Page 3 sur 3

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 15:09
par papibilou
Essayons de définier l'assistanat sans idéologie:
L'assistanat concerne celui qui a les capacités de contribuer à la production de richesse du pays et s'y refuse en espérant que l'assistance publique pourvoira à ses besoins par la redistribution.
Si vous êtes d'accord avec cette définition, je pense que tout le monde ou presque trouvera que l'assistananat doit être le plus réduit possible. De ce point de vue MLP ne fait qu'affirmer ce que pensent la plupart des français qui participent à la production de richesse ou qui en sont sortis du fait de leur âge ou d'incapacités physiques et qu'affirment la plupart des politiciens de droite ou du centre voire de gauche modérée.
Les politiciens de gauche plus radicale estiment que dérrière ce mot se cache la volonté de s'attaquer aux gens déjà pauvres.
En tous cas rien de surprenant dans cette affirmation qui ne m'apparait pas comme un revirement.

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 15:20
par Cépajuste
papibilou a écrit : 10 mai 2026 15:09 Essayons de définier l'assistananat sans idéologie:
L'assistanat concerne celui qui a les capacités de contribuer à la production de richesse du pays et s'y refuse en espérant que l'assistance publique pourvoira à ses besoins par la redistribution.
Votre définition n'est pas fausse en soi, mais c'est une définition morale fondée sur une appréciation du comportement individuel, pas sur la structure de l'assistanat. En droit social, l'assistanat est défini par 3 critères : absence de cotisation, condition de ressources, absence de droit acquis. C'est ce qui distingue l'assistanat de l'assurance sociale, et c'est l'objet de mon désaccord avec Jeandu53.

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 16:48
par jeandu53
Vous confondez solidarité et assistanat.

Il faut distinguer les prestations contributives et les prestations non contributives.

Les prestations contributives (celles qui sont la contrepartie du fait de cotiser ou d'avoir cotisé) relèvent d'une logique d'assurance. C'est le cas des retraités et (en théorie) de l'assurance-maladie.

Les prestations non contributives (celles qui ne sont pas la contrepartie du fait de cotiser ou d'avoir cotisé) relèvent d'une logique de solidarité, pas de l'assistanat. C'est le cas des allocations familiales, des APL, de l'AME, du minimum vieillesse...

L'assistanat, c'est autre chose. L'assistanat, c'est une dégénérescence d'un mécanisme d'assurance ou de solidarité. Un mécanisme d'assurance ou de solidarité dégénère en assistanat quand les bénéficiaires de tel ou tel mécanisme de d'assurance ou de solidarité perçoivent davantage que ce à quoi ils devraient logiquement prétendre. C'est le cas avec les retraités aujourd'hui.

Alors bien sûr, le seuil d'apparition de l'assistanat est assez subjectif, voire moral. Vous pouvez trouver que consacrer 14% du PIB pour financer le train de vie de retraités qui vivent au moins aussi bien que les actifs, c'est correct, voire pas assez. Moi, je trouve que c'est trop.

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 16:58
par papibilou
Cépajuste a écrit : 10 mai 2026 15:20
papibilou a écrit : 10 mai 2026 15:09 Essayons de définier l'assistananat sans idéologie:
L'assistanat concerne celui qui a les capacités de contribuer à la production de richesse du pays et s'y refuse en espérant que l'assistance publique pourvoira à ses besoins par la redistribution.
Votre définition n'est pas fausse en soi, mais c'est une définition morale fondée sur une appréciation du comportement individuel, pas sur la structure de l'assistanat. En droit social, l'assistanat est défini par 3 critères : absence de cotisation, condition de ressources, absence de droit acquis. C'est ce qui distingue l'assistanat de l'assurance sociale, et c'est l'objet de mon désaccord avec Jeandu53.
Ce n'est pas faux, mais que l'on prenne votre définition ou la mienne elles sont toutes 2 liées à l'absence de travail. Or la problématique n'est pas la définition mais bien jusqu'où doit aller la solidarité envers les " assistés".
- leur permettre de se loger de s'habiller de manger,
- mais surtout ne pas aller trop près des conditions de ressources d'un travailleur pour ne pas encourager cet assistanat,
- faire ou pas la chasse à l'assistanat des personnes aptes à produire et les encourager à se tourner vers le travail ( carotte et bâton).

