Hdelapampa a écrit : 11 octobre 2023 17:07Vous oubliez l'estime de soi.
Les élèves en sont pourvus, figurez-vous.
Ce sont des êtres humains, des personnes.
Les enseignants ne cachent pas aux élèves, contrairement à une légende urbaine, qu'apprendre nécessite des efforts.
Ben c'est super: assumez donc le résultat actuel.
Oh, ils ont une belle estime de soi, côté narcissisme, on doit être bien servi.
Dommage que cette estime de soi ne repose sur rien de réel. L'estime de soi, c'est mieux si elle repose sur une appréciation de la réalité: en constatant que quand ils travaillent, leurs résultats s'améliorent, par exemple.
Ce qui serait motivé par un enseignant (et des parents) qui leur expliquerait que leurs résultats sont insuffisants.
Et que s'ils sont insuffisants, c'est parce qu'il y a un certain niveau attendu à atteindre.
Mais pourquoi le faire quand on peut mettre en place tout un système pour cacher la réalité du niveau des gosses à tout le monde?
Puis un jour, ces mêmes élèves arrivent à un véritable examen, à une véritable sélection, et les gosses se font complètement laminer.
Ou pire: on abaisse le niveau des sélections pour s'accomoder de la baisse de niveau des candidats.
Comme dans le recrutement des enseignants de l'Education Nationale! Actuellement, on est en plein dedans.
Les enfants sont des êtres humains qu'on éduque et élève. Cette méthode consistant à dissimuler la réalité, c'est les mettre dans du coton pour les protéger de la réalité.
Le bon sens voudrait qu'on les prépare à la réalité, qu'on leur donne des outils pour l'affronter, voire même le truc insensé, qu'on leur explique qu'ils peuvent améliorer leur réalité! Par le travail et l'effort.
Mais non, il vaut mieux préserver leur estime de soi.
Quel est le but de la notation comparer les élèves?
La notation sert à les évaluer. Evaluer leur niveau. Surprenant, non?
Et cela pour déterminer si les savoirs sont acquis. Quelle surprise encore!
Ils font se retrouver, plus ou moins publiquement, avec une belle collection de très mauvaises notes.
Bravo, grâce à la méthode que vous approuvez, ils ont une collection de bonnes notes... qui ne veulent rien dire, car dans la réalité, ils sont mauvais.
J'ai un groupe de connaissances qui enseigne au collège et que je trouvais un peu dur parce qu'ils se demandent régulièrement ce que font les enseignants du primaire pour que les gosses qui arrivent jusqu'à eux souffrent de lacunes aussi colossales... Il suffirait de cinq secondes de discussion avec vous pour comprendre.
Beaucoup d'enseignants ont un coeur et se comportent en "êtres humains": ils cherchent à éviter les humiliations et la réussite du plus grand nombre possible d'élèves (qu'ils apprennent tous).
On a le résultat de vos théories et de vos expérimentations, cela se déroule sous nos yeux ébahis.

Les élèves de CM2 d'aujourd'hui ont un niveau de mathématiques correspondant au niveau moyen
des 20-30% les plus mauvais d'il y a 30 ans.
AUCUN élève d'aujourd'hui n'a un niveau équivalent au 5% de meilleurs élèves d'il y a 30 ans.
Et vous, vous trouvez que c'est insuffisant... Tout le monde "progresse", comme on le constate.
Et j'ai montré les maths parce que c'est documenté sur 30 ans et flagrant, mais on a aussi un super résultat en maîtrise du français:

En 20 ans, on est passé de 15% des élèves avec un faible niveau de compréhension de l'écrit à plus de 20%.
Si le Ministère avait suivi vos idées, on pourrait sûrement atteindre 30, 40, peut-être même dépasser les 50%...
Mais bien sûr les évaluations nationales donnent les mêmes exercices à tout le monde et mesurent le niveau du groupe.
Voilà le coeur de vos justifications. Il y a le même attendu pour tous les élèves, évidemment qu'ils passent tous les mêmes évaluations.
S'ils n'ont pas le niveau, cela peut paraître étonnant, mais il faudrait peut-être qu'ils ne soient pas arrivés dans la classe demandant ce niveau de maîtrise. Ou que le système éducatif les ait poussés à travailler, à s'améliorer, à donner le meilleur d'eux-mêmes pour y arriver.
Mais on comprend en vous lisant que le système éducatif prend les gosses pour des bibelots à envelopper de papier bulle pour qu'aucun de leur sentiment ne soit froissé. Cela explique totalement l'état d'une grande parties des dernières générations.
Et ce que vous passez sous silence, c'est que cette méthode est bien pratique pour ne plus avoir les parents sur le dos: on fait avancer les gosses même s'ils sont nuls.
Et je devine déjà que vous vous imaginez que je souhaite que l'on fouette les élèves, qu'on leur fasse porter des bonnets d'ânes et je ne sais quoi d'autre.
En fait, j'ai un principe simple: que l'on dise la vé-ri-té aux gosses. Et que cette vérité soit retranscrite dans leur résultat.
Que les profs fassent preuvent de pédagogie et de psychologie, bien sûr. Mais pas qu'ils se transforment en psychanalyste à étendre les gosses sur des canapés de peur qu'ils fassent une syncope.
Entre la tyrannie et votre monde de peur de faire du mal à ces pauvres petites choses, et il faut le nommer pour ce qu'il est, votre monde de lâcheté, il y a un juste milieu qui ne pourra que bénéficier à tout le monde. Et en premier lieu, aux gosses.