Re: Suite du procès du RN
Posté : 31 mars 2025 20:22
Vous un jour Libé va vous attaquer pour entrave a ses activités commercialesCorvo a écrit : 31 mars 2025 20:10 Décryptage
Condamnation de Marine Le Pen : appel, grâce présidentielle… Quel horizon judiciaire pour la cheffe du RN ?
Marine Le Pen a été condamnée ce lundi 31 mars à une inéligibilité immédiate pour cinq ans dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Sa candidature à la présidentielle de 2027 semble compromise, mais elle dispose encore de voies de recours.
publié aujourd'hui à 18h44
Marine Le Pen l’a annoncé dans la foulée du jugement : elle fera appel de la décision du tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens. La présidente du Rassemblement national a été condamnée, ce lundi 31 mars, pour «détournement de fonds publics et complicité de détournement de fonds publics par instigation» à quatre ans de prison dont deux ferme, 100 000 euros d’amende et surtout à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, compromettant sa candidature à la présidentielle de 2027. Tour d’horizon, à court et long terme, des conséquences de ce jugement.
Pourquoi la peine d’inéligibilité ne peut-elle être suspendue par l’appel ?
La cheffe de file de l’extrême droite a notamment écopé d’une peine complémentaire de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, c’est-à-dire qui prend effet immédiatement, même si elle fait appel. Céline Bertetto, magistrate, vice-présidente chargée de l’application des peines et présidente de l’Association nationale des juges de l’application des peines (ANJAP), explique auprès de Libération qu’il s’agit «du principe même de l’exécution provisoire», «un dispositif qui permet à une décision de justice d’être appliquée tant que la décision en appel n’est pas tombée».
En matière pénale, la loi ne prévoit pas de recours contre cette peine. «Les juges peuvent la prononcer sur toutes les peines complémentaires quand ils estiment que l’infraction est trop grave et que le risque de récidive est trop important.» Pour justifier la peine d’inéligibilité immédiate, la présidente Bénédicte de Perthuis a ainsi expliqué, lors de la lecture de la décision, que le tribunal avait «pris en considération, outre le risque de récidive, le trouble majeur à l’ordre public, en l’espèce le fait que soit candidate à l’élection présidentielle une personne déjà condamnée en première instance».
La peine de quatre ans de prison dont deux ferme prononcée à l’égard de Marine Le Pen est-elle aménageable ?
Selon le jugement du tribunal correctionnel de Paris, Marine Le Pen est condamnée à purger la partie ferme de sa peine d’emprisonnement avec un bracelet électronique. Mais un appel suspend la mise en œuvre d’une telle mesure, qui ne sera donc effective qu’une fois la décision devenue définitive.
C’est par exemple ce qui s’était passé pour l’ex-président Nicolas Sarkozy, après sa condamnation en décembre à trois ans de prison dont un ferme dans l’affaire dite des écoutes, ou affaire «Bismuth».
Quand le procès en appel de Marine Le Pen aura-t-il lieu ?
Au vu des délais habituels d’audiencement, le procès en appel de la cheffe de fil du RN pourrait se tenir dans un an. Un nouveau délai de trois mois pourrait ensuite intervenir avant que l’arrêt de la cour d’appel ne soit rendu, ce qui la placerait juste avant l’élection présidentielle de 2027, prévue au mois de mai.
La cour d’appel rend un arrêt qui confirme ou infirme, tout ou en partie, la décision rendue en première instance. Marine Le Pen pourrait en théorie échapper à une inéligibilité immédiate à l’issue de ce deuxième procès, ce qui lui permettrait de se présenter à la présidentielle. Mais d’une part il faut que le procès se tienne dans ces délais contraints et d’autre part, préparer une candidature dans ce contexte apparaît compliqué. Il est aussi tout à fait possible que la cour d’appel confirme cette peine d’inéligibilité immédiate.
A l’issu de ce procès en appel, Marine Le Pen aura encore la possibilité de se pourvoir en cassation. Celui-ci ne permet pas de rejuger l’affaire sur le fond mais de vérifier si la décision de la cour d’appel a été rendue en conformité avec la loi. Si la Cour de cassation estime que la décision est contraire à la loi ou qu’une erreur de droit a été commise, elle peut casser l’arrêt rendu en appel. Dans ce cas, l’affaire est renvoyée devant une autre cour d’appel pour être rejugée. Une fois que toutes les voies de recours internes auront été épuisées en France, si elle estime que ses droits fondamentaux ont été violés, Marine Le Pen pourra se tourner vers la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).
Quelles peuvent être les conséquences sur ses autres mandats actuels et d’éventuelles responsabilités futures ?
Marine Le Pen ne perdra pas son mandat de députée à l’Assemblée nationale. Le Conseil constitutionnel refuse en effet de déchoir de leur mandat national les parlementaires condamnés à une peine d’inéligibilité, tant que la décision n’est pas définitive. Elle conserve donc son poste de députée. En cas de dissolution de l’Assemblée nationale, en tout cas d’ici à la décision en appel, elle ne pourrait pas se représenter à la députation.
La jurisprudence concernant les mandats locaux est différente. La peine complémentaire d’inéligibilité empêche d’occuper la fonction de conseiller municipal, selon l’article L236 du Code électoral : E «Tout conseiller municipal qui, pour une cause survenue postérieurement à son élection, se trouve dans un des cas d’inéligibilité […] est immédiatement déclaré démissionnaire par le préfet, sauf réclamation au tribunal administratif dans les dix jours de la notification, et sauf recours au Conseil d’Etat». Condamnée à une inéligibilité immédiate, Marine Le Pen devrait ainsi perdre son mandat de conseillère départementale du Pas-de-Calais.
En revanche, rien dans cette décision du tribunal correctionnel de Paris ne pourrait empêcher Marine Le Pen d’être nommée ministre ou Première ministre en cas de victoire de son camp à l’élection présidentielle, poste non électif, qui se fait sur nomination du président de la République.
Quant à l’idée d’une grâce présidentielle que déciderait Emmanuel Macron, rappelons qu’elle ne peut être accordée que lorsque tous les recours ont été épuisés et que la décision de justice est donc définitive. Ce qui pourrait prendre un temps considérable. Ce pouvoir permet au président de la République de dispenser une personne condamnée de l’exécution de sa peine, sans toutefois effacer la condamnation de son casier judiciaire.
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