Jeandu53 assimile les retraites à l'assistanat, ce qui est, à mon avis une erreur, car l'assistanat commence là ou une personne à la capacité de travailler et ne le fait pas.

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 17:05
par Cépajuste
Puisque nous en sommes aux définitions :

Assurance sociale : prestations liées à une cotisation préalable, donnant un droit acquis, sans condition de ressources. Le montant peut être trop élevé, trop bas ou mal calibré, mais cela ne change pas la nature du mécanisme. Exemples : retraite contributive, assurance‑chômage, indemnités maladie.

Solidarité nationale : prestations non contributives, financées par l’impôt, attribuées selon une condition de ressources, pour garantir un minimum social. Elles ne sont pas de l’assistanat : elles sont un pilier assumé de la protection sociale. Exemples : APL, allocations familiales, AME, ASPA.

Assistanat (au sens où vous l’utilisez) : ce n’est pas une catégorie institutionnelle mais un jugement politique sur le niveau des prestations. Vous appelez assistanat la situation où un bénéficiaire reçoit plus que ce qu’il devrait, ce qui dépend d’une appréciation subjective de ce qui serait un niveau juste ou excessif. Deux personnes peuvent regarder la même dépense sociale et conclure différemment.

En résumé : assurance sociale et solidarité sont des catégories objectives définies par le droit ; l'assistanat est une catégorie normative, qui exprime un désaccord sur le niveau des prestations, pas sur leur nature.

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 17:26
par jeandu53
Cépajuste a écrit : 10 mai 2026 17:05 Puisque nous en sommes aux définitions :

Assurance sociale : prestations liées à une cotisation préalable, donnant un droit acquis, sans condition de ressources. Le montant peut être trop élevé, trop bas ou mal calibré, mais cela ne change pas la nature du mécanisme. Exemples : retraite contributive, assurance‑chômage, indemnités maladie.

Solidarité nationale : prestations non contributives, financées par l’impôt, attribuées selon une condition de ressources, pour garantir un minimum social. Elles ne sont pas de l’assistanat : elles sont un pilier assumé de la protection sociale. Exemples : APL, allocations familiales, AME, ASPA.

Assistanat (au sens où vous l’utilisez) : ce n’est pas une catégorie institutionnelle mais un jugement politique sur le niveau des prestations. Vous appelez assistanat la situation où un bénéficiaire reçoit plus que ce qu’il devrait, ce qui dépend d’une appréciation subjective de ce qui serait un niveau juste ou excessif. Deux personnes peuvent regarder la même dépense sociale et conclure différemment.

En résumé : assurance sociale et solidarité sont des catégories objectives définies par le droit ; l'assistanat est une catégorie normative, qui exprime un désaccord sur le niveau des prestations, pas sur leur nature.
Nous sommes à peu près d'accord, à ceci près que, selon moi, des prestations démesurées, trop élevées, changent la nature du système. Quand les prestations sont trop élevées, la solidarité dégénère en assistanat, l'assurance sociale dégénère en assistanat.

Donc je pense qu'on ne peut pas se contenter de dénoncer l'assistanat, sans vraiment définir cette notion, et en faisant abstraction du financement des retraites.

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 17:45
par Cépajuste
jeandu53 a écrit : 10 mai 2026 17:26 Nous sommes à peu près d'accord, à ceci près que, selon moi, des prestations démesurées, trop élevées, changent la nature du système. Quand les prestations sont trop élevées, la solidarité dégénère en assistanat, l'assurance sociale dégénère en assistanat.

Donc je pense qu'on ne peut pas se contenter de dénoncer l'assistanat, sans vraiment définir cette notion, et en faisant abstraction du financement des retraites.
Mais votre définition est trop subjective pour être opérationnelle.

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 18:07
par jeandu53
Cépajuste a écrit : 10 mai 2026 17:45
jeandu53 a écrit : 10 mai 2026 17:26 Nous sommes à peu près d'accord, à ceci près que, selon moi, des prestations démesurées, trop élevées, changent la nature du système. Quand les prestations sont trop élevées, la solidarité dégénère en assistanat, l'assurance sociale dégénère en assistanat.

