Re: Mieux vaut ne pas parler d' "islamo-gauchisme" dans les universités?
Posté : 11 mars 2021 12:00
Je me demande bien qui porte atteinte à la liberté d'expression. Est-ce les vilains *****propos modérés attisant la haine ou ceux qui veulent les faire taire ?papibilou a écrit : 11 mars 2021 11:37 Il y a des phénomènes que l'on se doit de tuer dans l'oeuf. Sans vouloir faire de comparaison, car j'ai horreur de banaliser les mots qui ont de la force, mais les idéologies mortifères de la première moitié du siècle dernier ont commencé comme ça.
Le féminisme outrancier, le woke, la cancel culture etc sont autant de "modes" venues des USA et qui se justifient peut-être là-bas mais qui, ici, déforment nos façons de penser, font de certaines universités des repères de personnes dont le comportement se traduit par une atteinte systématique à la liberté d'expression: interdiction de débattre de certains sujets, interdictions de conférences, interdiction de jouer des pièces de théâtre etc..
Que veux dire le terme islamogauchisme ? Il semblerait que cela renvoie aux études féministes, aux études portant sur la race et aux études portant sur les classes sociales. Quel est le lien entre islam et féminisme ? J'aimerais que l'on m'éclaire.
En ce qui concerne le fait que cela vienne des Etats-Unis, je te conseille de faire un détour par le courant des studies (effectivement nait aux Etats-Unis) et des influences de la French Theory sur les courants intellectuels aux Etats-Unis. Tu comprendras sans doute que ces thèmes d'études ne sont pas seulement américaines mais également issues des travaux de la French Theory (Foucault, Deleuze, Derrida, etc...).
Ce que je constate c'est que les courants visés par le terme "islamogauchisme" appartiennent aux sciences sociales (sociologie, anthropologie, économie, histoire, sciences politiques, etc...). Les universités sont visées par des personnes qui n'y sont, pour la plupart, jamais allé. J'interprète les propos de Vidal davantage comme une peur. Les effectifs étudiants des universités sont assez mixtes socialement parlant, avec environ 30% des étudiants qui sont issues des classes populaires. Ces jeunes obtiennent, à l'université, les outils intellectuels et conceptuels pour penser la domination dont ils sont victimes. Les courants visés sont ceux qui étudient les rapports de domination et la conflictualité propres à notre société. Quoi de plus normal que les dominants veulent faire taire ces études ?
Le plus malheureux dans tout ça c'est que de nombreux personnes se situant à l'extrême droite et eux-mêmes issues, souvent, de classes populaires ne comprennent pas qu'ils dénoncent des travaux qui visent plutôt à mettre en lumière les mécanismes de domination dont ils sont victimes qu'une adoration pour l'islam radicale.
En ce qui concerne l'interdiction des débats, je te conseillerais d'aller assister à des cours plutôt qu'à te faire une opinion à travers les médias. Les débats épistémologiques concernant le féminisme et la race sont bien présents, mais on débat scientifiquement et épistémologiquement il n'est en aucun cas question de parler d'islamogauchisme.
Ces travaux sont accusés de diviser mais la société est déjà divisée ! Ces travaux ne font que constater et étudier les mécanismes de cette division.