zylto a écrit :
J'avoue que si le quinquennat n'apportait une réelle baisse du chômage sans tabler sur un hypothétique % qui ne veut rien dire, je serais déçu mais déçu de quoi?
-de ne pas avoir remis en place ceux qui ont amené la France à ce qu'elle est devenue aujourd'hui,
-de ne pas avoir voté pour une grande gueule qui allait dépouiller les patrons tel Robin des bois et le remettre aux plus démunis
-de ne pas avoir voter pour un parti qui ne savait même plus quelle serait notre monnaie
Des réformes sont mises en place, les anti-tout les rejetent, je n'ai pas leurs savoir et encore moins leurs dons de prémonition donc je verrais bien à terme si j'ai joué le bon bonhomme et pas un idole pour moi, un type qui a des idées et qui veut les mettre en pratique
Voilà déjà un questionnement qui me semble plus intéressant que ce qu'on peut lire ici ou là.
Bon, sans trop m'avancer, je pense que tu peux d'ores et déjà faire une croix sur une hypothétique baisse du chômage, elle n'aura pas lieu, ou alors il ne s'agira que d'une magouille visant à augmenter le nombre de précaires pour bidouiller les chiffres.
Mais le reste de tes interrogations fait sens. En effet, en votant Macron, et pour peu que sa situation personnelle ne soit pas trop mauvaise -ce qui est le cas, quand même, d'une majorité de français-, on sait à peu près à quoi s'attendre : le minimum de changements possible, pas de confrontation avec l'UE ou le Capital -au contraire-, pas de tentative pour endiguer le chômage ou diminuer la pauvreté. Donc, pour ceux qui ont une situation correcte et qui sont à peu près à l'abri du chômage et de la précarité, c'est un choix "rassurant" : le mandat se finira avec 10% de chômage, sans doute un petit million de pauvres supplémentaire, pas mal de milliards en plus dans les poches des grandes entreprises et des plus riches, et pour la grande majorité des français très peu de changements. Pour les égoïstes purs et durs qui assument complètement de se foutre du sort des autres, il y avait également le choix Fillon, dans la même veine en plus cynique et aristocratique, version Ancien Régime.
Après, si on élimine Hamon malheureusement hors course, il ne restait en effet plus guère comme autre option que de choisir un programme beaucoup plus risqué, dans deux directions opposées : Mélenchon ou Le Pen. Là, il faut le dire, le résultat était dans les deux cas beaucoup plus incertain, avec une prise de risque nettement plus grande et une possibilité de plantage réelle. Mais, au moins dans le cas de Mélenchon, l'ambition de tenter quelque chose pour améliorer le sort des plus pauvres, et cesser d'accepter de fermer les yeux sur les injustices les plus flagrantes pour préserver son petit confort. Logiquement, et je le comprends, un tel vote représente un risque pour quelqu'un de relativement à l'aise dans le système actuel, et "humainement", si ce n'est cyniquement, on peut préférer se "couvrir" en choisissant Macron. Pour quelqu'un qui est déjà dans la merde, au contraire, mieux vaut tenter quelque chose de risqué plutôt que de suivre un chemin déjà connu dans lequel il n'existe pas de place pour toi.
La France étant un pays où il existe plus de gens ayant -plus ou moins- gros à perdre que de personnes ayant tout à gagner, le résultat s'explique de ce fait.