Donc je pense qu'on ne peut pas se contenter de dénoncer l'assistanat, sans vraiment définir cette notion, et en faisant abstraction du financement des retraites.
Mais votre définition est trop subjective pour être opérationnelle.
A l'origine, il y a le propos de MLP, qui oppose solidarité et assistanat. Elle dit qu'elle est pour la solidarité, mais contre l'assistanat. Et beaucoup de gens pensent comme elle. Le mot "assistanat" a une connotation péjorative : ceux qui emploient ce mot le font pour dénoncer un excès de social : en substance, il y a trop de prestations sociales, ça n'incite pas les gens à travailler. C'est bien dans cette acception que le mot "assistanat" est en employé, pas en référence à une quelconque organisation technique.

Quand on dit d'une personne qu'elle est assistée, c'est pour dire que c'est une grosse feignasse qui vit des prestations sociales et qui ne bosse pas (ou pas beaucoup).

Donc oui, quand on parle d'assistanat, il y a forcément un jugement de valeur, et c'est évidemment très subjectif.

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 18:21
par Corvo
Il semble qu'ici certains, comme les politiques qui elles et eux le font à des fins purement politiciennes, confondent assistanat et solidarité.

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 19:03
par Cépajuste
jeandu53 a écrit : 10 mai 2026 18:07
Cépajuste a écrit : 10 mai 2026 17:45
Mais votre définition est trop subjective pour être opérationnelle.
A l'origine, il y a le propos de MLP, qui oppose solidarité et assistanat. Elle dit qu'elle est pour la solidarité, mais contre l'assistanat. Et beaucoup de gens pensent comme elle. Le mot "assistanat" a une connotation péjorative : ceux qui emploient ce mot le font pour dénoncer un excès de social : en substance, il y a trop de prestations sociales, ça n'incite pas les gens à travailler. C'est bien dans cette acception que le mot "assistanat" est en employé, pas en référence à une quelconque organisation technique.

Quand on dit d'une personne qu'elle est assistée, c'est pour dire que c'est une grosse feignasse qui vit des prestations sociales et qui ne bosse pas (ou pas beaucoup).

Donc oui, quand on parle d'assistanat, il y a forcément un jugement de valeur, et c'est évidemment très subjectif.
Si c'est subjectif, cela signifie qu'on mélange tout et n'importe quoi. Que veut dire Mme Le Pen en opposant "solidarité" et "assistanat" ? Que met-elle derrière chacun de ces termes ? J'ai bien peur que pour elle, le mot solidarité est pour les Français, et le mot assistanat concerne les étrangers.

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 19:05
par papibilou
Corvo a écrit : 10 mai 2026 18:21 Il semble qu'ici certains, comme les politiques qui elles et eux le font à des fins purement politiciennes, confondent assistanat et solidarité.
N'hésitez pas à proposer vos définitions.

Re: Marine Le Pen opère un nouveau revirement idéologique en dénonçant l’« assistanat »

Posté : 10 mai 2026 21:59
par Kelenner
Il faut poser la question autrement. Quand MLP emploie ce terme, c'est un message à but politique et rien d'autre. Que veut-elle dire par là ? C'est assez transparent : elle drague assez lourdement un électorat de smicards, de petits travailleurs précaires, eux-mêmes d'ailleurs bien souvent bénéficiaire d'une forme ou d'une autre "d'assistanat", mais pas pour leur dire qu'ils ne gagnent pas assez, que leurs salaires sont trop bas, non, juste pour leur désigner un bouc émissaire, "l'assisté" qui vit d'aides sociales sans travailler. C'est un discours de droite classique.

Qu'il existe des assistés qui vivent (ou plutôt vivotent) sans travailler, c'est évident, et quel que soit le parti au pouvoir il y en aura toujours. Mais qui peut prétendre sans gêne qu'un RSA à 450 euros est une prestation royale, ou que ces gens vivent grassement aux frais de la communauté ? Si on regarde les montants en jeu, par rapport au PIB ou aux dépenses globales de l'Etat social, elles sont relativement dérisoires. Ce n'est pas un enjeu économique majeur. La question est donc exclusivement politique.