Publié le 22 décembre 2024 à 08h30
Que trouve-t-on dans "Ce que je cherche", l'autobiographie de Jordan Bardella ?
La politique a frappé à la porte de la HLM où il habitait avec sa mère, dans le 93, la Seine-Saint-Denis, alors qu’il n’avait que 10 ans. C’est devenu la passion de sa vie. Jordan Bardella se penche, dans son autobiographie, sur ce passé en regardant l’avenir, non sans omissions et approximations...
Le livre de Jordan Bardella, Ce que je cherche, publié aux éditions Fayard, propriété du très conservateur milliardaire Vincent Bolloré, aura fait couler plus d’encre avant sa parution qu’après. L’interdiction de la campagne d’affichage censée accompagner son lancement dans les gares de la SNCF et de la RATP a suscité un début de polémique?; pas le livre, convenu… à l’extrême, sur le fond, plutôt plat, comme sur la forme, plutôt pauvre.
« Jordan Bardella joue la carte de la sincérité, de règle dans les autobiographies, note Sarah Al-Matary, maîtresse de conférences en littérature française du XXe siècle à l’université Lyon 2 et spécialiste, entre autres, des discours de “réaction”. Il aurait été un adolescent qui sortait peu, préférant lire et jouer aux jeux de console, comme Fifa ou Call of duty ».
« Mais, poursuit la chercheuse, son livre s’apparente surtout à un carnet de campagne. Pour l’essentiel, Jordan Bardella se met en scène en candidat bosseur et combatif, compétent aussi, à un degré moindre cependant que Marine Le Pen qui, dit-il, le surpasse en énergie et dont il loue la capacité de travail, le charisme voire le magnétisme, et même le “stoïcisme incandescent”?! »
Ah ?! le travail, un des piliers du catéchisme frontiste… «
Pourtant, ironise la chercheuse, avant de se lancer dans la politique, Jordan Bardella a finalement peu travaillé, si ce n’est pendant les vacances dans l’entreprise paternelle. »
Qui dit “travail”, de ce côté de l’échiquier politique, dit aussi “famille” et “patrie”.
Là encore, le jeune patron du RN ne coche pas pleinement les cases : «
Il est d’origine étrangère et ses parents sont divorcés. Et il confesse n’être ni croyant ni baptisé.
Quant au mérite dont il se réclame, il l’aurait appris non à l’école de la République (qu’il défend par ailleurs) mais dans le privé où il a fait l’essentiel de sa scolarité. »
Il lui fallait revoir sa copie. « Tout à sa détestation des médias, reprend l’historienne, Jordan Bardella développe un contre-récit afin de brouiller un peu plus les frontières déjà poreuses entre droite et extrême droite et de conclure que le RN est le premier parti de droite. Et il se réclame abondamment du général de Gaulle. »
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