eJe voudrais revenir au racisme.
Comme souvent le sujet me semble posé de façon trop simpliste mais aussi trop pragmatique. Et quand je dis trop je ne veux pas dire qu'il ne faut pas parler / penser la pratique du racisme, mais qu'il ne faut pas le réduire à ça.
Le racisme est lié à l'idée de race, et donc de non-unité de l'espèce humaine. C'est une idée assez vieille dont il est difficile de dater l'origine mais qui prend déjà racine dans la xeno-phobia des grecs pour les étrangers à la cité (on pourrait le trouver dans les plus vieilles cultures de toute façon).
Mais le racisme tel que la plupart à l'heure actuelle se l'imagine souvent est une difformité dans l'imagerie populaire du racisme nazi, hérité du racialisme qui me semble se définir conceptuellement, surtout avec la célèbre controverse de Valladolid entre Las casas et Sepulveda, qui se prolongera avec une forte expression jusqu'au triste 'code noir', et qui sera retravaillé au 19e siècle dans un sens assez proche même si déjà moins communément accepté et plus controversé avec la poursuite des lumières et la progressive fin de l'esclavage.
Au final, parler de racisme aujourd'hui, c'est, même sans le savoir accumuler pèle-mêle tout cela dans une synthèse horrible, celle du nazisme, pour tomber trop souvent dans le pathos et faire le jeu d'intérêt qui instrumentalise la notion...
. Les uns pour s'auto-flageler (donc surtout des blancs), à propos de la colonisation... (qu'ils n'ont jamais pratiqué eux-même...).
. Les autres pour réclamer des droits et des dûs (donc surtout des noirs, des arabes, des maghrébins, plus rarement des indiens), sur la base d'une colonisation (qu'ils n'ont jamais subit eux-même...).
Je ne crois qu'il y ait, à notre époque, de vrais racistes, ou alors en nombre infime. Et le racisme dans ce sens dévoyé que je viens de décrire est aussi le fait parfois, voire même souvent pour certains cas de noirs entre eux, entre noirs et arabes, entre arabes et chinois, etc. Et dans les deux sens à chaque fois, y compris entre blancs et autres...
En réalité, il s'agit toujours, surtout plus ou moins de défendre à travers un racisme des intérêts, plus ou moins particuliers, plus ou moins collectifs !
Et on en revient alors à la xeno-phobia, strictement bien nomée : La peur de l'étranger.
Qui aimerait accueillir un inconnu chez lui, dans sa maison ? Qui le ferait facilement et accepterait aussi facilement que cet étranger se comporte comme il l'entend ?
On peut certes le proclamer, voire penser qu'on pourrait le faire, mais le vivre, le pratiquer réellement... c'est autre chose. J'ai vu un nombre innombrable de fois se répéter le processus de changement de discours à l'épreuve de la confrontation quotidienne.
Cette difficulté est compréhensible chez chacun, quelle que soit son origine, quels que soient ses pratiques, croyances, etc.
En particulier car la partage, l'échange, si fantasmé, surtout naïvement lorsqu'on est jeune, est compris comme ayant des limites nombreuses de toute part lorsque la vie réelle est vécue.
Vivre ensemble n'est pas simple, jamais, du couple aux communautés ethniques ayant des vieilles histoires conflictuelles. C'est des modalités, des difficultés, etc. propres à cela dont il faut réellement débattre, discuter. Sur lesquelles il faut retravailler la part des fantasmes, des croyances, des intérêts, et le réel des faits, de l'histoire, etc.
Et dans ce cadre, les arabes par exemple aurait beau jeu de jouer les victimes sur le terrain de l'histoire en ayant toujours pratiqué l'esclavage, des blancs comme des noirs. Et en ayant même à leur actif 18 millions de noirs déplacés là ou l'Europe en a 15.
Les génocides "racistes" entre africains ne sont ni nouveaux (quasi extinction des Pygmées par la colonisation et le défrichage de la grande forêt équatoriale par les empires africains de l'ouest entre le 10e et le 16e siècle), ni de faible intensité (Hutu / Tutsi).
Le racisme une spécificité française ? :roll:
Non, un sport médiatique, masquant plus ou moins des intérêts sans âge entre des groupes humains luttant pour des ressources, des territoires, l'expansion / le maintien d'une vision du monde, d'une croyance, de traditions, de son histoire ethnique, de ses valeurs, etc.
Oublier cela c'est soit défendre ces intérêts... justement... Soit vivre dans un monde virtuel, quel qu'il soit.