GEORGES, RELAX, BISTER, LOTUS95 et quelques autres conspirationnistes perfusés par QAnon devraient être traînés devant les tribunaux américains pour avoir relayé les diffamations dont ont été victimes Dominion Voting Systems, qui vend notamment des machines à voter, et Smartmatic, qui se concentre pour sa part sur la sécurisation des données électorales.
Deux entreprises impliquées dans les opérations de vote aux Etats-Unis poursuivent en diffamation Fox News et des proches de Trump
Proches de l’ex-président et présentateurs de la chaîne répétaient des théories du complot visant Dominion et Smartmatic, qui vont les poursuivre en justice.
Par Gilles Paris(Washington, correspondant)
Publié aujourd’hui à 02h42, mis à jour à 10h41
Il est rare de voir une publicité télévisée précédée d’un avertissement interminable visant à mettre en garde le public contre la véracité des informations qui vont suivre. C’est pourtant l’exercice délicat auquel s’est livrée la chaîne trumpiste One America News Network, jeudi 4 février, avant la diffusion d’une vidéo commandée par le patron d’une fabrique d’oreillers, Mike Lindell, à propos de l’élection présidentielle du 3 novembre 2020.
Deux jours plus tôt, le présentateur d’une autre chaîne trumpiste, Newsmax, n’avait pas hésité à couper la parole à ce fidèle de l’ancien président qui profitait de son passage à l’antenne pour réitérer les théories du complot mettant en cause la légitimité de la victoire de Joe Biden. « Les résultats des élections dans chaque Etat ont été certifiés. Newsmax accepte les résultats comme légaux et définitifs. Les tribunaux ont également appuyé ce point de vue », avait lu l’animateur du programme, Bob Sellers, avant de quitter brutalement le plateau, quelques secondes avant que Mike Lindell disparaisse à son tour de l’écran.
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Allégations fracassantes
Des menaces de poursuites en diffamation sont à l’origine de cette soudaine prudence. Longtemps après l’élection du 3 novembre, ces mêmes chaînes avaient ouvert en effet sans réserves aucunes leurs antennes aux partisans de Donald Trump qui colportaient les rumeurs les plus élaborées visant deux entreprises spécialisées dans les opérations de vote : Dominion Voting Systems, qui vend notamment des machines à voter, et Smartmatic, qui se concentre pour sa part sur la sécurisation des données électorales.
Lors d’une spectaculaire conférence de presse organisée au siège du Parti républicain, le 19 novembre, les avocats du président, Rudy Giuliani et Sidney Powell, cette dernière étant par la suite rapidement écartée de l’équipe chargée des recours en justice, avaient multiplié les allégations fracassantes. [ Vous vous souvenez de vos posts imbéciles! mes zozos
Ils avaient accusé la première société d’avoir transformé des bulletins en faveur du républicain en votes pour le démocrate, et la seconde d’avoir fait transiter des résultats par des pays tiers pour faciliter leur manipulation. Se fondant sur la nationalité d’origine du créateur de l’entreprise, ils avaient également lié Smartmatic, créée en Floride en 2000, aux dirigeants vénézuéliens Hugo Chavez et Nicolas Maduro, ainsi qu’à Cuba et à la Chine. Ces accusations s’étaient répandues comme une traînée de poudre dans l’écosystème conservateur, relayées par Donald Trump lui-même.
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Deux opérations de recomptage des voix en Géorgie, un Etat conservateur remporté sur le fil par Joe Biden, avaient pourtant validé les résultats sortis des machines de Dominion. Ces dernières avaient été utilisées au total dans vingt-quatre Etats le 3 novembre. Les résultats de la majorité de ces Etats n’avaient pas fait l’objet de la moindre contestation, à commencer par la Floride, un Etat clé remporté par Donald Trump.
Contre-attaque
La mise en cause de Smartmatic était encore plus acrobatique. En 2020, la technologie de l’entreprise n’avait été utilisée que dans un seul comté de Californie, un bastion démocrate, alors qu’elle faisait l’objet des accusations de Rudy Giuliani en Géorgie, dans l’Arizona, en Pennsylvanie ou encore dans le Michigan, soit les Etats dont la perte avait scellé la défaite du président sortant.
Face à une multiplication de menaces anonymes et à un avenir économique contrarié par ces accusations, les deux entreprises ont fini par contre-attaquer, en ciblant successivement les avocats puis les chaînes qui leur ont accordé une tribune jugée complaisante.
Dominion a frappé la première, le 8 janvier, en réclamant 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) à Sidney Powell pour « rétablir les faits ». La même somme a été exigée ensuite à Rudy Giuliani, accusé d’avoir voulu « induire en erreur délibérément les électeurs ».
Dans une plainte déposée à New York, Smartmatic a ciblé le mastodonte des médias conservateurs, Fox News, ses animateurs Lou Dobbs, Maria Bartiromo et Jeanine Pirro, ainsi que les deux avocats. Elle a fixé le montant du préjudice subi, selon elle, à 2,7 milliards de dollars.
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La chaîne a réagi dans un communiqué en dénonçant une plainte non fondée et en défendant sa couverture des élections. Elle avait pris les devants en décembre 2020, après de premiers avertissements de Smartmatic, en diffusant avant les émissions des trois animateurs une réfutation de ces théories d’un complot électoral assurée par un expert indépendant, Eddie Perez. « Je n’ai vu aucune preuve que le logiciel Smartmatic a été utilisé pour supprimer, modifier ou altérer tout élément lié aux totalisations de votes », y indiquait ce dernier. Vendredi 5 février, Fox News a annoncé la suppression de l’émission de Lou Dobbs.
« Deux plus deux font quatre »
La plainte de Smartmatic débute par des phrases cinglantes:
« La terre est ronde. Deux plus deux font quatre. Joe Biden et Kamala Harris ont remporté l’élection de 2020 à la présidence et à la vice-présidente des Etats-Unis. L’élection n’a pas été volée, truquée ou arrangée. Ce sont des faits. Ils sont démontrables et irréfutables. Les accusés ont toujours connu ces faits. Ils savaient que Joe Biden et Kamala Harris avaient remporté les élections américaines de 2020. Ils savaient que l’élection n’avait pas été volée. Ils savaient que l’élection n’était ni truquée ni arrangée. Ils connaissaient ces vérités tout comme ils savaient que la Terre est ronde et que deux plus deux font quatre », ont écrit les avocats de la firme.
[ Prenez ça dans les dents! mes zozos
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Il est traditionnellement difficile de remporter un tel procès aux Etats-Unis. L’un des conseils de Smartmatic, J. Erik Connolly, a cependant obtenu en 2017 la somme la plus importante de l’histoire des poursuites pour diffamation (177 millions de dollars) de la part de la chaîne ABC au bénéfice d’une entreprise du secteur de l’agroalimentaire.
Le Media qu'il vous faut

Le Monde
https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.html
Qu'ils gagnent ou non leur procès en diffamation, cette mise en cause sera une excellente leçon pour les complotistes dont ceux de ce forum. Mais ces allumés sont indécrottables, malades incurables métastasés.
Qu'ils sont nuls, franchement!
