Le 87e prix Albert Londres décerné à la journaliste Julie Brafman de "Libération"
Les lauréats du prix Albert Londres ont été dévoilés, samedi.
Depuis Beyrouth au Liban, le président du prix Albert Londres, Hervé Brusini, et les membres du jury ont dévoilé, samedi 25 octobre, la sélection 2025 de ce prix, créé en 1933 en hommage au journaliste français Albert Londres, père du grand reportage moderne.
Le 87e prix de la presse écrite est décerné à la journaliste Julie Brafman de Libération, a appris France Inter(Nouvelle fenêtre) auprès des organisateurs de la plus prestigieuse récompense du journalisme francophone. Journaliste au service Enquête du quotidien, Julie Brafman est spécialiste justice et chroniqueuse judiciaire à Libération depuis 2016. Elle a récemment couvert le procès Le Scouarnec. Elle a déjà été présélectionnée à plusieurs reprises par le jury.
"Un style incroyable, un choix des mots, chacun pesé"
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Julie Brafman, c'est une incongruité totale dans l'histoire du prix, parce que c'est une chroniqueuse judiciaire et c'est extrêmement rare", commente au micro de France Inter le président du prix Albert Londres, Hervé Brusini. "Brafman, c'est un style incroyable, un choix des mots, chacun pesé. C'est quelqu'un qui voit des choses que vous dans la même enceinte judiciaire, vous ne voyez pas. Elle vous donne si remarquablement à voir par l'écriture, qui est en adéquation avec la justice, une pièce de théâtre où se joue le sort des personnes, la vie, la mort, la privation de libertés.
Cette gravité-là est décrite avec un luxe sobre de mots magnifiques", poursuit-il.
En 2024, c'est la journaliste du Monde Lorraine de Foucher qui avait remporté ce prix pour ses reportages et enquêtes sur les viols de Mazan, les migrantes violées mais aussi les victimes de l'industrie du porno. Le prix est accompagné de 5 000 euros pour chacun des candidats, qui doivent être âgés de moins de 41 ans.
Le 9e prix du livre revient à Elena Volochine pour son livre Propagande. L'arme de guerre de Vladimir Poutine, publié aux éditions Autrement. Le 41e prix audiovisuel récompense quant à lui Jules Giraudat et Arthur Bouvart pour leur création documentaire "Le Syndrome de la Havane", en quatre épisodes disponibles sur Canal+.
"L'engagement incroyablement rigoureux"
"Elena Volochine c'est l'engagement incroyablement rigoureux, c'est quelqu'un d'une humilité absolue", explique Hervé Brusini. Selon lui, "elle écrit en mélangeant ses reportages - la propagande, la Russie, un peuple qu'elle connaît bien car elle est d'origine russe - et toute une partie d'analyse, d'éléments d'informations". "Ça donne un livre qui est une somme. C'est rare que nous ayons eu des livres à ce point complets, aboutis", poursuit le président du prix.
Concernant le prix audiovisuel décerné à Jules Giraudat et Arthur Bouvart, Hervé Brusini évoque "une investigation menée avec un talent à l'image de folie". "C'est remarquablement fait. Le découpage de la montée en puissance est lui aussi remarquable. Ces deux garçons, ça fait plusieurs fois qu'on les repère, eux aussi ont un engagement." Tous deux ont en effet participé à la création de Forbidden Stories et ont piloté les enquêtes du réseau de journalistes. Ils ont aussi réalisé deux documentaires consacrés au meurtre de la journaliste Daphne Caruana Galizia, "Daphne, celle qui en savait trop" (France 2, 2018), présélectionné au Prix Albert Londres, et "Malte, au nom de Daphne" (France 5, 2021), Prix RSF pour les droits humains au Figra.
https://www.franceinfo.fr/societe/le-87 ... 75184.html