Macron, le président qui ne savait pas être président - Il fait les erreurs du technocrate qu'il est
par Gérard Mamou - 27 novembre 2018
Élu président à la suite d’étonnants concours de circonstances, Emmanuel Macron paye son inexpérience de la politique. Loin de survoler la politique nationale, comme sa fonction l’exige, il s’expose trop et fait les erreurs d’un parfait technocrate.
Le chef ne s’occupe pas des affaires secondaires
Mais on ressent un véritable malaise, et je dois le dire pour moi, une sorte de compassion, à observer notre président, presque toujours, s’égarer dans des dialogues improbables, inutiles, voire dangereux à bien des titres, avec tels ou tels manifestants ou tels simples contradicteurs, au gré de rencontres plus ou moins aléatoires, et pauvrement signifiantes.
Nos institutions dispensent pratiquement le chef de l’Etat de tout compte à rendre, comme d’ailleurs de toute peine – sauf situation vraiment exceptionnelle.
Il est donc bien, à proprement parler, juridiquement quasi « irresponsable », dans le cadre de ses fonctions – ce qui rend d’ailleurs sa tâche encore plus redoutable ! Et il faut l’observer : De Gaulle lui-même, dont l’autorité sur le pays a été immense, appliquait la devise latine « De minimis non curat praetor », le chef ne s’occupe pas des affaires secondaires ; il garde du recul, celui qui impose le respect spontané de la population, et donne à toute décision une dignité et une puissance immanentes.
Ses Premiers ministres, pour la plupart de véritables personnalités, et quels qu’aient été l’admiration et le respect qu’ils lui portaient, bénéficiaient d’une marge d’autonomie largement supérieure à celle dont dispose l’actuel, Edouard Philippe, pourtant homme distingué, loyal et compétent.
C’est un dysfonctionnement grave, dû il est vrai en large partie au passage du septennat au quinquennat, conçu et réalisé sans la moindre réflexion sérieuse, chez nos politiques, quant à son effet, capital, sur l’équilibre et l’harmonie de nos institutions.
(...)
Rentre en toi-même, Macron…
Ces changements-là seuls pourraient faire que le malentendu originel qui a fait élire Emmanuel Macron à la présidence de la République entre de fait dans la logique des visées réelles de tous ceux qui l’ont élu à cette fonction. Car cela signifierait qu’il aura saisi, sur le plan humain comme sur le plan politique, quels sont effectivement ses missions et ses devoirs, subordonnés à la nécessaire sacralité du prince, et qu’il veillera avec haute conscience et humilité à les réaliser. C’est donc d’abord à lui-même qu’en vue de sa transformation profonde son intelligence doit s’appliquer ! Ainsi donc, et proposé ici avec une sincère déférence, qu’il parvienne sincèrement à se dire, avec cette simplicité sœur de la grandeur : « Rentre en toi-même, Octave… »2
Ce serait cela même, pour notre chef d’Etat, et donc pour notre nation, en revenir à nos fondamentaux politiques, dans la compréhension du réel singulier actuel, et au sein d’une vraie liberté. L’enjeu en est, à tous égards, monumental.
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