains pays, cela permettrait, par exemple, de réguler le taux de chômage. Mais au Japon, le chômage est quasi inexistant (< 3%) : « Ici, cette baisse permet surtout de continuer à être motivés pour faire augmenter notre productivité » affirmait le premier ministre Shinzo ABE.
Au Japon, actuellement, les plus de 65 ans représentent près de 30% de la population et le pays est toujours celui dont les habitants possèdent la plus longue espérance de vie au monde : elle est de 83.7 ans pour les deux sexes. Un vieillissement de la population qui ne semble pas inquiéter les dirigeants qui essaient d’offrir des solutions adéquates pour garder les seniors dans les meilleures conditions de vie, le plus longtemps possible. Mais ce qui est considéré comme un atout par le Premier Ministre présente pourtant des signes d’inquiétude pour le futur du pays.
Au niveau économique, un état qui compte de plus en plus de personnes âgées doit faire face à un coût croissant des dépenses en matière de retraite et de sécurité sociale. Or, qui paiera, si les jeunes actifs ne sont plus assez nombreux pour financer leurs aïeux ?
Un autre problème auquel est confronté le pays est le dépeuplement de ses campagnes. Si les grandes métropoles attirent les travailleurs et ceux qui veulent un train de vie moderne, les petites villes japonaises se meurent. Les commerces ferment, tout comme les écoles qui ne comptent parfois qu’un écolier par niveau. Peu à peu, les petits villages ne seront bientôt plus que des enchaînements de maisons vides, sans aucune âme pour les habiter.
Même Tokyo ou Osaka ne sont pas épargnées pas ce syndrome des maisons fantômes. Le nombre de logements inoccupés est en constante augmentation depuis 20 ans dans les villes et dans les campagnes, et atteint désormais plus de 8 millions sur l’ensemble du territoire, tout simplement parce qu’il n’y a plus assez de monde pour les occuper. Ces bâtiments qui deviennent insalubres posent des problèmes sanitaires et présentent des risques pour ceux qui vivent aux alentours, mais ils représentent également un coût supplémentaire pour le gouvernement qui doit les détruire ou trouver une manière de recycler.
Mais le déclin démographique du Japon inquiète pour une raison majeure : à ce rythme, le pays sera vide dans 1000 ans. S’il peut être fantaisiste d’imaginer un scénario catastrophe à si long terme, cela permet surtout de mettre en lumière la vitesse inédite à laquelle le pays se dépeuple. C’est une situation qu’aucun pays contemporain n’a eu à affronter jusqu’ici et il est intéressant d’en comprendre les causes.
Pourquoi la population ne se renouvelle plus ?
Le taux de natalité au Japon est de 1.44 enfant par femme alors qu’il devrait être à 2.1 pour que la population se renouvelle. Ce taux place le Japon parmi les plus mauvais élèves mondiaux en termes de natalité. Mais pourquoi les japonais ne font plus d’enfants ?
Les couples semblent consacrer beaucoup de temps à leur travail et les plus jeunes estiment que faire un enfant coûte très cher et qu’il faut lui consacrer un temps qu’ils n’ont pas, ou qu’ils souhaitent utiliser pour leur bien être personnel. Cet état de fait n’est pas limité au Japon, puisque c’est un constat que font de plus en plus de pays civilisés qui voient leur taux de natalité baisser. Mais au Japon, une société ou la communauté prime sur l’individualisme, c’est une tendance nouvelle.