da capo a écrit : 29 juin 2023 23:10
Je crois que tout le monde ici reconnaît que c'est une grave erreur.
Apparemment, les deux flics étaient à cran, non seulement le tireur mais aussi son collègue qui lui aurait dit : ''shoote-le'' (à vérifier).
 vérifier aussi, si ce gamin ou un autre ne leur avait pas déjà fait le coup de redémarrer.
Ce qui s’est passé avant le dernier contrôle doit être totalement pris en compte et a pu être filmé par les vidéos de surveillance du secteur.
Or, si il est bien avéré qu’avant le dernier refus d’obtempérer, il y a eu une course poursuite entre les deux motards et le gamin ayant pu mettre en danger non seulement les deux motards mais également des piétons puisque le contrevenant aurait pu griller un feu rouge, alors ce gamin et son bolide de 400 CV venait déjà de constituer un vrai danger public et pouvait continuer de l’être à la suite de son redémarrage au moment de la deuxième interception.
Rappel de la loi de 2017 sur ce cas précis :
"Désormais, d’après l’article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure, les agents de la police nationale, comme les militaires de la gendarmerie, peuvent, outre certains cas visant à disperser un attroupement, faire usage de leurs armes dans cinq situations :
en cas d’atteinte à leur vie ou à leur intégrité physique, ou de menace ;
• après sommations, s’ils ne peuvent se défendre ou protéger des tiers autrement ;
• pour empêcher la réitération d’un meurtre ou d’une tentative de meurtre ;
•
s’ils doivent neutraliser un individu qui cherche à leur échapper et risque de s’en prendre à des tiers dans sa fuite ;
•
lorsque le « refus d’obtempérer » d’un automobiliste menace physiquement les policiers."
Cela pouvait donc justifier au moins la sortie de l’arme du policier au moment de la deuxième interception et l’exaspération des deux policiers à ce moment avec les mots entendus.
Par ailleurs, au moment du tir, le policier est accoudé sur le véhicule en position de tir et menace clairement le gamin de tirer : on ne saura jamais si le gamin aura redémarré parce qu’il était paniqué ou parce qu’il se fichait encore une fois du policier, il n’en reste pas moins qu’au moment où il redémarre il déséquilibre le policier et son tir.
Sur BFMTV, hier soir, on a pu enfin entendre l’avocat du policier qui a précisé deux choses au vu de la fameuse vidéo :
1) Son client a été clairement déséquilibré juste avant le tir qui n’a pas pu être correctement ajusté à savoir que son client ne tirait pas pour tuer
2) Quant à sa déposition auprès de l’IGPN au cours de laquelle il aurait prétexté qu’il y aurait eu légitime défense et qu’il aurait alors menti : l’avocat assure qu’il n’y aurait eu aucune déposition écrite et signée de son client alors qu’il assistait à la scène avec celui-ci.
Mon avis sur la question : plutôt que de plaider la légitime défense (qui peut quand même être invoquée si la vie des deux motards a pu être mise en danger au moment de la course poursuite), le policier aurait dû plutôt invoquer la neutralisation d’un individu cherchant à lui échapper avec mise en danger de la vie d’autrui.
Par ailleurs, les deux policiers auraient été mieux inspirés de tirer dans les pneus.
(Quoique… même avec des pneus crevés le gamin aurait pu redémarrer sur jantes avec un bolide complètement déséquilibré en mettant des vies en danger.)
Voilà pour ce cas précis.
Sinon, sur le fond, je réitère ce que j’ai pu déjà dire plus haut : il est clair qu’une réforme de la police française s’impose, on l’a vu avec les Gilets Jaunes. Plus facile à dire qu'à faire en l'état de détérioration entre ce corps de fonctionnaire et la population : 42 % des Français disent ne pas faire confiance en leur police ! Et 20 % chez les jeunes. Et il s'agit là des Français en général, pas des populations de banlieues. On en est là et c'est tragique.
La grande erreur c’est Sarkozy qui l’a commise avec la suppression de la police de proximité.
Il est clair aussi que la loi de 2017 a pu encourager des tirs mortels sur des contrevenants. Mais cette loi a été conçue à la suite de l’attentat de Nice sur la Promenade des Anglais avec le camion fou et le traumatisme qui s’en est suivi.
Mais il est clair aussi que le métier de policier, au contact de toutes les misères et les révoltes de la société, devient quasiment impossible à assurer.