Mort de Quentin Deranque : Les chiffres contredisent Marion Maréchal sur les violences de l’ultragauche
Violences Politiques•
Marion Maréchal assure que la violence d’extrême droite « n’existe pas statistiquement ». Pourtant, depuis 1986, 59 morts sont attribuées à l’ultra-droite, contre six à l’ultragauche, selon l’historien Nicolas Lebourg
Depuis la mort du militant identitaire Quentin Deranque, samedi à Lyon après un affrontement avec des individus masqués en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, les réactions fusent. Et plusieurs figures de la droite et l’extrême droite mettent en cause l’extrême gauche. «
La violence d’extrême droite est dérisoire par rapport à celle d’extrême gauche, assure de son côté Marion Maréchal au micro de BFMTV, ce mardi. Ça n’existe pas statistiquement. »
Pourtant, l’actualité a aussi vu son lot de meurtres imputés à des mouvements ou individus liés à l’extrême droite :
Clément Méric (tué en 2013 à Paris), Federico Martín Aramburu (tué par balles en 2022 à Paris), ou Ismaël Ali (retrouvé mort dans un étang près de Lyon en janvier 2026).
Pour Nicolas Lebourg, historien spécialiste des extrêmes droites, c’est inexact de dire que « la violence d’extrême droite est dérisoire ».
Depuis 1986, date où la notion de terrorisme intègre le Code pénal, on dénombre 59 morts provoquées par des mouvements d’ultra-droite, contre 6 pour l’ultragauche. «
Quatre sont des assassinats faits par Action directe. On est dans le cadre des stratégies terroristes d’extrême gauche ayant aussi existé en Allemagne ou en Italie dans l’après 1968, liste Nicolas Lebourg. Un en 2010 dans un affrontement entre hooligans de droite et de gauche, et le jeune Quentin. »
Pourtant, l’actualité a aussi vu son lot de meurtres imputés à des mouvements ou individus liés à l’extrême droite : Clément Méric (tué en 2013 à Paris), Federico Martín Aramburu (tué par balles en 2022 à Paris), ou Ismaël Ali (retrouvé mort dans un étang près de Lyon en janvier 2026).
Pour Nicolas Lebourg, historien spécialiste des extrêmes droites, c’est inexact de dire que « la violence d’extrême droite est dérisoire ». Depuis 1986, date où la notion de terrorisme intègre le Code pénal, on dénombre 59 morts provoquées par des mouvements d’ultra-droite, contre 6 pour l’ultragauche. « Quatre sont des assassinats faits par Action directe. On est dans le cadre des stratégies terroristes d’extrême gauche ayant aussi existé en Allemagne ou en Italie dans l’après 1968, liste Nicolas Lebourg. Un en 2010 dans un affrontement entre hooligans de droite et de gauche, et le jeune Quentin. »
Une violence désorganisée
D’où provient cet écart ? « La plus haute létalité [de l’ultra-droite] s’explique par le caractère désorganisé : ce n’est pas une violence dans une stratégie, comme Action directe qui organise des assassinats, mais souvent dans le cadre d’une bagarre pour le contrôle d’un territoire, et très souvent sur un mobile racial qui a sa dimension passionnelle », détaille Nicolas Lebourg. Marion Maréchal a donc tort de minimiser les violences d’extrême droite.
Nicolas Lebourg note par ailleurs deux bascules historiques. La première concerne les cibles de l’ultradroite. «
Une des tendances française depuis 2017, c’est le resserrement sur deux cibles :
les minorités ethniques et les militants des gauches, précise-t-il. L’assiette de victimes était jadis beaucoup plus large [élus, journalistes, etc.]. Cette tendance avait été observée à l’échelle européenne dès 2018 dans un rapport, mais en France c’est très net pour ces dernières années. »
La seconde porte sur une bascule dans les actions violentes de gauche dans les années 1980 : « On note qu’on est passés de l’extrême gauche [Action Directe est léniniste] à l’ultragauche, des courants qui rompent avec l’extrême gauche en ne voulant pas de parti révolutionnaire ni de lendemains qui chantent, mais un socialisme par le bas ici et maintenant - d’où les ZAD. En gros, à partir de 1982, l’extrême gauche renonce à la violence et c’est l’ultragauche qui prend le relais. » Depuis cette période, les attaques s’orientent « contre les biens » et dans « des affrontements avec les forces de l’ordre », complète l’historien, pour qui il est difficile d’imaginer que l’affaire Quentin Deranque change la dynamique.
Par ailleurs, relève-t-il, les morts causés par des mouvements politiques extrêmes restent moins nombreux que les victimes du djihadisme ou du nationalisme corse.
https://www.20minutes.fr/politique/4201 ... newsletter