Rananen a écrit : d une manière général le libéralisme économique est contraire au intérêt de l extrême majorité de l humanité .
mais c est une religions et comme toutes religions elle échappe a toute analyse rationnel .
Je pense qu'il faut bien s'entendre sur les termes et ne pas faire d'amalgame : il y a autant de similitudes entre "
libéralisme économique" et "
libéralisme financier" qu'entre "
chanteur" et "
maître-chanteur"...
Le libéralisme économique est une école de pensée qui privilégie le libre-échange, la liberté d'entreprendre, celle de vendre et de consommer, en limitant l'intervention de l'Etat dans le processus économique à son strict minimum. Pendant la deuxième moitié du XXème siècle, le libéralisme économique dans les sociétés occidentales s'est accommodé de l'intervention de l'Etat dans la dimension sociale de l'économie (lois sociales, salaire minimum, etc.). C'est ce qu'on appelle aujourd'hui les
acquis (avec nostalgie, en en déplorant la perte). La seule alternative au libéralisme économique qui a réellement été mise en pratique est le communisme (le socialisme n'a jamais été décliné sur le terrain en tant que doctrine d'état). Tous les pays qui ont adopté le communisme ont dérivé vers des régimes autoritaires et économiquement peu efficaces, à l'exception de la Chine qui n'a gardé de ses anciennes convictions que la couleur de son drapeau. Le libéralisme est l'approche la plus ancienne de l'économie. Mais aujourd'hui, le libéralisme économique est en train de dériver vers le néo-libéralisme (voir plus loin).
Le libéralisme financier est un terme bâtard qui ne veut rien dire : il est erronément utilisé pour évoquer le
capitalisme financier ; ce dernier désigne un capitalisme déconnecté de l'économie réelle, basé sur une spéculation boursière parasitaire et toxique pour l'économie et la société. Et sur ce point, l'actualité prouve chaque jour un peu plus que ces messieurs les spéculateurs pendus au téléphone toute la journée seraient bien plus utiles à l'humanité s'ils étaient pendus
avec le câble de leur téléphone.
Pour ce qui est du libéralisme et néo-libéralisme, là encore il ne faut pas confondre :il y a autant de points communs entre ces deux termes qu'entre "
socialisme" et "
national-socialisme".
Le libéralisme n'exclut pas un contrôle de l'Etat, ne serait-ce que sur le plan social, fiscal et de manière plus générale sur le plan macro-économique. En revanche, le néo-libéralisme est le refus de toute limite dans la recherche du gain, de préférence à court terme, quelles que soient les conséquences pour la société.
Désolé pour le texte assommant, mais il est bon de savoir ce dont on parle. C'est pour cela que je ne crois pas que l'on puisse parler de religion. Ce qui définit une religion, c'est son amplitude. Lorsqu'elle est partagée par le plus grand nombre, elle peut se parer du voile de la religion. Mais lorsqu'une minorité tente de l'imposer à une majorité, on l'appelle plutôt "
pratique sectaire", et tôt ou tard les gourous finissent empalés, à la médiévale.
Chacun ses croyances, chacun ses convictions, (presque) toutes respectables. Personnellement, je continue de penser - comme le disait Churchill - que le capitalisme est le moins mauvais des systèmes. En revanche, je souhaite les pires choses aux gourous de la finance spéculative et aux valets du néo-libéralisme (proche cousin de la mondialisation, qui met tout et tout le monde en concurrence, dans une perspective de racket généralisé de l'humanité). Parmi ces valets, je pense notamment à la plupart des dirigeants de notre bonne vieille Europe.
Cependant chacun d'entre eux est temporairement intouchable. Vous savez pourquoi ? Parce qu'il est démocratiquement élu. Il serait bon de garder cela à l'esprit, et de voter la prochaine fois en faisant appel à ses neurones, dès le premier tour. Ça évitera de devoir choisir au second tour entre la chaise électrique et l'injection létale.
Profitons-en, chacun d'entre nous a encore ce petit pouvoir. Ce n'est pas énorme, juste une goutte d'eau dans l'océan. Mais il se trouve que l'océan est fait de gouttes d'eau qui se sont retrouvées ensemble au même moment au même endroit.
Amen.