Patchouli38 a écrit : 20 juin 2022 08:17
Je ne suis absolument pas jalouse de la situation de Vivarais, mais j'estime qu'une personne qui quitte son pays n'a plus rien à y faire dans celui-ci.
Une personne expatriée garde ses droits et devoirs dans son pays d'origine, que je sache.
Je pense qu'on brandit souvent le mot "laïcité" et qu'on le met à toutes les sauces, sans connaître sa véritable définition. La voici donc, en partie (version complète dans le lien ci-dessous) :
"La laïcité garantit la liberté de conscience. De celle-ci découle la liberté de manifester ses croyances ou convictions dans les limites du respect de l'ordre public. La laïcité implique la neutralité de l'Etat et impose l'égalité de tous devant la loi sans distinction de religion ou conviction.
"La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs croyances ou convictions. Elle assure aussi bien le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir.
1) Il est très difficile de s'afficher en tant que non croyant au sein d'une communauté musulmane. En commençant par sa propre famille.
2) Par ailleurs, on entre très facilement dans l'islam. On n'en sort pas. Ou bien : il est beaucoup plus difficile d'en sortir.
3) En ce sens, la laïcité est quelque chose de très avancé qu'il faut savoir apprécier.
Alors, quand je parle du port du voile dans la rue, cela fait parti du principe de la laïcité : chacun a le droit de manifester sa religion dans la mesure ou cela ne trouble pas l'ordre public. C'est aussi simple que cela, mais cela paraît compliqué pour certains.
C'est là que réside une grande incompréhension entre une certaine conception de la laïcité " à la française" (qui considère que la religion est une affaire privée de coeur et non d'affichage) et sa manifestation vestimentaire spécifique dans l'espace public.
Oui la loi française n'interdit pas à une femme de se promener vêtue en "fatma" dans l'espace public. D'autant plus quand il s'agit d'une personne âgée qui impose respect, dignité et qui s'en remet à une tradition.
Mais beaucoup de vieilles personnes ide confession musulmane issues de l'immigration des années 70/80 s'habillent encore à l'européenne. Et parlent français.
C'est beaucoup moins le cas pour des générations plus récentes issues d'un regroupement familial plus récent qui ne parlent pas un mot de français et s'habillent littéralement comme au bled.
Sans leur demander de renier "Allah", elles pourraient faire un effort vestimentaire quand même : elles vivent en Europe. Une Europe qui les accueille et qui est plutôt généreuse avec elles. Sinon, elles ne viendraient pas y vivre.
Mais, de mon point de vue, il y a autre chose. Personnellement, quand je croise ou rencontre une personne dans la rue, je ne trouve pas vraiment intéressant de l'identifier à travers la religion qu'elle m'impose de suite à la vue mais en tant que citoyenne française qui garde sa confession dans son intimité et son espace privé.
C'est curieux d'ailleurs le paradoxe que portent ces personnes : d'un côté, elles se plaignent d'être discriminées en raison de leur religion... de l'autre elles l'affichent de manière ostensible dans la rue = "je veux d'abord et avant tout perçue comme une musulmane."
Là aussi réside une grande incompatibilité entre islam et laïcité : l'islam réunit totalement le spirituel et le temporel. Pas la République qui les dissocie. Chose totalement incompréhensible pour beaucoup de musulmans.
Alors il faut expliquer et essayer de faire un peu de pédagogie : il y a un génie de la laïcité à la française que l'on ne retrouve pas ailleurs.
Si la laïcité "à la française" invite à une forme de discrétion dans l'affichage de sa religion dans l'espace public, c'est bien pour éviter les concurrences, voire les haines ou les hostilités entre confessions religieuses qui nous ramènent des siècles en arrière à l'époque des guerres de religion.
Pour les gens qui ont peu de cervelle ça peut servir à allumer le feu : dans certains quartiers sensibles, des citoyens de confession juive peuvent être agressés s'ils sortent en kippa.
Ce message s'adresse aussi à eux.
Assez de sang a été versé dans le passé au nom des guerres de religion.
Et l'on ne veut plus de ça. Surtout quand on se sent en dehors de tout ça en tant qu'agnostique ou athée.
Je sais bien que ces questions d'affichage vestimentaires religieux semblent poser moins de problèmes dans d'autres pays européens où le communautarisme bat son plein.
Mais ce n'est pas parce qu'ils seraient moins discriminatoires ou racistes au fond d'eux mêmes et qu'ils n'en pensent pas moins quand ils croisent des femmes bâchées : ça les choque aussi, certainement.
Au nom d'une certaine conception de la femme.